Monnaie permanente
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Une monnaie permanente (ou monnaie libérée) est une monnaie dont la contrepartie (l'actif monétisé) est permanente. Elle ne peut être détruite[1] et résulte de la création monétaire au même titre que la monnaie d'endettement. Cette création monétaire a différentes appellations selon les économistes.
Le terme « monnaie permanente » est utilisé par Gabriel Galand[2] et Pierre Aunac[3]. André Grjebine parle de « monnaie libre de tout endettement »[4] et cite Gurley et Shaw (Gurley et Shaw, Bank, Money, Account, 1978) qui utilisent le terme de monnaie externe pour désigner une monnaie libre[4]. Philippe Derudder appelle monnaie sociétale complémentaire une monnaie permanente[5].
Finalité
Les économistes qui préconisent la création de monnaie permanente le font généralement soit pour remplir des objectifs difficilement atteignables avec de la monnaie d'endettement, soit pour financer une relance rapide en cas de crise. La monnaie permanente est souvent associée à l'exemption d'intérêts[6].
Les investissements à « rentabilité lente, mais de très longue durée... n'intéressent que très modérément les banques commerciales et les marchés financiers[7]. » Jean de la Salle cite parmi eux les logements insuffisants, le réseau ferré, les voies navigables, etc[8]. Derudder estime qu'il « convient... de compléter le dispositif économique actuel dans le but de résoudre, indifféremment de leur coût financier ou comptable, les problèmes humains et écologiques que la seule logique capitaliste et comptable est incapable par nature de traiter[9]. »
Cas de crise
Une relance lente est nécessaire lorsque, en période de crise, « les consommateurs n'ont pas de monnaie pour dépenser plus, les producteurs, sans clients, investissent et produisent moins, (et que) ni les uns ni les autres ne peuvent, en raison de leur mauvaise solvabilité, ni ne veulent, à cause de leurs anticipations pessimistes, s'endetter[10]. » A.-J. Holbecq rappelle le dégonflement de la masse monétaire lors de la crise des années 1930 dès lors que les crédits arrivant à échéance n'étaient pas compensés par la demande de nouveaux crédits[11]. La création d'une monnaie permanente compense « la réduction drastique de la création de monnaie par les banques[4]. » Grjébine propose le financement des entreprises par une monnaie libre, ce qui leur permettrait également de diminuer leur endettement[12].
Modalités de création
Alain Grandjean cite quelques modalités de création de monnaie permanente[1] :
- Avance permanente (non remboursable et sans intérêt) de la Banque centrale au Trésor
- Création d'un fonds spécial alimenté par la Banque centrale, le fonds pouvant monétiser ce crédit non remboursable
- Dotation directe aux citoyens de monnaie émise par la Banque centrale (proposition Jeanneney)
- Émission de traites ou de bons du Trésor réescomptables à la Banque centrale et dont le remboursement n'est pas demandé
Aunac mentionne l'émission d'obligations perpétuelles sans remboursement ni intérêts. Celle-ci a fait l'objet d'un projet de loi organique n°2111 déposé le par 31 députés[13].