Monts Hengduan

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Superficie800 000 km2
Monts Hengduan
Carte de localisation des monts Hengduan (au sud-est).
Carte de localisation des monts Hengduan (au sud-est).
Géographie
Altitude 7 556 m, Minya Konka
Massif Ceinture alpine
Superficie 800 000 km2
Administration
Pays Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Drapeau de la Birmanie Birmanie
Provinces
Région autonome
État
Sichuan, Yunnan
Tibet
Kachin

Les monts Hengduan (chinois simplifié : 横断山脉 pinyin : Héngduàn shānmài[n 1]) sont des chaînes montagneuses situées dans la partie orientale du Xinan, dans le Sud-Ouest de la Chine. Elles ont une direction globalement nord-sud, ce qui les rend perpendiculaires aux chaînes himalayennes.

Leur altitude va d’un peu plus de 1 000 m au fond de certaines vallées, jusqu’à 7 556 m d’altitude au Minya Konka dans les monts Daxue (de). Ils forment la partie sud-est du plateau tibétain au contact à l’est du bassin du Sichuan et à l’ouest du plateau tibétain sec, et s’étendent au sud jusqu’à la frontière de la Birmanie (Myanmar) et sont bordés au nord par la rivière Tao (en) (洮河 Taohe) au sud du Gansu. La majeure partie est en Chine, mais ils concernent aussi le Nord de la Birmanie, notamment le Hkakabo Razi, point culminant de ce pays. La partie chinoise couvre approximativement la province historique du Kham (le Tibet oriental). La superficie totale du massif fait environ 800 000 km2[n 2].

Ces montagnes de la Chine occidentale possèdent une forêt de conifères répertoriée comme écorégion terrestre du WWF. Elles sont considérées par Conservation International comme un point chaud de biodiversité[1].

Elles abritent des espèces emblématiques comme le panda géant, ne survivant à l’état sauvage que dans quelques réserves, et les singes Rhinopithèques de Roxellane, à la fourrure rousse et à la face bleutée, se nourrissant de lichen dans les forêts alpines entre 1 200 et 3 000 m, mais lui aussi classé « en voie de disparition » par l’Union internationale pour la conservation de la nature. Les monts Hengduan abritent 27 espèces de Phasianidés.

Les monts Hengduan possèdent aussi une des plus riches flores des régions tempérées de l’hémisphère nord[2], avec 12 800 espèces de plantes vasculaires (à comparer aux 4 982 espèces de la flore vasculaire indigène de la France métropolitaine[3]). Les Rhododendrons y sont représentés par 230 espèces. La plupart des espèces mondiales d’Aconits et un tiers des espèces de Delphinium se trouvent dans les monts Hengduan.

Subdivisions

Vue satellitaire.
Carte simplifiée des monts Hengduan.
Orientation des principales chaînes de montagnes des monts Hengduan.

Le système des monts Hengduan est formé d’un groupe de chaînes de montagnes s’étirant entre les fleuves qui descendent du plateau tibétain dans la direction nord-sud. Ces chaînes se forment au Tibet et dans la province de Gansu pour se terminer au Yunnan[4].

Cinq des plus grands fleuves d’Asie descendent du haut plateau tibétain à 5 000 m vers l’est[n 3] : le fleuve Jaune, le Jinsha (en aval nommé le Yangzi), le Lancang (futur Mékong), le Nu (futur Salouen) et le Yarlung Tsangpo (futur Brahmapoutre). Ils coulent tout d’abord d’ouest en est, puis changent radicalement de direction quand ils se heurtent aux monts Hengduan :

  • le fleuve Jaune par une boucle en épingle à cheveux (à 180°) remonte vers le nord-ouest, alors que les quatre autres prennent la direction nord-sud pour traverser les monts Hengduan, puis se dirigent respectivement ;
  • vers l’est pour le Jinsha, nommé Yangzi à partir de Yichang, pour aboutir à Shanghai ;
  • vers le sud pour le Lancang, nommé Mékong à partir du Laos, et qui aboutit, après la traversée du Cambodge, au Vietnam ;
  • vers le sud-sud-ouest pour le Nu[n 4] qui devient la Salouen quand elle traverse du nord au sud le Myanmar ;
  • vers l’ouest pour le Yarlung Tsangpo qui, après un crochet en épingle à cheveu, devient le Brahmapoutre en Inde.

Trois de ces fleuves et leurs affluents découpent les monts Hengduan sur environ 900 km en six grandes chaînes composites qui d’ouest en est sont[4] :

  1. la chaîne de montagnes la plus à l’ouest, à l’ouest du fleuve Nu, au nord se nomme Boshula ling, et plus au sud, sur la frontière nord-est du Myanmar, est appelée monts Gaoligong (en) ;
  2. la chaîne de montagnes, entre le Nu-Salouen et le Lancang-Mékong, est appelée Taniantaweng shan au Tibet puis monts Nu (Nu shan) au Yunnan ;
  3. la chaîne entre le Lancang-Mékong et le Jinsha-Yangzi, composée de plusieurs éléments dont la partie nord est nommée Markham, la partie centrale Ningjing shan et plus au sud Yunling ;
  4. la chaîne entre le Jingsha-Yangzi et le Yalong (son affluent), est appelée Shaluli shan ;
  5. entre les rivières Yalong et Dadu (affluent de la Min) se trouve la chaîne des monts Daxue, dominée par les 7 556 m du Minya Konka, le plus haut sommet du Tibet oriental ;
  6. entre les rivières Min à l’ouest et la Jialing à l’est, sur la frontière entre le Gansu et le Sichuan, s’étendent les monts Min.

Le massif est donc constitué d’une succession de chaînes orientées approximativement nord-sud ; il s’agit d’ouest en est :

  • des monts Boshula (zh) (伯舒拉岭 Bóshūlā lǐng), chaîne la plus à l’ouest des monts Hengduan, à l’ouest du fleuve Nu, au Tibet ;
  • des monts Gaoligong (en) (高黎贡山 Gāolígòng shān), dans le prolongement de la précédente, chaîne étroite située entre les basses terres de l’Irrawaddy à l’ouest et le fleuve Nu à l’est, dans le Yunnan[5] ;
  • des monts Taniantaweng (en) (塔尼安滕山 Tǎ.ní.ān.téng shān), situés dans la Région autonome du Tibet, près de la frontière avec le Qinghai ;
  • des monts Nu Shan (de) (怒山 Nù shān) dans le prolongement sud des derniers ; le plus haut sommet est le Meili xueshan (梅里雪山), avec une altitude de 6 740 mètres ;
  • des monts Markham (芒康山 Mángkāng shān) à l’extrême est de la Région autonome du Tibet, commune principale Gartog (嘎托镇 Gātuō zhèn) ;
  • des monts Ningjing (宁静山 Ningjing shan), dans le prolongement des derniers ;
  • des Yunling (云岭 Yún lǐng), dans le prolongement des deux derniers, possèdent une réserve pour le Rhinopithèque brun ;
  • des monts Shaluli (en) (沙鲁里山 Shālǔlǐ shān), administrés par la préfecture autonome tibétaine de Garzê ;
  • des monts Daxue (大雪山 Daxue Shan (de)), dominés par le Gongga Shan (Minya Konka) de 7 556 m, au centre de l’ancienne province tibétaine du Kham ;
  • les monts Jinping (en) (锦屏山 Jǐnpíng shān) ;
  • des monts Qionglai (邛崃山 Qiónglái shān) entre les rivières Dadu et Min, avec le sommet du Siguniang shan à 6 250 m et la réserve naturelle de Wolong de pandas géants, à 100 km au nord-ouest du centre de Chengdu, à vol d’oiseau ;
  • les monts Min (岷山 Mín shān), sur la frontière Sichuan-Gansu, abritent la plupart des pandas de Chine.

Biodiversité

Diversité de la végétation

Entre 1 000 et 3 000 m, la végétation est constituée de forêts humides tropicales et subtropicales de feuillus sempervirents, de taillis de vallées sèches, ou de forêts de feuillus sempervirents. Les forêts de conifères subalpines situées entre 3 000 et 4 000 m sont dominées par le Pin du Tibet (Pinus densata), l’épicéa Picea likiangensis (et d’autres espèces d’épicéas) et le sapin écailleux Abies squamata. Les forêts d’épicéas dominées par Picea likiangensis et Picea brachytyla se trouvent dans les montagnes du Nord-Ouest du Yunnan (de 3 100 à 3 500 m). Les peuplements forestiers dominés par Abies georgei se trouvent à des altitudes de 3 500 à 4 000 m[6]. Les forêts de feuillus caducs sont dominées par le bouleau de Mandchourie (Betula platyphylla) et des espèces de peupliers (Populus)[4]. Au-dessus de 3 800 m, se trouve la végétation alpine de taillis et de prairies alpines.

La végétation subalpine de taillis est dominée par des espèces de Rhododendron, Sabina, Caragana, Artemisia et Salix. À 4 500 m, les prairies et brousses d’altitude sont remplacées par la végétation alpine d’éboulis avec beaucoup d’espèces endémiques de Saussurea.

Dans le Sud-Est du Tibet, la chaîne de montagnes du xian de Mêdog est couverte d’une végétation de forêts avec des Castanopsis, Lithocarpus, Cyclobalanopsis, Cinnamomum, Magnolia, Illicium et avec pour arbres dominants les Alcimandra de la famille des Magnoliaceae. À plus haute altitude, les forêts de conifères comportent des Abies, Tsuga et Pinus densata.

La diversité des plantes vasculaires de ce point chaud est remarquable, elle représente environ 12 000 espèces[4] (12 800 espèces d’après une évaluation de 2017[2]). Parmi elles, 3 500 espèces sont endémiques (soit 29,2 % des 12 000). Dans les monts Hengduan du Sichuan occidental, croissent plus du quart des espèces mondiales de Rhododendron, Primula, Corydalis, Anaphalis, Delphinium, Gentiana, Saussurea et Sorbus, tandis que la moitié des espèces de Ligularia, Cremanthodium, Cotoneaster et Pedicularis y sont représentées. Il existe même deux familles endémiques : les Circaeasteraceae et les Acanthochlamydaceae.

Diversité de la faune

Boufford & van Dijk[4] estiment que le point chaud des monts Hengduan possèdent au moins 300 espèces de mammifères dont 75 espèces endémiques.

L’avifaune des monts Hengduan est assez riche, avec 686 espèces d’oiseaux enregistrées, comprenant les résidents, migrants et les vagabonds. Cette valeur est à comparer aux 500 espèces de l’Union européenne pour une surface plus de cinq fois plus grande. Dans les monts Hengduan, 36 espèces d’oiseaux sont endémiques.

L’herpétofaune régionale est assez diverse malgré de rudes conditions climatiques et des altitudes élevées. Ce point chaud comporte 70 espèces de reptiles dont 47 de serpents et 19 de lézards. De tous les reptiles, 16 espèces (22,9 %) sont endémiques. Les amphibiens sont représentés par 85 espèces dont 74 de grenouilles.

Point chaud de biodiversité

Notes et références

Liens externes

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