Wikiwand AI

Mosquée de Pessac

mosquée située en Gironde, en France From Wikipedia, the free encyclopedia

La mosquée Al Farouk de Pessac, plus simplement et plus communément appelée mosquée de Pessac, est un lieu de culte musulman situé à Pessac, en France.

CulteMusulman
Fin des travaux2014
PaysDrapeau de la France France
Faits en bref Présentation, Culte ...
Mosquée de Pessac
Image illustrative de l’article Mosquée de Pessac
Présentation
Culte Musulman
Type Mosquée
Fin des travaux 2014
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Gironde
Ville Pessac
Coordonnées 44° 48′ 43″ nord, 0° 36′ 48″ ouest
Géolocalisation sur la carte : Bordeaux
(Voir situation sur carte : Bordeaux)
Mosquée de Pessac
Géolocalisation sur la carte : Gironde
(Voir situation sur carte : Gironde)
Mosquée de Pessac
Géolocalisation sur la carte : Nouvelle-Aquitaine
(Voir situation sur carte : Nouvelle-Aquitaine)
Mosquée de Pessac
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Mosquée de Pessac
Fermer

Dénomination

Al Farouk (en) est un surnom honorifique que les musulmans sunnites attribuent à Omar ibn al-Khattâb, le deuxième des Califes bien guidés. Al Farouk signifie le doué de discernement, compris ici comme étant celui qui distingue le bien du mal.

D'après certains ahadith[1],[2] (dont l'authenticité des chaînes de narration n'est pas établie[3]), Muhammad aurait été la première personne à appeler Omar Al-Farouq. D'autres sources mentionnent à l'inverse que ce sont les gens du Livre les premiers à l'avoir dénommer ainsi[4].

Situation

Elle est nichée au cœur du centre d'activité « Les Échoppes » qui se trouve sur la rue principale de Pessac : l'avenue Jean Jaurès[5].

Histoire

Fondation (2014-2016)

En , le Rassemblement des Musulmans de Pessac (une association loi de 1901 à but non lucratif, fondée le ) fait l'acquisition, pour une somme allant de 155 000 à 170 000 euros, d'un bien d'une surface de 180 m2 (sur un bâtiment qui en fait au total 340) qui faisait déjà office de lieu de culte depuis plusieurs mois[6],[7]. Cet achat vient concrétiser la volonté des musulmans pessacais, qui cherchaient à se doter d'une mosquée depuis les années 1990[6]. Auparavant, ces derniers ne disposaient que de deux salles de prière : une dans le quartier de Saige (prêtée à l'Association culturelle des Musulmans de Pessac) et une autre dans le quartier de La Châtaigneraie (prêtée à l'Association des Musulmans de Pessac, l'ancêtre du Rassemblement des Musulmans de Pessac)[8].

En , des premiers grands travaux d'aménagement et de rénovation sont entrepris au sein de la mosquée de Pessac. Ceux-ci se poursuivent jusqu'au printemps 2015[9]. C'est à cette période qu'un projet d'agrandissement (consistant en l'acquisition des 160 m2 restants du bâtiment contre environ 160 000 €) voit le jour. Pour le financer, le Rassemblement des Musulmans de Pessac lance une campagne de dons auprès des fidèles devant durer jusqu'en [10].

Polémique (février 2015)

En , des propos tenus par Mohamed Barry, l'imam de la mosquée de Pessac, en 2013 (alors qu'il était encore l'imam de la mosquée de Bègles[11]) lors d'une khotba sur les devoirs respectifs de l'homme et de la femme, sont sortis de leur contexte et déclenchent une polémique. Le maire UMP de Pessac, Franck Raynal, et les fidèles de la mosquée prennent la défense de l'imam[12], tandis que Naïma Charaï, conseillère régionale PS d'Aquitaine, exige « une condamnation ferme »[13].

Cette polémique a été lancée par une station de radio lors d'un reportage comportant des erreurs factuelles et n'expliquant pas le contexte, comme l'explique le maire de la commune[12].

Visite de l'archevêque de Bordeaux (avril 2015)

Le , l'archevêque de Bordeaux, Jean-Pierre Ricard, se rend à la mosquée de Pessac pour y rencontrer l'imam, Mohamed Barry, et le président, Abdourahmane Ridouane, et montrer qu'une « coexistence fraternelle est possible ». L'Association de soutien à tous les immigrés est également présente, et cette rencontre est l'occasion de différents échanges sur la laïcité, les préjugés, et les difficultés auxquelles font face les lieux de culte musulmans[14].

Retrait du panneau (novembre 2015)

En , le panneau signalant la présence de la mosquée de Pessac est enlevé par les responsables de celle-ci, après les attentats du 13 novembre, de peur qu'il ne soit perçu comme « une provocation »[5].

Départ de l'imam et pré-confinement (mars 2020)

En , Mohamed Barry, khatib et imam de la mosquée de Pessac depuis sa fondation, quitte ses fonctions à la suite d'une décision interne. Il dirige tout de même une dernière fois la prière du vendredi en son sein, le , soit quatre jours avant le début du premier confinement qui interrompra les offices pendant de nombreuses semaines.

Visite domiciliaire (octobre 2020)

Le , la Direction départementale de la sécurité publique effectue une visite domiciliaire à la mosquée Al Farouk de Pessac dans le cadre administratif des « objectifs nationaux de demande de renseignement »[15]. Le domicile et la voiture d'Abdourahmane Ridouane, président de l'association qui gère le lieu de culte, sont également inspectés dans la foulée. Cela fait suite à la volonté exprimée par le Premier ministre, Jean Castex, à l'issue du Conseil restreint de défense et de sécurité nationale du , de renforcer les contrôles auprès de responsables d'associations soupçonnés d'appartenir à la mouvance islamiste après l'assassinat de Samuel Paty[16].

Les saisies ne mènent à rien et aucun lien entre le lieu de culte et des soupçons de terrorisme n'est établi par les autorités[17]. De plus, le maire LR de Pessac, Franck Raynal, félicite la mosquée pour sa présence lors de l'hommage rendu à Samuel Paty par la commune, défendant le lieu de culte d'islamisme[15].

Tentative de fermeture administrative (février-avril 2022)

Le , la préfète de la Gironde, Fabienne Buccio, engage une procédure contradictoire en vue de prononcer une fermeture temporaire de la mosquée de Pessac[18]. Le , elle publie l'arrêté préfectoral de fermeture « pour une durée de 6 mois ». Dans celui-ci, elle accuse la mosquée de promouvoir « un islam radical et [...] une idéologie salafiste », de « diffuse[r] des publications haineuses à l’encontre d’Israël » et d'« apporte[r] son soutien à des organisations terroristes »[19].

Le tribunal administratif de Bordeaux suspend l'arrêté le , considérant qu'il « porte une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté de culte »[20]. Le Conseil d'Etat confirme cette décision le et affirme que les éléments présentés par la préfecture ne permettent « pas (...) de caractériser un lien avec un risque de commission d'actes de terrorisme ou une apologie de tels actes »[21].

Affaire des tags (2015-2024)

La mosquée Al Farouk de Pessac est attaquée à près de sept reprises entre 2015 et 2024, dont cinq fois par le groupuscule d'extrême droite Action Directe Identitaire, responsable de nombreuses dégradations à Bordeaux[22],[23]. Le lieu de culte a notamment été visé dans le cadre de l'affaire Lola dans la nuit du 20 au [24]. En , le groupuscule vandalise quatre mosquées de l'agglomération de Bordeaux en une semaine, dont celle de Pessac qui est touchée deux nuits d'affilée[25].

En , une énième attaque déclenche une polémique nationale portée par la gauche de l'hémicycle, notamment sur l'islamophobie supposée d'une partie de la population française et du manque de protection de la communauté musulmane[26]. Les fidèles, comprenant ces nouveaux tags comme des menaces de mort, s'organisent pour assurer eux-mêmes la sécurité de la mosquée[27]. Selon Mediapart, le lieu de culte figurait dans un dossier du site Fdesouche et circulait dans des canaux Telegram d'extrême droite, incitant peut-être le passage à l'acte. Le média dénonce alors une « série noire que l’État ne veut pas voir », celle des mosquées vandalisées, et diffuse la vidéosurveillance de la mosquée de Pessac qui montre trois individus cagoulés dégradant l'édifice. Le décompte effectué par les journalistes indique que Bordeaux est la deuxième ville de France la plus touchée par les attaques de mosquée entre 2019 et , derrière Rennes[28].

Une nouvelle dégradation a lieu dans la nuit du au et vise directement le président de la mosquée, Abdourahmane Ridouane, alors concerné par une procédure d'expulsion. Celui-ci déclare craindre que « ces menaces aboutissent un jour à un passage à l'acte »[29].

Tentative d'expulsion, assignation à résidence et poursuites contre Abdourahmane Ridouane (2024-2025)

En , le président du Rassemblement des musulmans de Pessac, et non pas imam de la mosquée comme il a été présenté par les médias, Abdourahmane Ridouane, est ciblé par une procédure d'expulsion ordonnée par la préfecture de la Gironde[30]. Le , veille du passage du relais de la flamme olympique à Bordeaux, Abdourahmane Ridouane est également assigné à résidence par le ministère de l'Intérieur, qui lui ordonne de pointer chaque matin au commissariat pendant trois mois et lui interdit de quitter un périmètre de 5,5 km2, au sein de la commune de Pessac, sous peine de trois ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende[31],[32],[33]. Pour justifier sa décision, le ministère de l'Intérieur évoque notamment une publication sur Facebook datant du , qu'il qualifie d'« appel à établir la justice en Palestine, accompagné d’un dessin de presse suggérant que les actions armées du Hamas relevaient de l’autodéfense ». Le dessin en question établit, en fait, un parallèle entre la guerre russo-ukrainienne et la guerre à Gaza. On y voit d'un côté, un soldat ukrainien armé, face à un char russe, sous-titré en anglais « self-defense », de l'autre, un Palestinien reconnaissable à son keffieh et une pierre en main, face à un char israélien, sous-titré « terrorism ». Le , lors d'une audience devant le tribunal administratif de Bordeaux, une représentante du ministère de l'Intérieur accuse Abdourahmane Ridouane de présenter le Hamas « comme un mouvement de résistance »[34]. Le lendemain, le tribunal administratif de Bordeaux fait connaître son refus de suspendre l'assignation à résidence[32].

Une manifestation, rassemblant près de 300 personnes, a lieu à Bordeaux le pour le soutenir le jour de son passage devant la commission consultative chargée d'examiner la procédure d'expulsion[35]. À la sortie de l'audience, Abdourahmane Ridouane s'estime « soulagé » d'avoir pu se défendre tandis que son avocat, Sefen Guez Guez, annonce que toute poursuite de la procédure par la préfecture sera contestée « auprès du tribunal administratif »[36]. Le , la commission rend un avis défavorable à l'expulsion, arguant que « les publications Facebook de M. Ridouane — unique fondement utilisé par la préfecture — ne démontrent pas que ce dernier aurait un comportement de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de l’État »[37].

Le , le tribunal administratif de Bordeaux suspend le refus opposé, depuis 2021, par la préfecture de Gironde de renouveler le titre de séjour de dix ans de Abdourahmane Ridouane[38]. Le juge des référés enjoint la préfecture à « réexaminer la demande de renouvellement du titre de séjour » et à « lui délivrer, dans l’attente, un récépissé de demande de titre de séjour l’autorisant à travailler ». Pourtant, le , le ministère de l'Intérieur publie un arrêté d'expulsion contre Abdourahmane Ridouane, qui est arrêté à son domicile, le , et envoyé au centre de rétention administrative (CRA) du Mesnil-Amelot, en Seine-et-Marne[39]. Le , le tribunal administratif de Paris, « saisi en urgence par M. Ridouane », rejette la demande de suspension de l'arrêté d'expulsion, estimant « que la condition relative à l’urgence n’est pas remplie »[40]. La décision est critiquée par les fidèles de la mosquée, l'un d'eux la décrivant comme « totalement injuste », tandis qu'un autre estime qu'« on muselle une voix d’opposition »[41]. Le , le Conseil d'État valide, à son tour, l'expulsion[42].

Le , le ministère de l'Intérieur saisit le procureur de la République, au titre de l'article 40 du code de procédure pénale, pour lui signaler un post Facebook du , dans lequel Abdourahmane Ridouane rend hommage à l'ex-chef du bureau politique du Hamas, Ismaël Haniyeh, assassiné trois jours plus tôt par Israël[43],[44]. Le surlendemain, Abdourahmane Ridouane est placé en garde à vue pour apologie du terrorisme[43]. Le , son procès est renvoyé au , à sa demande, pour « préparer sa défense ». Refusant d'accéder à la demande de détention provisoire du parquet, le tribunal correctionnel de Meaux le place sous contrôle judiciaire avec obligation de pointer au commissariat et interdiction de quitter le territoire français, alors même qu'il est toujours sous le coup d’une mesure d'expulsion[45]. Le , Abdourahmane Ridouane est libéré du CRA du Mesnil-Amelot après 90 jours de rétention[46]. Le , le procureur de la République adjoint de Meaux, Alexandre Verney, requiert « quatre mois [de prison] avec sursis et deux ans d’interdiction du territoire français » contre Abdourahmane Ridouane[47]. Le , le tribunal correctionnel de Meaux rend un verdict conforme aux réquisitions du ministère public[48]. Le , ce verdict est infirmé par la cour d'appel de Paris, qui relaxe Abdourahmane Ridouane. Selon Sophia Bidine, collaboratrice de Lucie Simon, qui l'avait défendu en première instance, « les juges ont estimé que ces propos ne constituaient pas un jugement favorable du 7 octobre et donc ne relevaient pas d’une glorification de la violence »[49].

Description

Références

Voir aussi

Related Articles

Timelines

Top Qs

Fact Checks