Mouvement pour l'autodétermination de la Kabylie

mouvement politique séparatiste prônant l'indépendance pour la région de Kabylie (Algérie) From Wikipedia, the free encyclopedia

Le Mouvement pour l'autodétermination de la Kabylie (MAK ; en kabyle Amussu i ufraniman n tamurt n iqbayliyen, en tifinagh ⴰⵎⵓⵙⵙⵓ ⵉ ⵓⴼⵔⴰⵏⵉⵎⴰⵏ ⵏ ⵜⴰⵎⵓⵔⵜ ⵏ ⵉⵇⴱⴰⵢⵍⵉⵢⴻⵏ) est un mouvement indépendantiste kabyle, fondé le , visant à l'instauration d'un État kabyle souverain.

ObjectifsIndépendance de la Kabylie
Date de formation
Pays d'origineDrapeau de l'Algérie Algérie
Faits en bref Idéologie, Objectifs ...
Mouvement pour l'autodétermination de la Kabylie
Amussu i ufraniman n tamurt n iqbayliyen (kab)
Image illustrative de l’article Mouvement pour l'autodétermination de la Kabylie

Idéologie Nationalisme kabyle
Laïcité
Amazighisme
Objectifs Indépendance de la Kabylie
Fondation
Date de formation
Pays d'origine Drapeau de l'Algérie Algérie
Fondé par Ferhat Mehenni
Actions
Zone d'opération Kabylie (Algérie)
France
Période d'activité Actif
Organisation
Chefs principaux Ferhat Mehenni (actuel)
Mohand-Larbi Tayeb[1]
Mouloud Mebarki[2]
Bouaziz Ait Chebib
Branche politique
  • Anavad (gouvernement en exil)
  • Imni (parlement)
Répression
Considéré comme terroriste par Drapeau de l'Algérie Algérie[3]
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Initialement Mouvement pour l'autonomie de la Kabylie, il change de nom en 2013, marquant un tournant radical[4],[5]. Le le MAK est classé comme « organisation terroriste » par l’État algérien. Le , le président du MAK Ferhat Mehenni déclare unilatéralement l'indépendance de la Kabylie, lors d'une cérémonie à Paris.

Histoire

Ce mouvement politique est né à la suite des événements qu'a connu la Kabylie et la contestation de la population contre le pouvoir algérien et pour la justice sociale pendant le Printemps noir de Kabylie en 2001[6],[7].

Le Mouvement pour l'autonomie de la Kabylie est devenu le Mouvement pour l'autodétermination de la Kabylie (MAK) le . Le mouvement se réclamant pacifiste, a lutté dans un premier temps (avant 2013) pour une autonomie avant de prôner l'organisation d'un référendum d'autodétermination en Kabylie incluant comme option son indépendance[8],[9].

En 2013, une association formée à Paris par le Mouvement pour l'autonomie de la Kabylie vise à former un gouvernement provisoire kabyle (GPK)[10].

Selon Le Monde diplomatique, le MAK demeure un groupe minoritaire établi essentiellement à l'étranger[11]. Seule une infime partie des Kabyles adhère à ses thèses, ce parti est désormais considéré comme « terroriste » par les autorités algériennes[12].

Le MAK lance un appel à une grève générale lors des élections législatives du 4 mai 2017, mais c'est un échec. La population de la ville de Tizi Ouzou ignore les appels à la grève[4].

Relations avec le gouvernement algérien

Des membres du MAK ont fait l'objet de multiples arrestations en Algérie[13] et sont accusés par le ministère de la Défense d'avoir planifié des actes terroristes en Algérie et de percevoir des financements étrangers pour cela. Le , après réunion du Haut Conseil de Sécurité algérien (HCS), le MAK est classé comme « organisation terroriste » par l’État algérien à la suite d'accusations dont il fait l'objet de la part de ce dernier à propos de la planification supposée d'actes terroristes[14],[15]. Ces accusations émises par le ministère de la Défense nationale algérien ont été réfutées par le MAK[16].

Les autorités algériennes accusent, en , le MAK et le mouvement Rachad d'avoir provoqué, notamment en Kabylie, les feux de forêts et le meurtre de Djamel Bensmail [17],[18].

En 2024, le MAK est suspecté par la justice algérienne d'avoir tenté de faire passer illégalement des armes en Algérie en vue de commettre des actes terroristes[19].

En , la cour d’appel de Paris refuse d’extrader Aksel Bellabbaci, un responsable du MAK réfugié en France et accusé d’« actes terroristes » par les autorités algériennes[20].

Critiques des partis politiques implantés en Kabylie

En , Youcef Aouchiche Premier secrétaire national du FFS, un parti politique d'opposition bien ancré en kabylie, déclare que le parti à de « tout temps été sur le terrain pour tenter de convaincre la population de la Kabylie que ce projet séparatiste a pour but de diviser le pays » en soulignant que l’unité nationale fait partie des « fondements » de la création du FFS. Et ajoutant « J’ai déjà eu l’occasion de dire que ces personnes sont considérées comme des ennemis de la nation et du peuple qu’il faut absolument combattre »[21].

En 2025, plusieurs acteurs politiques et institutionnels se sont exprimés contre le mouvement séparatiste. Le Front des forces socialistes (FFS), le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) ainsi que le Parti des travailleurs (PT), trois formations implantées en Kabylie, ont réaffirmé leur attachement à l'unité du pays. Amrane Aït Hamouda, fils du colonel Amirouche, figure de la guerre de libération nationale, a publiquement critiqué Ferhat Mehenni, en le qualifiant de « traître »[22].

Les maires de la wilaya de Béjaïa ont exprimé leur opposition au projet du MAK, auquel ils reprochent de bénéficier du soutien de puissances étrangères considérées comme hostiles à l’Algérie. Par ailleurs, El Hadi Ould Ali, président de la JS Kabylie et ancien responsable d'une branche du Mouvement culturel berbère (MCB), a dénoncé ce qu’il a décrit comme une « dérive dangereuse » du mouvement[22].

Déclaration d'indépendance de la Kabylie (2025)

Le , le président du MAK Ferhat Mehenni déclare à Paris, de façon unilatérale, l'indépendance de la Kabylie, à la portée essentiellement symbolique[23]. Le choix de la date fait référence à la Déclaration sur l'octroi de l'indépendance aux pays et peuples coloniaux de l'Assemblée générale de l'ONU du . Des soutiens internationaux sont présents, ainsi le nationaliste corse Jean-Guy Talamoni et Mario Beaulieu du Bloc québécois participent à la cérémonie. Des délégations d’Israël et du Maroc y annoncent vouloir établir des relations bilatérales avec la « République fédérale, laïque et démocratique de Kabylie ». En opposition à cette déclaration, une manifestation se tient place de la Nation à Paris. Les manifestants y dénoncent notamment les soutiens du Maroc et d'Israël au MAK et mettent en avant une « Algérie unie, indivisible et souveraine ». La France, confrontée à des relations conflictuelles avec l'Algérie, ne réagit pas à cette déclaration d'indépendance[24],[25].

Karima Dirèche historienne franco-algérienne, indique à l'occasion de cette déclaration d'indépendance, que la « revendication politique portée par le MAK reste ultra-minoritaire en Kabylie »[26].

Relations internationales

Amérique du Nord

Les États-Unis ne partagent pas la classification d'organisation terroriste dans le rapport 2022 du département d’État sur le terrorisme en affirmant qu'elle davantage politique que sécuritaire, et que le MAK ne semble pas avoir commis des actes relevant du terrorisme au sens de la loi américaine[27].

Le Canada ne classe pas non plus le MAK comme organisation terroriste, et Radio-Canada fait état de pressions sur des ressortissants canadiens proches du mouvement[28].

France

En France, le MAK trouve des soutiens au sein de la diaspora kabyle. Au sein de l'Assemblée nationale, les positions du MAK sont relayées par le parti Régions et peuples solidaires (RPS) rattaché au groupe Libertés, indépendants, outre-mer et territoires (LIOT). François Alfonsi, président du RPS, indique : « L’État algérien nie l’identité berbère et refuse de lui donner toute sa place dans la société »[29].

Maroc

En 2011, un proche de Ferhat Mehenni, Idir Djouder accuse le MAK de percevoir des fonds du Maroc (250 000 euros par mois) et critique ses méthodes de gestion. Idir Djouder emploie le qualificatif de « dictateur », il qualifie son « gouvernement » et le contenu des réunions de formelle avec des décisions prises « ailleurs »[30]. Le MAK a démenti les accusations de Idir Djouder[31].

En 2015, deux diplomates marocains, membres de la mission permanente du royaume aux Nations unies déclarent soutenir « les droits légitimes du peuple kabyle à l’auto-détermination ». De son côté, Ferhat Mehenni soutient le Maroc sur le dossier du Sahara occidental[32],[33].

De même, le Maroc évoque officiellement « le droit du peuple kabyle à l’autodétermination » lors de la réunion ministérielle du mouvement des non-alignés (MNA) qui s’est tenue en ligne mardi 13 et [34]. Ainsi Ferhat Mehenni, président du Mouvement pour l'autodétermination de la Kabylie (MAK), et de l'ANAVAD (Gouvernement provisoire de Kabylie en exil), a salué « la position historique et courageuse en Afrique du Nord et pour toute l'Union africaine » du droit à l'autodétermination du peuple de Kabylie, par le Maroc à travers la voix de son représentant permanent auprès de l'ONU[35].

Ferhat Mehenni a souligné que « grâce au Maroc, le MNA a pris acte de la légitimité de la Kabylie à décider souverainement de son avenir », ce qui constitue « une étape remarquable dans la lutte pacifique de la Kabylie sur la voie de notre indépendance »[36].

En 2023, la lobbyiste américaine Elysabeth Myers, basée à Marrakech, est engagée pour défendre les intérêts du MAK auprès de l'administration américaine[37].

Notes et références

Voir aussi

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