Enseignant-chercheur à l'université de Cambridge, Richard Kahn évolue dans des cercles cambridgiens hétérodoxes[1]. Partenaire de travail de John Maynard Keynes et de Joan Robinson, il réfléchit au lien entre la dépense publique et le PIB[2]. Dans un article de 1931, « La Relation de l'investissement domestique au chômage », il aboutit à un concept de multiplicateur, selon lequel une dépense d'une somme x donne lieu à la génération de richesses supérieure à x par le biais de l'emploi[3].
Kahn établit une distinction entre les emplois primaires et secondaires. Les premiers sont créés par l'investissement nouveau, et les secondes, par les dépenses courantes des salariés. Chaque emploi nouvellement créé provoque une hausse de la consommation (des dépenses), ce qui incite les entreprises à embaucher pour produire plus. Kahn met ainsi en place un cumulateur d'emplois, qui lie la dépense à l'emploi, et l'emploi à la dépense[4]. Cet effet multiplicateur est par conséquent parfois appelé « multiplicateur d'emploi »[5].