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Musée national Jean-Jacques-Henner

musée d'art à Paris, en France From Wikipedia, the free encyclopedia

Le musée national Jean-Jacques-Henner est consacré à l'œuvre du peintre français Jean-Jacques Henner. Il ouvre ses portes au public en 1924, grâce à la donation faite à l’État français, l’année précédente, par Marie Henner, veuve du neveu de l’artiste. Faisant partie des musées nationaux français, il est situé dans un ancien hôtel particulier du XIXe siècle, dans le quartier de la Plaine-de-Monceaux du 17e arrondissement de Paris.

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Musée national Jean-Jacques-Henner
La façade du musée national Henner.
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Entièrement consacré à l'œuvre de Jean-Jacques Henner
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Localisation
Pays
France
Commune
Adresse
43 avenue de Villiers
75017 Paris
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Historique

Entre 1876 et 1878, l'architecte Nicolas-Félix Escalier construit pour le peintre Roger Jourdain un hôtel particulier, comportant alors deux étages, 43 avenue de Villiers. En 1878, le peintre Guillaume Dubufe rachète le bâtiment à Jourdain. Dans la période 1878-1879, Henner vient dîner à trois reprises chez Dubufe.

En 1888, Dubufe achète les moucharabiehs provenant de la collection Goupil et en fait l’ornement de l’atelier du premier étage. En 1906, une salle Henner s'ouvre au Petit Palais à Paris, avec une trentaine d’œuvres ; elles sont offertes pour la plupart par Jules Henner, neveu de l’artiste. L'année suivante, la première rétrospective de l’œuvre de Henner se tient à Paris, au Cercle Volney.

En 1921, Marie Henner, veuve de Jules Henner, achète aux héritiers de Guillaume Dubufe l'hôtel particulier. Le , elle donne à l’État le bâtiment qui a été réaménagé pour en faire un musée. Quatre cent quarante peintures, des meubles et des objets ayant appartenu au peintre sont inclus ; le musée recevra par la suite de nombreuses donations et legs.

En 1924, le musée ouvre ses portes au public. En 1925, les Entretiens de J.-J. Henner. Notes prises par Émile Durand-Gréville après ses conversations avec J.-J. Henner (1878-1888) sont publiés. Le , l'État accepte la donation. L'établissement prend le nom de Musée national Jean-Jacques-Henner. Many Benner, élève de Henner, en est le premier conservateur.

En 1935, l’hôtel particulier est surélevé de deux étages, sous la direction de l'architecte André Arfvidson.

En 1989, une exposition J.-J. Henner, la Jeunesse d’un peintre se tient au musée des beaux-arts de Mulhouse. En 1990, la première édition du Catalogue des peintures du musée est publiée ; elle sera réédité en 2003.

Entre 2001 et 2002, une première campagne de travaux est effectuée. Le , le musée reçoit de nouveaux statuts.

En 2007, une exposition Face à l'impressionnisme, Jean-Jacques Henner, le dernier des romantiques est organisée au musée de la Vie romantique à Paris. En 2008, Isabelle de Lannoy édite un Catalogue raisonné des peintures de Henner. Entre 2008 et 2009, des travaux de rénovation sont menés sous la direction de l’architecte Jean-François Bodin.

Le musée rouvre le et ferme le pour d'importants travaux, dont la réhabilitation du jardin d'hiver. Il ouvre le .

En 2024, le musée fait l'acquisition de Salomé, variante tardive, une toile de 1904, via un financement participatif[1].

Les collections

Un parcours pédagogique et sensible

Déployé sur trois étages, l'accrochage de près de trois cents œuvres, meubles et objets, développe, dans le goût du XIXe siècle, deux grands thèmes : la carrière d'un artiste officiel et l'atelier du peintre.

Espace d'introduction, l'ancienne salle à manger propose des outils d'accompagnement pédagogique permettant de découvrir à la fois le contexte historique du quartier de la Plaine-de-Monceaux et la vie du peintre Jean-Jacques Henner.

Rez-de-chaussée

Le salon aux colonnes présente un accrochage qui complète celui des étages : quelques grands formats, des portraits et la collection de peintures de Jean-Jacques Henner.

Le jardin d'hiver est un espace qui permet des expositions temporaires, des concerts ou des spectacles.

Premier étage

Saint Sébastien, 1888.

Au premier étage, deux petites salles rouges présentent les débuts de la carrière de Henner en Alsace, ses années de formation, son prix de Rome et son séjour en Italie.

Autour du portrait de sa nièce, Eugénie Henner en Alsacienne tenant un panier de pommes, la première salle illustre les liens entre l'artiste et sa région natale. Des portraits, des scènes de la vie quotidienne et des paysages alsaciens sont réunis dans un accrochage serré.

La deuxième salle expose le prix de Rome, Adam et Ève trouvant le corps d'Abel, déposé par l'École nationale supérieure des Beaux-Arts, ainsi que le grand paysage du Pincio, Rome, terrasse de la villa Médicis. Un Portrait de jeune fille, un ensemble cohérent d'esquisses préparant les envois de Rome, petites copies, ainsi que des paysages italiens, pièces de petit format (le musée en possède un grand nombre), sont également présentés.

L'atelier rouge, autour de son tableau le plus célèbre, L'Alsace, elle attend, est consacré à la carrière officielle de Henner ; il expose ses œuvres présentées au Salon (Joseph Tournois, Portrait de Mme *** dit « La Femme au parapluie », Le Sommeil, Mme Séraphin Henner, Saint Sébastien, etc.), des esquisses et répliques permettant d'évoquer ses tableaux majeurs (Églogue, La Fontaine, La Source, etc.). Cette salle rappelle la vie sociale de l’artiste et son activité de portraitiste.

Deuxième étage

Au deuxième étage, une petite salle située derrière les moucharabiehs propose des expositions, principalement d’arts graphiques.

Au troisième étage, l'« atelier gris » est consacré au thème de l’atelier. Sans être une reconstitution de l'atelier du 11 place Pigalle, le musée aborde le travail de création du peintre au travers d'esquisses, d'œuvres inachevées (Hérodiade, Rébecca, L'Enfant prodigue, La Vérité, etc.). L'œuvre la plus monumentale du musée, Les Naïades, s'accompagne de meubles et objets provenant de l'atelier de Henner (bureau, meuble à peinture, palette, psyché, encrier, etc.).

Détails sur la collection

Chevalet de Jean-Jacques Henner.

Au fil du temps, la collection s’enrichit de donations ou de legs privés ; les musées du Louvre et d'Orsay laissent en dépôt Saint Sébastien et Solitude. En 1998, le musée Henner achète le Portrait de la Comtesse de Callac.

Le musée présente également des peintures et sculptures venant de la collection de l'artiste (Paul Dubois, Adolphe Monticelli, Félix Trutat, Antoine Vollon, François-Joseph Heim, Jean et Many Benner, etc.) ainsi que des meubles et objets lui ayant appartenu. Les collections d'art graphique, représentant environ mille trois cents dessins ainsi que des gravures et photographies, sont exposées par rotation à l'occasion d'expositions temporaires.

L'hôtel particulier

Panneau Histoire de Paris « Musée Henner ».

Il est un des rares témoignages de l’architecture privée sous la IIIe République qui soit accessible au public. Installé dans un hôtel particulier, construit en 1876-1878 par l'architecte Nicolas-Félix Escalier, il était la demeure et l'atelier du peintre Guillaume Dubufe. Il a peut-être inspiré Émile Zola pour son roman Nana. Une partie du décor éclectique de Dubufe est aujourd’hui conservée : les moucharabiehs égyptiens donnaient une atmosphère orientale au grand atelier rouge du premier étage. En 1921, Marie Henner, veuve du neveu de l'artiste, achète l'hôtel aux héritiers de Dubufe pour y présenter la collection des œuvres de Jean-Jacques Henner.

En 2008-2009, des travaux modernisent les conditions d'accueil du public, rendent le parcours de visite accessible aux personnes à mobilité réduite, et redonner à l’hôtel particulier un aspect aussi proche possible de l'original. L’ascenseur, construit dans les années 1930, a été déplacé ; les murs qui avaient été peints en blanc, dans les années 1960-1970, ont retrouvé leur polychromie d’origine. Le musée ouvre à nouveau ses portes au public le .

À partir de 2014, le musée s'engage dans une deuxième tranche de travaux, sous la maîtrise d'ouvrage déléguée de l'OPPIC, et confiée à l'architecte Sylvie Jodar.

Le nouvel accrochage, qui se déploie sur quatre niveaux du bâtiment, montre plusieurs aspects de Jean-Jacques Henner, l’artiste à succès, ainsi que les secrets de son atelier. Cette dernière campagne de travaux a permis de découvrir la mosaïque du jardin d’hiver (recouverte d’une dalle de béton en 1922 par Marie Henner) et redonner sens à ces espaces du rez-de-chaussée : le jardin d’hiver et le salon des colonnes, complètement restructuré avec une nouvelle verrière.

Il restait à traiter les espaces abritant provisoirement les bureaux du 2e étage, ainsi que les 4e, 5e et 6e étages correspondant à la surélévation de 1935 (pour y créer des espaces de réserves).

Statut

En 2005, le musée national Jean-Jacques Henner prend le statut d'établissement public national à caractère administratif placé sous la tutelle du ministre chargé de la culture[2].

En 2017, un nouvel établissement est créé, réunissant les musées nationaux Jean-Jacques-Henner et Gustave-Moreau[3].

Fréquentation

Le musée a été fermé de 2005 à 2009 et de 2013 à 2016[4].

Fréquentation des dernières années[5] :

2020 2021 2022 2023 2024 2025
4797 7606 15138 17086 22222 25648

Expositions temporaires

Les dernières expositions temporaires :

  • « Salomé. Henner et Moreau face au mythe » du 18 février au 22 juin 2026
  • « Elles. Les élèves de Jean-Jacques Henner » du 28 novembre 2024 au 28 avril 2025
  • « Alsace. Rêver la province perdue » du 6 octobre 2021 au 7 février 2022
  • « Roux ! De Jean-Jacques Henner à Sonia Rykiel » du 30 janvier au 20 mai 2019

Expositions de fin de résidence :

  • « Échos » d'Elina Kulich du 15 octobre 2025 au 19 janvier 2026
  • « Henner, le ruban, la braise » de Margaux Laurens-Neel du 15 mai au 23 septembre 2024
  • « Rebonds » de Victoire Mangez du 4 octobre au 11 décembre 2023
  • « Un Voyage » de Adrien Van Melle du 14 octobre 2020 au 28 août 2021
  • « Fantasmagories » de Demian Majcens du 5 juin au 23 septembre 2019
  • « Résonances » d'Eugénie Alméras du 16 mai au 4 septembre 2018
  • « L'esprit des lieux » de Christelle Téa du 17 mai au 3 juillet 2017

Expositions-dossier :

  • « Henner intime. L'homme derrière l'artiste » du 17 mai au 12 octobre 2025 et du 6 juillet au 20 octobre 2022
  • « Histoire(s) d'un musée / Centenaire du musée Acte 2 » du 7 mars au 28 octobre 2024
  • « Une histoire d'amitié. Louis Pasteur et Jean-Jacques Henner » du 15 novembre 2023 au 3 mars 2024
  • « Hommage aux fondateurs du musée. Centenaire du musée Acte 1 » du 14 juin au 25 septembre 2023
  • « Jean-Jacques Henner portraitiste » du 1er mars au 5 juin 2023
  • « Jean-Jacques Henner peintre des Madeleine » du 19 octobre 2022 au 20 février 2023
  • « Les papiers de Henner. Dessins sur supports insolites » du 9 mars au 27 juillet 2022
  • « Saint-Martin. Un tableau inédit de Jean-Jacques Henner » du 6 novembre 2019 au 10 février 2020

Notes et références

Voir aussi

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