Musée archéologique de Kerkouane

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Musée archéologique de Kerkouane
Patio du musée de Kerkouane.
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Coordonnées

Le musée archéologique de Kerkouane, inauguré en 1987 est un musée tunisien situé sur le site archéologique de Kerkouane, cité punique du cap Bon dont le nom antique est inconnu.

Le musée a fait l'objet d'une rénovation dans les années 1990. Il est accessible sur présentation du billet d'entrée au site archéologique.

Reconstitution sur une maquette d'une partie de la ville avec la muraille au premier plan
Maquette de la ville conservée au musée.

Les vestiges connus de la cité sont datables du VIe au IIIe siècle av. J.-C., l'abandon du site étant sans doute dû à l'invasion du consul Regulus lors de la première guerre punique[A 1]. La ville était ouverte au commerce et à la culture méditerranéenne[A 2].

Le site est fouillé à grande échelle et figure sur la liste du patrimoine mondial depuis le [A 3]. Le musée est inauguré en 1987[A 4].

Centre de recherches

Le musée est un centre de conférences d'archéologie phénico-punique[A 5]. Le site abrite un centre de création de modèles numériques d'architecture punique[A 6].

Le musée est composé de quatre salles et comporte 18 vitrines à la fin des années 1990[C 1].

Collection

Sarcophage en bois avec une tête au centre dont le corps est orienté gauche-droite
Sarcophage en bois sculpté.

Les œuvres conservées in situ consistent en des représentations du signe de Tanit dans des pavements de mosaïque et des baignoires à sabot[A 7], celles conservées au musée concernant la vie quotidienne, la religion et des éléments découverts dans la nécropole du site[A 4]. À la fin des années 1990, le musée conserve plus de 250 objets[C 1], datables du VIe au IIIe siècle av. J.-C.[C 2].

Il comprend une collection de pièces archéologiques découvertes sur le site depuis les années 1950, principalement des monnaies et des céramiques. La pièce principale de ce petit musée consiste en un sarcophage en bois sculpté, pièce unique dont le décor a pu être interprété comme une représentation de la déesse protectrice du défunt. Certains objets sont d'origine grecque, d'Italie du Sud et d'Égypte[A 2]. Certains objets proviennent du site archéologique de Carthage ou d'autres sites, comme celui de Gammarth[C 1]. Le musée conserve également des éléments architectoniques retrouvés lors des fouilles du site[C 1].

Éléments liés à la vie quotidienne

Le musée conserve des éléments liés à la vie quotidienne et à l'artisanat : du murex, des pesons et des meules en basalte[C 1].

Céramiques

Au centre un œnochoé rouge et noir où l'on peut voir au centre Ulysse fuyant Polyphème en étant sous un bélier
Œnochoé avec une représentation d'Ulysse sous un bélier fuyant Polyphème[A 8].

Les céramiques retrouvées sur le site archéologique ont été soit produites sur place, soit importées[A 4] de Grèce, de Sicile ou Italie du Sud[C 1]. Les céramiques destinées à un usage domestique sont diverses[A 4].

Les habitants de Kerkouane appréciaient « la culture et l'esthétique des Grecs », la céramique attique à figures noires, peut-être du fait de la proximité des établissements grecs de Sicile[A 9]. Le musée conserve également des amphores[C 1].

Bijoux et amulettes

Le site a livré des moules d'orfèvres et des bijoux divers, colliers, bagues, anneaux, etc., ce qui témoigne de la présence d'un artisanat local, même si l'emplacement des ateliers demeure inconnu[A 10].

Le musée conserve un sceau en scarabée vert provenant de Sidi Salem (Menzel Temime) décoré de quatre fantassins en rang armés de boucliers et de lances[A 11]. Provenant du même site est conservée également une bague en or avec un sagittaire, un personnage négroïde[A 12]. Le musée conserve des masques en verre polychrome[C 1].

Certains bijoux ont été restitués par des habitants au musée[C 1].

Éléments liés à la religion et aux cultes

Figurine en pierre peu détaillée
Figurine représentant Déméter.

Le musée conserve des stèles et des autels de terre cuite[C 1].

Les fouilles du site archéologique ont livré un grand temple de tradition orientale[A 12] avec :

Mobilier funéraire

Mobilier funéraire en céramique derrière une vitrine de protection
Vitrine avec du mobilier funéraire.

Les nécropoles ont livré des inhumations et des incinérations, parfois dans la même tombe, interprétée comme appartenant à un couple mixte autochtone et grec[A 16]. Un plat contenant un porcelet a également été retrouvé, ce qui peut questionner, les Puniques ne mangeant pas de porc. Une représentation de Déméter comporte également un porc à ses côtés[A 5].

Peinture rouge avec une frise au milieu de l'image dans une tombe en pierre
Tombe VIII du djebel Mlezza avec ses peintures.

Le musée comporte une reconstitution de la tombe VIII du djebel Mlezza qui comporte des peintures interprétées comme le voyage de l'âme du défunt vers l'au-delà : un coq symbolise le défunt qui entre dans le mausolée puis qui se dirige vers la cité représentée entourée de murs[A 5].

La pièce principale conservée dans le musée est un sarcophage à couvercle anthropoïde retrouvé lors des fouilles d'une tombe punique comprenant escalier, dromos et chambre funéraire en [B 1]. L'œuvre est en bois de cyprès[C 3]. Le côté exceptionnel ne repose pas sur la découverte d'un cercueil de bois mais à couvercle anthropoïde, retrouvé pourri et imbibé d'eau[B 2]. Les fouilleurs ont refermé la tombe aussitôt la découverte[B 3]. La personne porte un manteau et un voile, ainsi qu'un chapeau[B 4], un polos ou stéphané[C 2]. La représentation a été qualifiée par la presse de « Princesse de Kerkouane »[B 5]. Le fouilleur a relevé des traces de polychromie[B 6]. Une mission suisse a été envoyée dès afin de définir la façon de consolider l'œuvre, puis l'année suivante[B 7]. La personne représentée n'est pas identifiée en 1972, le fouilleur hésitant entre une représentation de la défunte ou d'une divinité protectrice des défunts[B 8]. En 1998, il opte pour Astarté[C 4]. Le bras gauche est visible et la partie basse du corps dont les pieds est très mal conservée[C 5]. Le sarcophage a été daté du milieu du IVe au début du IIIe siècle av. J.-C.[C 4].

Notes et références

Voir aussi

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