Myopathie atypique des équidés
maladie équine
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La myopathie atypique des équidés, anciennement appelée myoglobinurie atypique des chevaux au pré, est une intoxication prairiale, souvent létale et pouvant affecter tous les équidés quelle que soit leur espèce, leur race, leur sexe et leur âge. Cette maladie se caractérise par une rhabdomyolyse aigüe. Elle est fréquemment mortelle et son évolution rapide : dans 75 % des cas, les équidés meurent dans les 72 heures[1].
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Histoire
Les premiers cas sont rapportés en 1985 en Grande-Bretagne, mais la maladie aurait pu survenir antérieurement[2]. Une épizootie touchant plus d'une centaine de chevaux se déclare en Allemagne en 1995. Des cas sont ensuite régulièrement rapportés dans plusieurs pays d'Europe, ainsi qu'au Canada et aux États-Unis.
Étiologie
La myopathie atypique des équidés est due à l'ingestion de toxines contenant l'acide aminé hypoglycine A, particulièrement présent à l'automne dans les samares, et au printemps dans les plantules de certains arbres du genre Acer. En Europe, c'est essentiellement l'érable sycomore (Acer speudoplatanus) qui est impliqué mais aux États-Unis, les cas sont le plus souvent associés à l'érable négundo (Acer negundo)[1],[3]. Ces mêmes essences produisent d'autres toxines également impliquées dans la survenue de la myopathie atypique[4].
Épidémiologie
Tous les équidés peuvent être atteints. La myopathie atypique a également été identifiée chez des cerfs, des gnous et des chameaux en Europe[4]. Les individus concernés sont des animaux qui passent leur temps en pature la majorité de la journée[4].
Les cas surviennent le plus souvent au printemps et à l'automne.
La mortalité est estimée à 85 %[5].
Facteurs de risque
Pathophysiologie
La myopathie atypique se caractérise par une rhabdomyolyse, c'est-à-dire une dégénérescence des muscles.
Tableau clinique
L'apparition de la myopathie atypique est brutale et s'accompagne d'une raideur et d'une faiblesse musculaire généralisée, qui s'aggravent au point que l'animal peut être retrouvé couché en décubitus latéral en quelques heures[5]. L'animal peut mourir en 72 heures[5].
Les équidés touchés ne présentent pas de fièvre, mais plutôt une hypothermie[5]. Leurs muqueuses deviennent congestives, l'urine est généralement foncée[4].
Prise en charge
Il n'existe pas d'antidote contre la toxine provoquant la myopathie atypique.
Des soins intensifs sont nécessaires, accompagnés de soins de soutien. Ces soins comprennent de la fluidothérapie, des injections de vitamines, et selon les cas, une prise en charge analgésique peut s'avérer nécessaire.
Prévention
Le choix des pâtures est important pour éviter la présence d'érables de certaines espèces à proximité[4]. Les samares pouvant être dispersés par le vent sur de longues distances, il est conseillé d'éviter laisser les animaux s'alimenter avec des aliments (foin) ou sur des surfaces pouvant contenir des samares ou des plantules d'érable. En saison, limiter le temps passé au pré, encore plus les jours venteux ou pluvieux, est recommandé[4].
Les personnes ayant connaissance d'un cas sont encouragées à le déclarer auprès du réseau d'alerte AMAG, afin de collecter des données épidémiologiques et contribuer à informer les professionnels du secteur équin de cas cliniques[4],[2].