Myriam Harry

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Décès
Nom de naissance
Maria Rosette ShapiraVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Myriam Harry
Madame Myriam Harry chez elle, portrait photographique de l'écrivaine à Paris en 1904, publié dans la Revue universelle en 1905.
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Maria Rosette ShapiraVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Activités
Père
Moses Wilhelm Shapira (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Émile Perrault-Harry (de à )Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Membre de
Influencée par
Distinctions
Œuvres principales

Maria Rosette Shapira dite Myriam Harry est une femme de lettres française née à Jérusalem le et morte à Neuilly-sur-Seine le . Elle est la première lauréate du prix Femina (alors dénommé prix La Vie heureuse) créé en par réaction au refus des membres du jury Goncourt de la récompenser alors qu'elle était favorite.

Traduite dans plusieurs langues, elle connaît un grand succès durant la première moitié du XXe siècle et vécut, toute sa vie durant, de sa plume.

Myriam Harry, seconde fille d'une famille protestante, est née à Jérusalem. Sa mère, fille d’un pasteur luthérien allemand, est diaconesse dans un hôpital. Son père, Moses Wilhelm Shapira (en), juif converti au protestantisme, est originaire de la région de Kiev en Ukraine, et tient un magasin d'antiquités de la Palestine du XIXe siècle dans le quartier chrétien de Jérusalem. Il se suicide en 1884[1] après qu'on a révélé les escroqueries de l'antiquaire[2]. Myriam Harry a alors 15 ans. Elle fait ensuite ses études à Berlin puis à Londres, et s'établit à Paris, où elle se met à écrire. Elle publie régulièrement dans le quotidien féministe La Fronde. Rassemblés en volume, ces récits sont publiés en 1899 sous le titre de Passage de Bédouins. Elle a l'appui de Jules Lemaître. Un séjour en Indochine, lui inspire un recueil de nouvelles, La Pagode de l'île flottante, paru en 1902 dans Le Journal. En 1904, elle publie La Conquête de Jérusalem, roman dans lequel elle raconte l'histoire de son père. Joris-Karl Huysmans propose son roman au prix Goncourt[3]. L'académie du prix Goncourt est créée en 1903. Les membres ont peur de perdre leur notoriété s'ils nomment le roman de Myriam Henry. Les journalistes du mensuel féminin La vie heureuse et des écrivaines soutenues par Hachette créent le prix La vie heureuse, qu'elles remettent à Myriam Henry. Ce prix vise à couronner des auteurs quel que soit leur sexe. Ce prix devient le prix Femina en 1919[3].

En 1906 et 1907, elle séjourne en Tunisie avec le sculpteur Émile Perrault, qu’elle a épousé en 1904. Elle est rédactrice au Temps. Elle y tient la rubrique Impressions tunisiennes[3]. Elle visite Carthage, Sidi bou Said. Elle rend compte d'une conversation avec un jeune musulman sur la polygamie[4].

Entre 1916 et 1917, elle rédige une série d’articles pour l’Excelsior. Elle fait le récit de femmes courageuses. Elle incite les femmes à épouser les hommes revenant du front, devenus aveugles. Elle défend une vision traditionnelle des femmes contre le féminisme[4].

Elle n’était jamais retournée sur les lieux de son enfance. Le mandat donné par la Société des Nations à la France en Syrie-Liban lui en fournit enfin l’occasion en 1920, à cinquante et un ans. Elle est invitée au départ par le général Gouraud, qui y représente la France, à faire une série de reportages[5].

En 1932, elle rencontre, au Caire, Huda Sharawi. Huda Sharawi ne porte pas le voile, elle est la fondatrice de la revue féministe L’Égyptienne[4].

En 1924, la Turquie devient une république laïque. En 1926, le port du voile est interdit, la polygamie supprimée. En 1938, dans un article du Temps et Nouvelliste d’Indochine, Myriam Harry rend hommage à Kemal Atatürk pour ses décisions en faveur de l'égalité entre les femmes et les hommes[4].

Pendant plus de dix ans, elle va sillonner tous les pays du Moyen-Orient, de l’Égypte à Istanbul, envoyant aux grands journaux de l’époque des reportages où le pittoresque affiché et attendu par les lecteurs laisse percer sa perplexité face à la politique de la France et du Royaume-Uni. Elle s’interroge sur l’émancipation des femmes musulmanes, sur la difficulté du dialogue des cultures (thème habituel de ses romans) et elle témoigne de la colonisation juive en Palestine. Elle rencontre aussi bien le roi Fayçal, ami de Lawrence d’Arabie, que des princesses bédouines ou des féministes égyptiennes. Et sa connaissance de l’arabe lui ouvre bien des portes. Elle résiste à tous les imprévus, parfois rudes, à tous les dangers et à tous les inconforts des voyages d’alors dans ces pays en ébullition. Lors d'un de ses séjours, le couple Perrault-Harry adopte un jeune orphelin syrien chrétien d'une dizaine d'années, Fawwâz Qabalân al-Hâtim (1909-2009), qui deviendra un artiste peintre et portraitiste[5].

Le , Myriam Harry est nommée chevalier de la Légion d'honneur, en qualité de femme de lettres. Les insignes lui sont remis par son mari, lui-même chevalier de la Légion d'honneur, le à Neuilly-sur-Seine. Elle était déjà officier du Mérite agricole et commandeur du Nichan Iftikhar[6].

Son dernier grand voyage la mène quelques mois à Madagascar, en 1935, invitée par le gouverneur général Léon Cayla. Il lui a organisé un grand tour du sud de l’île : au retour, elle publie un récit de cette découverte d’une culture qui lui est tellement étrangère. Elle publie sous forme romanesque l’histoire haute en couleur de la grande reine Ranavalona et de son mari et prédécesseur Radama Ier[7].

Après la mort de son mari en 1938, Myriam Harry se consacre à l’écriture dans sa maison encombrée des souvenirs de ses voyages, mettant la dernière main à une biographie du grand mystique soufi Djelaleddine Roumi (Djalâl ad-Dîn Rûmî).

Elle meurt en 1958 à 89 ans, n’ayant cessé de témoigner une grande indépendance dans ses choix de vie et une grande ouverture d’esprit[4].

Entre 1905 et 1950, elle a publié une quarantaine d’ouvrages et une centaine d’articles écrits. Elle a réussi à vivre de sa plume. Elle a vécu deux guerres mondiales, parlé l’allemand, l’anglais, l’arabe, l’hébreu, le français, parcouru une grande partie du monde[4].

Elle s'inscrit dans la lignée de l'orientalisme, comme Pierre Loti, Jérôme Tharaud et Jean Tharaud, les cousins Marius-Ary Leblond, Claude Farrère, Pierre Mille, Louis Bertrand[8].

Publications

Notes et références

Annexes

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