Mythes fondateurs de l'Acadie
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Les mythes fondateurs de l'Acadie relatent des légendes, ou des événements réels racontés de façon lyrique, associés à des moments importants de l'histoire de l'Acadie. Ces mythes ont été créés de toutes pièces ou véhiculés par certains historiens comme Henri-Raymond Casgrain et des auteurs comme Henry Longfellow. Ils furent fortement valorisés durant les Conventions nationales acadiennes.
L'Acadie fut fondée en 1604 par Pierre Dugua de Mons. Jean de Poutrincourt s'est par la suite vu confier le titre de lieutenant-gouverneur de l'Acadie, avec certaines exigences dont apporter des colons. C'est ainsi qu'en 1606 il apporte des dizaines d'artisans, quelques notables ainsi que l'avocat Marc Lescarbot. Lors de son séjour d'un an, ce dernier donnera naissance à la littérature acadienne à Port-Royal[1]. Dans ses textes, Lescarbot tente d'expliquer l'insuccès des expéditions précédentes et en profite aussi pour démolir plusieurs mythes tenaces sur l'Amérique, alors qu'il crée lui-même le mythe de l'Acadie en tant que Terre promise[2].
Pour Nicolas Denys, le mythe se résume à l'abondance: il compare l'Acadie au pays de Cocagne[1]. En 1672, ruiné et âgé de 74 ans, il publie Description géographique et historique des côtes de l'Amérique septentrionale, avec l'histoire naturelle de ce pays, où il critique ceux qui l'ont empêché de réaliser son rêve tout en incitant à reprendre le flambeau[1]. Dière de Dièreville visite Port-Royal en 1699 et est déçu de son état et de la pauvreté de la population, contrastant avec la « fausse représentation » qu'on lui a fait de l'Acadie[3]. Bien qu'il soit écrit à l'origine en vers, son texte Relation du Voyage du Port Royal de l'Acadie (1708) donne une vision généralement juste de la faune, de la flore mais surtout de la vie quotidienne en Acadie[3]. De son texte, il ressort l'insouciance et la belle humeur de la colonie, bien que l'auteur s'interroge sur le désintéressement du roi face à sa colonie même si la population lui reste fidèle[3]. Dans ses Mémoires (1716), Robert Charles, défenseur des moins nantis aux idées avant-gardistes, dénonce lui aussi cette situation et propose une politique qui transformerait la Nouvelle-France « en une espèce de royaume aussi florissant que la vieille France européenne »[4]. Son style rapide et incisif reprend à la fois l'enthousiasme de Lescarbot et la confiance de Denys[4].
En 1616, le jésuite Pierre Biard publie Relation de la Nouvelle-France. Faisant probablement référence à Lescarbot, il désire détruire les illusions créées par les récits antérieurs; il dépeint pourtant une belle colonie offrant de grande possibilités, dont la France doit continuer la colonisation et l'évangélisation[4].