Mythologie grecque d'Arcadie
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La Mythologie grecque d'Arcadie, fait de cette région le théâtre d'épisodes de la vie terrestre des dieux. Ainsi Zeus, Poséidon, Déméter, Héra, Athéna, Hermès, Asclépios et Pan seraient nés en Arcadie ou auraient passé une partie de leur vie parmi les mortels, faisant de ces derniers les commensaux des dieux. La Mythologie grecque d'Arcadie fait aussi état de Pélasgos, premier de la race des Pélasges, peuple mythique selon toutes vraisemblances, fils de Zeus et de Niobé selon Acousilaos, ou selon Hésiode fils du sol.
Les hommes commensaux de dieux
Les Arcadiens sont absents du système généalogique des Grecs, selon lequel ces derniers descendraient d'Hellen par ses fils Doros, Aiolos et Xouthos, qui engendra Ion et Achaios. L'ensemble mythique consacré aux Arcadiens, quant à lui, ne fait aucune référence aux autres Grecs, bien que l'on retrouve des traces du mythe de la charte des Arcadiens chez Hésiode [1]. La raison de cette absence est obscure (Nielsen 2000). Thomas Nielsen a démontré l'existence d’une identité ethnique arcadienne aux époques archaïque et classique [2]. De même dans la mythologie, les Arcadiens constituent un terme de peuple véritablement distinct, et la meilleure source à ce sujet reste Pausanias (115-180), qui retrace l'intégralité du mythe [1]. Cependant hormis Pausanias, et les Hymnes homériques, les documents, notamment archéologiques, sont pauvre sur ce mythe des origines propre à l'Arcadie des périodes archaïque et classique [3]. Selon Pausanias, Pélasgos est le premier être humain à avoir habité ces terres ; en tant que roi, Pélasgos développe des formes rudimentaires de civilisation . À cette époque, la région est appelée Pélasgie (« terre de Pélasgos »). Le fils de Pélasgos, Lycaon, fonde la cité de Lykósoura, la première de toutes les cités de la terre, et établit le culte de Zeus Lykaios [3]. Lycaon a aussi une fille, Callisto qui attire la convoitise de Zeus et la colère d'Héra, qui la transforme en ourse, laquelle est ensuite tuée par Artémis. Zeus envoie alors Hermès secourir son fils à naître, Arcas, fils de Zeus et de Calisto ; au VIe siècle av. J.-C. cette histoire fait partie d'une version arcadienne officielle. Arcas succéda à Nyctimos autre fils de Lycaon, et qui donne son nom au peuple et à la terre. Alors que Pélasgos avait introduit le gland, faisant des Pélasges des « mangeurs de gland » [4], Arcas introduit le blé [3], ce qui marque traditionnellement le commencement de la civilisation en Arcadie. Des récits fragmentaires suggèrent que ce mythe existait déjà durant les époques archaïque et classique [3].
Les Pélasges dans les sources littéraires antiques apparaissant diversement comme grecs, semi-grecs, non-grecs et pré-grecs et en l'absence de preuves archéologiques probantes, les font relever du mythe [5]. Dès le début du Ve siècle av. J.-C., le mythe des origines arcadiens était élaboré et constituait aussi un mythe fondateur de la civilisation, connu tant par les auteurs arcadiens, que ceux extérieurs à l'Arcadie [3]. Ce complexe mythique pourrait expliquer pourquoi les Arcadiens sont souvent décrits comme « autochtones » [3]. La tradition d'autochtonie arcadienne pourrait également sous-tendre certains passages d'Hérodote et de Thucydide. Selon Thucydide, l'Arcadie n'a jamais connu de vagues d'immigration [3], ce qui serait une « reconnaissance de la grande ancienneté du peuple arcadien et de sa présence continue sur sa terre ». Cette préséance arcadienne est aussi exprimée par le terme proselênoi, présent chez Hippys de Rhégion (el), qui exprime que les Aracadiens seraient apparu avant que la lune n'apparaisse [3] [6]. Séléné, la Lune, fille du Titan Hypérion et de Théia, appartient à la même génération divine que Zeus et ses frères et sœurs. À l'époque de la naissance de Séléné, « la terre était déjà occupée par les Pélasges, descendants de Pélasgos, le premier homme né de la Terre » [6].
C'est l'histoire racontée par Ovide dans les Fastes [6]:
« Suivant les traditions, les Arcadiens habitaient la terre avant la naissance de Jupiter ; [2, 290] c’était une race plus vieille que la lune. Leur vie était celle des brutes, étrangères à toute culture ; multitude grossière et ignorante, qui habitait sous la feuillée, paissait l’herbe des champs, et ne connaissait d’autre boisson que l’eau puisée à deux mains dans les torrents. [2, 295] »
— Ovide, Fastes II 289-295, trad. M. Nisard
Et Jost de dire que les Pélasges auraient donc pu assister à la naissance de la première génération de dieux olympiens (Zeus, Poséidon, Héra et Déméter), la suivante (Athéna et Hermès), ainsi qu'à celle d'Asclépios et de Pan. Artémis, Apollon, Aphrodite présents en Arcadie doivent par contre être associés à Délos pour les deux premiers, et née de la mer, pour la dernière. Dionysos est venu d'Orient [6]. À l'exception d'Héphaïstos, tous les dieux communs aux Grecs se retrouvent en Arcadie [7].
L'Arcadie mythique a inspiré les poètes, de Hésiode à Virgile, jusqu'aux philosophes modernes. Pour la plupart des chercheurs, l'Arcadie idéalisée de Virgile, le « rêve arcadien » ne serait qu'une « invention » de Virgile ; pour d'autres cette opinion n'est pas fondée. Antonio Corso montre que l'Arcadie poétique de Virgile a des précédents dans la Grèce Archaïque : Mont Érymanthe, Nysa, lieu incertain de la naissance de Dionysos, l'Arcadie elle-même décrite relativement à Hermès[8]. Une des premières idéalisations de l'Arcadie se rencontre donc chez Homère sur le Mont Érymanthe, au nord-ouest de l'Arcadie, région réputée pour ses forêts, ses montagnes et ses animaux sauvages, lieu de prédilection de la déesse Artémis et de belles nymphes des bois, filles de Zeus qui porte l'égide, et se divertissent avec elle ; Léto se réjouit en son cœur ; « Artémis élève au-dessus de toutes sa tête et son front elle est facile à reconnaître, quoique toutes soient belles. » [9],[10],[8]; :
«
Οἵη δ᾽ Ἄρτεμις εἶσι κατ᾽ οὔρεα ἰοχέαιρα,
ἢ κατὰ Τηΰγετον περιμήκετον ἢ Ἐρύμανθον,
τερπομένη κάπροισι καὶ ὠκείῃς ἐλάφοισι·
τῇ δέ θ᾽ ἅμα νύμφαι, κοῦραι Διὸς αἰγιόχοιο, 105
ἀγρονόμοι παίζουσι.
»
«
Telle Artémis, l'Archère, lorsqu'elle va par les montagnes - le vaste Taygète ou l'Erymanthe, charmée par les sangliers et les biches agiles; en même temps qu'elle, s'ébattent les Nymphes, habitantes des campagnes, filles du Zeus porte-égide »
»
Et de fait, la très forte présence de la nature — montagne (Pan, Zeus Lykaios, Apollon, Hermès), grottes (Déméter, Rhéa), rivières et sources (Poséidon Hippios), bois sacrés (Despoina) ; les arbres même, sans oublier les lacs et les nombreux gouffres (Artémis Stymphale) — forme un paysage idyllique, véritable pouponnière des divinités [11]. On trouve chez Hésiode une volonté de se retirer du monde, ce qui est une apriori du « mythe arcadien ». Phlégon informe qu'Hésiode rapporte la transformation en femme de Tirésias sur le mont Cyllène en Arcadie, après avoir frappé des serpents en train de copuler [8]; ainsi que la légende panhellénique des filles de Prœtos errant folles dans l'Arcadie [8][12]. Hésiode est également la première source connue du mythe de Lycaon, Callisto et Arcas, en Arcadie [8]. Pélasgos, fils de Zeus et de Niobé selon Acousilaos, selon Hésiode fils du sol, a eu un fils, Lycaon, de Mélibée, fille d'Océan, ou, selon d'autres, d'une nymphe Cyllène. Lycaon, régnant sur les Arcadiens, engendre de plusieurs femmes, cinquante fils, etc.[8].
Hermès, grand dieu d'Arcadie, est mentionné dans le quatrième hymne homérique [8]; il possède un sanctuaire au sommet du Mont Cyllène, « au-dessus de la zone des nuages », comme le précise Géminus. Il est défini comme « seigneur de Cyllène et de l'Arcadie foisonnante de troupeaux », ce qui évoque des images pastorales [8]. Il est fort possible que l'évocation des racines territoriales de l'autorité royale d'Hermès soit destinée à faire écho aux mythes d'origine arcadiens[13]. Hermès se trouve dans la généalogie des rois fondateurs qui, comme lui, descendent du « Père des dieux et des hommes »[13].
L'Arcadie est aussi connue pour être le berceau des Géants, des Centaures, et surtout pour de nombreuses divinités grecques dotées de particularités qui les rendent uniques par rapport au reste des traditions grecques [11]. Pausanias demeure la référence ; il évoque que l'Arcadie serait le lieu de naissance et/ou d'enfance des dieux et des déesses et où évoluent les nymphes. Certains de ces mythes sont connus, déclinés de mille façons sur le terrain, et font l'objet de discussions multiples, dont Pausanias se fait parfois l'écho [11].
Selon Vincent la mythologie grecque d'Arcadie, présente des similitudes indo-européennes : Pan (Pushan), Déméter Mélania (Saranyū) , etc.[11].
Pausanias raconte que, selon la tradition arcadienne, les hommes mangeaient autrefois à la même table que les dieux. Pausanias ajoute que cette époque révolue était celle de la justice et de la piété, mais aussi celle du châtiment des méchants [14]. Cette tradition moralisatrice, héritière des « interprétations philosophiques » de l'Âge d'or, si l'on en croit Hésiode, s'achève avec le sacrifice d'animaux, inaugurant un nouvel ordre et établissant « des frontières infranchissables » entre les dieux et les hommes, et entre les hommes et les bêtes [14]. Ici c'est un sacrifice humain qui est effectué par Lycaon, mettant fin à la « commensalité » avec les dieux [14]. Lycaon, fondateur de Lycosura et des jeux organisés en l'honneur de Zeus Lykaios, les Lykaia, devient ainsi le père d'une humanité à la fois civilisée et limitée par sa condition humaine. Parfois, c'est ce même Lycaon qui est dépeint comme « violant les lois de l'hospitalité », offrant à Zeus, qu'il reçoit à sa table, un sacrifice humain ; d'autres fois, la responsabilité incombe à ses fils [14].
« Lycaon au contraire, porta sur l'autel de Jupiter un enfant nouveau né, le sacrifia et arrosa l'autel avec son sang. On dit qu'il fut changé en loup aussitôt après le sacrifice, ce que je n'ai pas de peine à croire; car outre que cette tradition est très ancienne chez les Arcadiens, elle a quelque vraisemblance; en effet, les hommes de ce temps étaient, à cause de leur justice et de leur piété, les hôtes et les commensaux des dieux; c'est pourquoi les dieux les récompensaient promptement lorsqu'ils étaient vertueux, et les punissaient de même lorsqu'ils commettaient quelque crime; aussi voyons-nous que plusieurs hommes de ces temps-là ont été mis au rang des dieux, et sont encore maintenant honorés comme tels [...] d'après cela on peut croire à la métamorphose de Lycaon en loup, et à celle de Niobé, fille de Tantale, en rocher; mais aujourd'hui que la méchanceté est portée à l'excès, et a gagné toutes les villes et tous les pays, on ne voit plus d'hommes placés au rang des dieux, si ce n'est par de vaines apothéoses qu'inventé la flatterie pour celui qui a l'autorité ; et la vengeance divine, plus lente et plus tardive, n'atteint les méchants que lorsqu'ils ont quitté la vie d'ici-bas. [...] les Arcadiens prétendent que depuis Lycaon d'autres hommes ont été changés en loups lors du sacrifice qu'on fait à Jupiter Lycéen; qu'ils ne le deviennent pas pour toute la vie ; mais que si, tandis qu'ils sont loups, ils s'abstiennent de chair humaine, ils redeviennent hommes au bout de dix ans ; et que s'ils en mangent, ils restent toujours loups. »
— Pausanias, VIII, II, 4-7, trad.Clavier
Versions locales et versions panhelléniques des mythes arcadiens
La Mythologie grecque d'Arcadie fait de cette région le théâtre d'épisodes de la vie terrestre des dieux. Ainsi Zeus, Poséidon, Déméter, Héra, Athéna, Hermès, Asclépios et Pan y sont nés ou ont passé une partie de leur vie parmi les mortels. Souvent, il s'agit d'adaptations de thèmes panhelléniques, modifiées et intégrées au contexte local [6].
Témoignages archéologiques


Certaines divinités sont propres à l'Arcadie, comme Aléa assimilée à Athéna, mais qui conserva toujours son importance et sa spécificité. Despoina est vénérée à Lycosoura ; les Grandes Déesses sont originaires de la région de Mégalopolis [7]. Certains cultes sont agencé en binôme comme Poséidon et Déméter, Despoina ou Coré (Perséphone), domine Déméter, toutes constituent les éléments féminins les plus importants [7].
Selon Jost, trois régions sont à distinguer [15] [16] ; cette organisation est reprise par Jost en 2018 [17]:
- les régions Nord (Azanie (en)) et Ouest, les plus sauvages ;
- les bassins de l'Est, avec les cités les plus importantes ;
- au Sud, la Mégalopolitide,
Sites remarquables en Arcadie
L’autel de Zeus sur le mont Lycée est le site le plus remarquable d'Arcadie ; Le sanctuaire de Zeus Sôter à Mégalopolis est connu depuis longtemps [17]. Des cultes de Pan se retrouvent dans toute l'Arcadie, où une montagne entière, comme le mont Mainalon, pouvait servir de sanctuaire [3]. De nombreux sanctuaires ont été découverts et son toujours fouillés. La plupart ne sont pas renseignés par Pausanias, probablement parce qu'ils n'existaient plus à son époque. Les archéologues sont aujourd'hui très prudents avant d'associer une divinité à un sanctuaire et certains sanctuaires demeureront anonymes [17]. Parmi les sanctuaires renseignés : Sanctuaires de Phénéos (Pheneus (en)), d’Asklépios (Asclépiéion), d’Artémis Pyrônia (Chelmós), de Déméter Thesmia, la « grotte d’Hermès » sur le mont Cyllène, sanctuaire de Déméter Thesmia, sanctuaires de Lousoi, temple de Grémoulias, sanctuaires de Psophis, sanctuaire du mont Haghios Pétros, etc.[17]
Région Nord et Ouest
Phénéos
Phénéos (en) — Sanctuaire d’Asklépios ; d’Artémis Pyrônia ; de Déméter Thesmia ; « grotte d’Hermès » sur le mont Cyllène [7]
Lousoi
Lousoi (en) — Depuis la fin du XIXe siècle, le sanctuaire d’Artémis Héméra, est connu [7]
Temple de Périvolia
La frange argolido-arcadienne et l’Arcadie orientale
Sanctuaires de Stymphale, Orchomène, Mantinée et les sanctuaires de Gortsouli ; Sanctuaires et Temples de Tégée (sanctuaire d’Athéna Aléa et Sanctuaire d’Haghios Sostis)
Mégalopolitide

Le bassin de Mégalopolis, la capitale de l'Arcadie, et des massifs montagneux qui la bordent ; comprenant l'ensemble des localités qui ont contribué au synoecisme de Mégalopolis entre 371 et 360 av. J.-C. À Mégalopolis, grâce au texte de Pausanias, on a pu identifier avec vraisemblance les édifices dégagés, pour ce qui nous intéresse le sanctuaire de Zeus Sôter; au sud de l'Hélisson, le péribole de Zeus Lykaios et Pan, le temple de la Mère des Dieux , le temple d'Hermès Akakésios, le sanctuaire des Grandes Déesses , l'autel d'Arès et divers sanctuaires [15]. Pour la partie sud-ouest, trois sanctuaire sont abondement décrits par Pausanias : à Lykósoura, au Mont Lycée et près de Phigalie ; le sanctuaire de Lykósoura est très exactement décrit par Pausanias[17].
Au sommet sud du Mont Lycée se trouvent un téménos et un autel de cendres dédiés à Zeus ; la présence humaine dans la zone de l'autel remonte au Néolithique[18]. Il a démarré à l’époque mycénienne et a duré jusqu'à la fin de l’époque classique [17]. Dans une prairie de montagne située en contrebas et à l'est de l'autel, on trouve une stoa, une fontaine, des sièges, un stade, un hippodrome et des thermes, qui servaient notamment aux Lykaia. Selon Pausanias, Pan possédait un bois sacré au sein du sanctuaire, bien que celui-ci n'ait pas encore été localisé[18].
À Phigalie Pausanias renseigne un sanctuaire d'Artémis Sôteira, une statue et des processions qui devaient se diriger vers les principaux sanctuaires rattachés à Phigalie : mont Kôtilion au nord-est de la ville (dont les sanctuaires ont fait l’objet d’une grosse publication par Fr. A. Coope[19],[17]), et son temple d'Artémis, temple d'Apollon Épikourios, sanctuaire d'Artémis Eurynomé[7].
Parrhasie
Sanctuaire de Despoina à Lykosoura - Despoina était vénérée dans un sanctuaire à Lycosoura, à l'ouest de la ville de Mégalopolis, fouillé premièrement par Charles Normand[20],[21],[22],[23]; Temple d’Ano Melpeia, Pétroula ; Sanctuaires du mont Lycée ; Sanctuaire de Liakos ; Sanctuaire de Bérékla. [17]
Mélanie
Vallée d’Aséa ; Sanctuaire d’Artémis Lykoatis ; Sanctuaire du mont Saint-Élie ; Temples de Pallantion ; Megalopolis : sanctuaire de Zeus Sôter [17]
Offrande votive arcadienne à Delphes
Dans sa Description de la Grèce, Pausanias le Périégète laisse une description de Delphes au IIe siècle qui est d'une grande importance pour la science historique. Début des années 360 av. J.-C. une offrande votive arcadienne à Delphes, l'Ex voto des Arcadiens (en), notamment réalisée par Dédale de Sicyone représente les héroïnes et les héros mythiques les plus importants d'Arcadie, ainsi qu'Apollon et Niké fait la fière affirmation, du caractère autochtone et sacré du peuple arcadien, témoignant d'une d'une confédération puissante et victorieuse ; et dotée d'un riche patrimoine mythologique[8] [24]: Neuf statues de bronze s'élevaient sur les neuf blocs de la plinthe: à droite, un Apollon d'une taille nettement supérieure à celle des antres; sur la 3, une Niké: ailleurs, des héros arcadiens. « Les noms sont assurés par la bonne correspondance entre le texte de Pausanias, une épigramme gravée sur le premier bloc et. les inscriptions individuelles. presque toutes conservées. On note simplement que le prosateur a interverti des noms, à l'imitation du poète à qui l'ordre était imposé par la métrique. Cette épigramme et une autre, gravée sur le 4ème bloc, célèbrent à l'envi une victoire du peuple autochtone d'Arcadie: on comprend avec Pausanias qu'il s'agit de la victoire, obtenue avec l'aide d'Epaminondas, qui a permis d'affranchir les Arcadiens de l'hégémonie lacédémonienne, de sorte que l'on date le monument de 369 »[24]. Sont donc représentés Apollon, Niké, Callisto et six héros arcadiens : Erasus, Triphylos, Azan, Elatus, Aphidas et Arcas[25],[26]:
« [5] Vous remarquez ensuite les offrandes que firent les Tégéates du butin qu'ils avoient pris sur les Lacédémoniens ; ce sont les statues d'Apollon, de la Victoire, et des héros de leur pays ; savoir : Callisto, fille de Lycaon; Arcas, auteur de leur nom, et les fils d'Arras; Elatus, Aphidas, Azan, et Triphylus, qui avait pour mère, non Érato, mais Laodamie, fille d'Amyclas, roi de Lacédémone : on y voit aussi Erasus, fils de Triphylus ; ces statues sont de différentes mains. [6] Pausanias d'Apollonie a fait celles d'Apollon et de Callisto; la Victoire et Arcas sont de Dédale de Sicyone; Triphylus et Azan, de Samolas, Arcadien; enfin Elatus, Aphidas et Erasus d'Antiphance d'Argos. Les Tégeates envoyèrent ces statues à Delphes après avoir fait prisonniers les Lacédémoniens qui étaient venus les attaquer. »
— Pausanias, Livre X. Phocide. Chapitre IX
Mythologie grecque d'Arcadie
Zeus Lykaios
Zeus Lukaios, selon la tradition arcadienne, est né et passe son enfance sur le mont Lycée. Sur une stèle érigée pendant la deuxième guerre de Messénie, Il est appelé « roi » et invité à être le « sauveur de l'Arcadie » [6].
Hermès
Hermès est né selon la version la plus connue de l’union de Zeus et Maia sur le mont Cyllène [11].
Héra
Héra aurait été élevée par Téménos fils de Pélasgos [11].
Athéna
Athéna aurait grandi à Alipheira [11].
Asclépios
Asclépios est très vénérée en Arcadie[11].
Divinités thériomorphes
De nombreuses divinités arcadiennes sont affectées par la métamorphose temporaire en animal ; A l'instar de Pan, elles s'écartent des conventions artistiques par la présence dans leurs représentations, d'une certaine animalité [11].
Appolon Kéréatas
Appolon Kéréatas, ou Karnéios, dieu à cornes, à qui un temple était dédié à Bassai, présente une tendance au thériomorphisme en Arcadie.
Pan
Un autre nom de Pania (« terre de Pan ») aurait été donné à l'Arcadie, selon Étienne de Byzance [3] ; Épiménide fait naître Pan de Jupiter et de Calisto, et lui donne Arcas pour frère jumeau. Ce dieu n'est pas beau : mais s'il n'est pas le symbole de la beauté – barbu, chevelu, velu, cornu et aux sabots fendus – il est certainement celui de la force, de l'agilité et de la lubricité. On le représente généralement avec une houlette de berger et une flûte à plusieurs tuyaux. Il est considéré comme le dieu des chasseurs, bien que son histoire le montre plus enclin à poursuivre les nymphes que les animaux. Les Arcadiens le vénéraient particulièrement ; il leur donnait des oracles. Ils lui offraient du lait de chèvre et du miel ; ils célébraient les Lupercales en son honneur[27]. Le paysage typique associé à Pan, dieu spécifiquement arcadien était constitué de montagnes et de forêts [3]. Après les guerres médiques, lorsque Pan fut introduit dans d'autres régions de Grèce, il était encore vénéré dans des grottes et des cavernes « à une certaine distance des centres urbains »[3]. Les légendes relatant la naissance de Pan la situent toujours en Arcadie, et Pan est même décrit comme autochtone, à l'instar du peuple lui-même [3]. Dès le IVe siècle av. J.-C., Pan était devenu, avec Zeus Lykaios, un symbole de l'Arcadie [3].
Pan a possédé des sanctuaires urbains dans la cité mainalienne de Peraetheis (en), à Heraea (en) et à Lykósoura [3]. Il partagé un sanctuaire suburbain avec Zeus Lykaios dans les cités de Tégée, et de Mégalopolis et des temples et sanctuaires monumentaux, contrairement aux simples grottes et cavernes où il était vénéré la plupart du temps [3].
Érinys (Déméter)
Déméter Mélaina
Poséidon Hippios
Poséidon Hippios dans une légende se transforme en étalon pour s'unir à Érinys. Un fond indo-européen pourrait être trouvé ici, l'histoire rejoignant celle de Saranyū [11].
Déesses arcadiennes
Despoina

Despoina — fille de Poséidon Hippios et de Déméter, maîtresse des animaux, possède un sanctuaire à Lykosoura [11].
Eurynomé
Eurynomé, rapprochée d'Artémis, selon Pausanias vénérée dans un sanctuaire au confluent de la Néda et du Lymax[11].
Parrhasia
Parrhasia (en) — ville de l’Arcadie, où l’on célébrait des fêtes en l’honneur de Zeus Lykaios. Homère, Pausanias, Etienne le géographe en font mention ; le dernier ajoute qu’on l’appelait aussi Parmasia ; quelques auteurs la nomment différemment. Il y avait une montagne du même nom, selon Hesychius, & c’est des neiges de cette montagne dont parle Ovide, Fast. l. II. v. 276. dans ce vers.
Pélagos
Parmi ces ouvrages généalogiques du Catalogue des femmes, un fragment obscur attribué à Hésiode, conservé chez Strabon, qui cite Éphore de Cumes (400-330 av. J.-C.) pour ses informations sur Hésiode, présente un personnage d'origine généalogique incertaine, nommé Pélasgos, père de Lycaon (Λυκάονος ἀντιθέοιο), héros arcadien « quasi divin », comme ancêtre éponyme des Pélasges. Dans d'autres fragments attribués à Hésiode dans la Bibliothèque du Pseudo-Apollodore (Ier ou IIe siècle), la figure de Pélasgos réapparaît, ancrée directement dans le sol arcadien, comme un ancêtre autochtone (αὐτόχθων) ou « issu de la terre » des Arcadiens, la définition première d'autochtone désignant une habitation permanente d'un groupe dans une région [28]. Cette référence ultérieure au passage perdu d'Hésiode concorde avec les informations fournies par Asios de Samos, poète du VIIe siècle av. J.-C., dans un fragment cité par le géographe grec Pausanias. Asios décrit le héros fondateur des groupes ethniques grecs comme « semblable aux dieux » (ἀντίθεον) et d'ancêtre des Grecs, que la « terre noire a engendré (γαῖα μέλαιν᾽ ἀνέδωκεν) afin que la race des mortels puisse exister [29]. Pour Olivier Aurenche (en), Pelasgos, « l'égal des dieux », est littéralement assimilé à un arbre et considéré comme un « héros-arbre » ou « héros-chêne» dont l'habitat serait les montagnes[30]. Ce récit joue un rôle central dans la construction d'une identité arcadienne autochtone durable à l'époque classique [31].
Devenu roi, Pélasgos développa des formes rudimentaires de civilisation, telles que des huttes et des vêtements de peau pour protéger les humains des forces de la nature. Il améliora également les habitudes alimentaires en encourageant la consommation de glands (βάλανοι) [1].
« Πελασγὸς δὲ βασιλεύσας τοῦτο μὲν ποιήσασθαι καλύβας ἐπενόησεν, ὡς μὴ ῥιγοῦν τε καὶ ὕεσθαι τοὺς ἀνθρώπους μηδὲ ὑπὸ τοῦ καύματος ταλαιπωρεῖν· τοῦτο δὲ τοὺς χιτῶνας τοὺς ἐκ τῶν δερμάτων τῶν οἰῶν, οἷς καὶ νῦν περί τε Εὔβοιαν ἔτι χρῶνται καὶ ἐν τῇ Φωκίδι ὁπόσοι βίου σπανίζουσιν, οὗτός ἐστιν ὁ ἐξευρών. Καὶ δὴ καὶ τῶν φύλλων τὰ ἔτι χλωρὰ καὶ πόας τε καὶ ῥίζας οὐδὲ ἐδωδίμους, ἀλλὰ καὶ ὀλεθρίους ἐνίας σιτουμένους τοὺς ἀνθρώπους τούτων μὲν ἔπαυσεν ὁ Πελασγός· (6) ὁ δὲ τὸν καρπὸν τῶν δρυῶν οὔτι που πασῶν, ἀλλὰ τὰς βαλάνους τῆς φηγοῦ τροφὴν ἐξεῦρεν εἶναι. Παρέμεινέ τε ἐνίοις ἐς τοσοῦτο ἀπὸ Πελασγοῦ τούτου ἡ δίαιτα, ὡς καὶ τὴν Πυθίαν, ἡνίκα Λακεδαιμονίοις γῆς τῆς Ἀρκάδων ἀπηγόρευεν ἅπτεσθαι, καὶ τάδε εἰπεῖν τὰ ἔπη·
« Πολλοὶ ἐν Ἀρκαδίῃ βαλανηφάγοι ἄνδρες ἔασιν,
οἵ σ´ ἀποκωλύσουσιν· ἐγὼ δέ τοι οὔ τι μεγαίρω. »
Πελασγοῦ δὲ βασιλεύοντος γενέσθαι καὶ τῇ χώρᾳ Πελασγίαν φασὶν ὄνομα. »
« Pélasgus pendant son règne enseigna aux hommes, soit l'art de se construire des cabanes pour se mettre à l'abri du froid, de la pluie et de la chaleur, soit celui de se faire des vêtements avec des peaux de sangliers, vêtements dont les gens pauvres se servent encore maintenant dans l'Eubée et la Phocide. Les hommes vivaient encore de feuilles vertes, d'herbes et de racines qui n'étaient pas toutes mangeables, et dont quelques-unes même étaient mortelles; Pélasgus les fit renoncer à cette nourriture, et il découvrit que les glands, non pas ceux de toutes les espèces de [chênes]*, mais ceux que produit le chêne, étaient un aliment. Cette manière de se nourrir, trouvée par Pélasgus, se conserva si longtemps chez quelques peuples de l'Arcadie, que la Pythie, lorsqu'elle défendit aux Lacédémoniens d'envahir le pays des Arcadiens, leur dit les vers suivants :
« Il y a dans l'Arcadie beaucoup de mangeurs de glands, qui t'empêcheront de réussir; quant à moi je ne m'y oppose pas. »
On dit que le pays porta le nom de Pélasgie sous le règne de Pélasgus. »
Un fragment attribué à Hésiode par Strabon mentionne Dodone, le sanctuaire traditionnel du « Zeus pélasge de Dodone » d'Homère, comme le « siège de chêne des Pélasges » [29]. Pélasgos est donc aussi associé en dehors de l'Arcadie à un rite qui se fait à Dodone. En 52 [32] Hérodote raconte qu'à Dodone, les Pélasges offraient tous leurs sacrifices en invoquant les dieux, ἐπωνυμίην δὲ οὐδ’ οὔνομα ἐποιεῦντο οὐδενὶ αὐτῶν / sans désigner aucun d’entre eux par un surnom ou par un nom, car ils ne les avaient jamais entendu nommer. Ils les appelaient θεούς / Theoús (dieux) en général, à cause de — θέντες / théntes — l'ordre des différentes parties qui constituent l'univers, et de la manière dont ils l'ont distribué[33] :
« Ἔθυον δὲ πάντα πρότερον οἱ Πελασγοὶ θεοῖσι ἐπευχόμενοι, ὡς ἐγὼ ἐν Δωδώνῃ οἶδα ἀκούσας, ἐπωνυμίην δὲ οὐδ᾽ οὔνομα ἐποιεῦντο οὐδενὶ αὐτῶν· οὐ γὰρ ἀκηκόεσάν κω. Θεοὺς δὲ προσωνόμασαν σφέας ἀπὸ τοῦ τοιούτου, ὅτι κόσμῳ θέντες τὰ πάντα πρήγματα καὶ πάσας νομὰς εἶχον. [2] Ἔπειτα δὲ χρόνου πολλοῦ διεξελθόντος ἐπύθοντο ἐκ τῆς Αἰγύπτου ἀπικόμενα τὰ οὐνόματα τῶν θεῶν τῶν ἄλλων, (Διονύσου δὲ ὕστερον πολλῷ ἐπύθοντο). Καὶ μετὰ χρόνον ἐχρηστηριάζοντο περὶ τῶν οὐνομάτων ἐν Δωδώνῃ· (τὸ γὰρ δὴ μαντήιον τοῦτο νενόμισται ἀρχαιότατον τῶν ἐν Ἕλλησι χρηστηρίων εἶναι, καὶ ἦν τὸν χρόνον τοῦτον μοῦνον). [3] Ἐπεὶ ὦν ἐχρηστηριάζοντο ἐν τῇ Δωδώνῃ οἱ Πελασγοὶ εἰ ἀνέλωνται τὰ οὐνόματα τὰ ἀπὸ τῶν βαρβάρων ἥκοντα, ἀνεῖλε τὸ μαντήιον χρᾶσθαι. Ἀπὸ μὲν δὴ τούτου τοῦ χρόνου ἔθυον τοῖσι οὐνόμασι τῶν θεῶν χρεώμενοι· παρὰ δὲ Πελασγῶν Ἕλληνες ἐξεδέξαντο ὕστερον. »
« Les Pélasges sacrifiaient autrefois aux dieux toutes les choses qu'on peut leur offrir, comme je l'ai appris à Dodone, et ils leur adressaient des prières ; mais ils ne donnaient alors ni nom ni surnom à aucun d'entre eux, car ils ne les avaient jamais entendu nommer. Ils les appelaient dieux en général, à cause de l'ordre des différentes parties qui constituent l'univers, et de la manière dont ils l'ont distribué. Ils ne parvinrent ensuite à connaître que fort tard les noms des dieux, lorsqu'on les eut apportés d'Égypte ; mais ils ne surent celui de Bacchus que longtemps après avoir appris ceux des autres dieux. Quelque temps après, ils allèrent consulter sur ces noms l'oracle de Dodone. On regarde cet oracle comme le plus ancien de la Grèce, et il était alors le seul qu'il y eût dans le pays. Les Pélasges ayant donc demandé à l'oracle de Dodone s'ils pouvaient recevoir ces noms qui leur venaient des Barbares, il leur répondit qu'ils le pouvaient. Depuis ce temps-là ils en ont fait usage dans leurs sacrifices, et dans la suite les Grecs ont pris des Pélasges ces mêmes noms. »
D'autres auteurs grecs ont donné une portée plus universelle à ces thèmes, c'est le cas d'Hésiode, au VIIIe siècle av. J.-C., dans Les Travaux et les Jours, où il décrit la vie sous le règne de souverains « justes »[30].
Pélasgos a eu un fils, Lycaon. Lycaon a eu un fils, Nyctimos, et une fille, Callisto. Callisto a eu un fils, Arcas, qui a donné son nom à l'Arcadie. Nycteus, Lycos et Poséidon en Béotie ; Nyctimos, Lycaon, Pélasgos en Arcadie : Pélasgos peut être associé à Poséidon ou à l'Oannès babylonien[34] ; L'agriculture est encore inconnue, et ni Lycaon ni son fils Nyctimos ne l'enseignent à leur peuple. Il faut descendre jusqu'à Arcas pour la rencontrer.[30],[35].
Le nom Pélasges Πελασγός / Pélasgos) était utilisé par les auteurs grecs classiques pour désigner soit les peuplades sur le sol grec avant l'apparition des Grecs[a]. À cette même époque des enclaves portant ce nom subsistaient en plusieurs endroits de Grèce continentale, en Crète et dans d'autres régions de la mer Égée. .Comme tous les autres aspects des « Pélasges », leur ethnonyme (Pelasgoi) est d'origine et d'étymologie extrêmement incertaines[b].
Les populations identifiées comme « pélasges » parlaient une ou plusieurs langues que les Grecs de l'époque qualifiaient de manière ambivalente de « barbares », [36] bien que certains auteurs anciens aient néanmoins décrit les Pélasges comme des Grecs. Une tradition a également survécu selon laquelle de vastes régions de la Grèce avaient été autrefois pélasges avant d'être hellénisées. Ces régions se situaient en grande partie, mais pas exclusivement, sur le territoire qui, au Ve siècle av. J.-C. était habité par les locuteurs du grec ancien, identifiés comme Ioniens et Éoliens[37] En général, le terme « Pélasges » désigne désormais plus largement tous les habitants autochtones de la région de la mer Égée et leurs cultures, et »[c]. Dans les récits d'Homère au Pseudo-Apollodore (vers le IIe siècle apr. J.-C.), « les Pélasges apparaissent à la fois comme habitants préhelléniques de la Grèce, prédécesseurs ou ancêtres directs des Grecs, et comme barbares non grecs intégrés à l'ethnie hellénique par l'adoption de la langue grecque » [d]. Les Pélasges apparaissent donc diversement comme grecs, semi-grecs, non-grecs et pré-grecs [38] La fluidité de la définition des Pélasges et l'absence de perspectives émiques, ou internes, sur l'identité pélasgienne « les relèguent finalement au domaine du mythe » ; les Pélasges apparaissent constamment comme un « troisième élément » bienveillant qui a fait le lien entre le monde grec et le monde barbare [39][e].
Les Pélasges sont placés (notamment) en Arcadie par Hésiode au VIIIe siècle av. J.-C. [40]. L'existence des Pélasges a été documentée par les poètes archaïques grecs Homère et Hésiode, Asios de Samos et Eschyle (VIe siècle av. J.-C.), Sophocle et Euripide (Ve siècle av. J.-C.). Le poète augustéen Ovide décrit les Grecs de la guerre de Troie comme des Pélasges dans ses Métamorphoses [41]. Les historiens antiques Hécatée de Milet, Acousilaos, Éphore (VIe siècle av. J.-C.), Hellanicos, Hérodote, Thucydide (Ve siècle av. J.-C.), Denys d'Halicarnasse (Ier siècle av. J.-C.).