Myzobdella lugubris

From Wikipedia, the free encyclopedia

Myzobdella lugubris est une espèce de sangsues sans mâchoire de la famille des Piscicolidae[1]. Commun dans les eaux d'Amérique du Nord (centre et est du Canada)[2],[3],[4],[5],[1],[6], c'est un ectoparasite des poissons et des Crustacés, qui provoque diverses affections mortelles chez les poissons : les lésions qu'il crée constituent des foyers d'infection bactérienne et fongique, qui peuvent dégénérer en septicémie[4],[7],[8]. Il dépose ses chapelets d'œufs à même l'épiderme des crabes ou d'autres arthropodes[4],[9],[10], d'où ils se dispersent ensuite à travers la rivière ou le lac.

Parmi les arthropodes aquatiques

Myzobdella lugubris colonise aussi bien les eaux douces que les eaux saumâtres, mais il ne peut tolérer une salinité trop élevée (au-dessus de 26 PSU) dans la durée[4],[11]. Il supporte en revanche de fortes variations de température : de 3 à 28 °C[4]. Il possède la particularité, unique chez les oligochètes, que chaque œuf ne contient qu'un embryon[7],[8].

La relations entre Myzobdella lugubris et les arthropodes aquatiques demeure mal connue. On sait que cette sangsue est un commensal des crustacés, qu'elle peut parasiter diverses espèces d'arthropodes, mais il n'est pas établi qu'elle en fasse sa subsistance[8],[10],[12]. Une hypothèse avance, sans preuve concluante, qu'en l'absence de crustacés hôtes, M. lugubris pond ses cocons sur le sable ou les graviers[10],[13].

On est en revanche certain que les crustacés sont les vecteurs de la ponte puis la dissémination des cocons[11],[12]. Ces sangsues déposent leurs œufs en cocons à même la carapace des crustacés, parfois en grande quantité : une étude a recensé jusqu'à 118 cocons sur 18 crabes[10]. Une espèce voisine, Myzobdella platensis, est sans doute le principal parasite du crabe bleu[12]. Parmi les autres animaux aquatiques contaminés par M. lugubris, citons les crevettes, les huîtres, les écrevisses et les gambas[4],[10],[11],[14],[15].

Parasite des poissons

Par-delà son action sur les crustacés, Myzobdella lugubris constitue un parasite semi-permanent pour quarante espèces de poissons, et l'on a même observé une tortue parasitée[4],[16],[7],[10],[6]. Elle survit pour l'essentiel comme parasite de poissons d'eau saumâtres, les crustacés n'étant que les vecteurs de ses cocons[11]. Elle s'accroche le plus souvent aux nageoires et à l'épiderme antérieure ou dorsale des poissons, bien qu'on ait vu quelquefois qu'elle colonisait leur bouche[4],[17], où elle laisse des cratères dans la muqueuse buccale[18].

Les conséquences de l'infestation des poissons par Myzobdella lugubris ne se limitent pas à l'absorption de leur sang ; car les cicatrices laissées par le parasite forment des sites de contamination microbienne et fongique[18]. Chez les poissons-chats, les cicatrices étendues qu'elles laissent à la base de la tête s'infectent fréquemment de moisissures filamenteuses du genre Saprolegnia[16] ; du reste, on retrouve à l'autopsie de ces sangsues diverses bactéries dans les viscères, la principale étant Flavobacterium psychrophilum, bactéroïde vecteur de la légionellose[8].

Dissémination

Myzobdella lugubris est une espèce invasive du Pacifique oriental et central (îles Hawaï, où elle contamine 40 % des espèces de rivière). Elle est présente depuis 2000 en mer Adriatique.

Systématique

Notes et références

Voir aussi

Related Articles

Wikiwand AI