Mérenrê II
pharaon égyptien
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Mérenrê II Nemtyemsaf II (peut-être appelé par erreur Mérenrê) est le sixième roi de la VIe dynastie pendant l'Ancien Empire. Il succède à son père Pépi II et précède le roi Netjerkarê qui est peut-être à assimiler à l'hypothétique reine Nitocris. Il règne brièvement au cours du XXIIIe siècle av. J.-C. ou du XXIIe siècle av. J.-C.[note 1], pendant la transition de l'Ancien Empire vers la Première Période intermédiaire.
| Mérenrê II | |
Cartouche de Mérenrê II dans la liste d'Abydos (n°39). | |
| Période | Ancien Empire |
|---|---|
| Dynastie | VIe dynastie |
| Fonction principale | roi |
| Prédécesseur | Pépi II |
| Dates de fonction | vers 2260-2258 AEC[1],[note 1]. |
| Successeur | Nitocris ? Netjerkarê ? |
| Famille | |
| Grand-père paternel | Pépi Ier ou Mérenrê Ier |
| Grand-mère paternelle | Ânkhésenpépi II |
| Grand-père maternel | Pépi Ier |
| Grand-mère maternelle | Ânkhésenpépi Ire ou Ânkhésenpépi II |
| Père | Pépi II |
| Mère | Neith II |
| Conjoint | Nitocris (?) |
| Enfant(s) | Menkarê (?) |
| Fratrie | ♂ Néferkarê III♂ Néferkarê II (?)♀ Nitocris (?) |
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Généalogie
Nemtyemsaf est fils de Pépi II et de la reine Neith II[2]. L'un de ses demi-frères, Néferkarê Neby (fils de la reine Ânkhésenpépi IV)[3],[4],[5], fut roi, ainsi que peut-être un autre roi nommé Néferkarê (peut-être fils de la reine Ânkhésenpépi III)[3],[6].
On ne connaît rien de certain des épouses et des enfants de Nemtyemsaf[7]. De plus, la relation familiale entre Nemtyemsaf et les rois suivant de la VIIe dynastie est inconnue. Cependant, Vivienne Gae Callender, à partir de sa reconstruction du relief de la pyramide de Neith II et de la fin de la VIe dynastie, propose de faire de Menkarê le fils de Mérenrê II et de la reine Nitocris, qui serait à identifier à Netjerkarê de la liste d'Abydos et de Neith-iqerty du Canon royal de Turin[8].
Attestations
Sources contemporaines
Il n'y a que deux documents contemporains du vivant de Nemtyemsaf en tant que prince qui peuvent lui être attribués avec certitude ; un troisième pourrait également le nommer :
- le premier est une fausse porte détruite qui a été trouvée à proximité de la pyramide royale de Neith II à Saqqarah ; le texte mentionne le prince comme suit : « Le fils aîné du roi, Nemtyemsaf » (Sa-nesou semsou Nemtyemsaf)[9],[10],
- le deuxième est un décret de Pépi II relatif à la pyramide de Mykérinos dans lequel est nommé le « fils aîné du roi Nemtyemsaf »[10],
- le troisième est un relief dans le temple funéraire de Pépi II qui figure un « fils du roi »[11],[2].
Deux documents pourraient être attribués du vivant de Nemtyemsaf en tant que roi, cependant sans certitude :
- le premier, découvert dans le complexe funéraire de Neith II, est un décret portant sur le sacerdoce de deux « mères du roi » nommée Neith et Ânkhésenméryrê l'Aînée[12],[13],[14],[15] ; si la première est incontestablement l'épouse du roi Pépi II et la mère de Mérenrê II, la seconde fait l'objet de débats entre les deux « mères du roi » connues nommées Ânkhésenméryrê : si le découvreur Gustave Jéquier optait pour la reine Ânkhésenpépi Ire[12], Yannis Gourdon opte plutôt pour la reine Ânkhésenpépi II car il considère qu'il est plus probable que le décret concerne la mère de Pépi II (et donc grand-mère paternelle de Mérenrê II) plutôt que sa grand-mère (et donc arrière-grand-mère de Mérenrê II par son père)[15] ; s'il n'y a pas de certitude sur le roi commanditaire, il est en général supposé qu'il s'agit de Mérenrê II, seul fils de Neith II à être monté sur le trône[15] ; cependant, comme l'indique Michel Baud, le décret pourrait ne pas avoir été fait par le fils de la reine Neith II[16], et Callender, qui est en accord avec cette idée, indique qu'il pourrait s'agir d'un petit-fils[17], peut-être Menkarê selon Callender[18],
- le second document est un fragment en relief du temple funéraire de Neith II, qui a probablement été modifié plus tard par l'ajout d'un cartouche fortement détruit, dont il ne reste de manière certaine que le premier signe, à savoir celui du soleil[19],[20],[21] ; Silke Roth reconstruit ce nom en Ânkhkarê et considère qu'il s'agit du nom de Nesout-bity du roi Nemtyemsaf[20] ; toutefois, Percy Newberry et Callender reconstruisent ce cartouche en Menkarê[22],[17].
Sources ramessides
Des trois listes royales ramessides, seule la liste d'Abydos le cite explicitement sous le nom de Mérenrê-Djéfaemsaf et comme successeur de Pépi II[23].
Le Canon royal de Turin est endommagé au niveau où sont inscrits les noms de tous les rois de la VIe dynastie mais à la quatrième colonne, sixième ligne, c'est-à-dire là où devrait se trouver le nom de Mérenrê Nemtyemsaf, la durée du règne inscrite est d'un an et un mois, ce qui est concordant avec le peu de traces de ce roi dans les sources contemporaines, typique d'un règne bref[23]. La table de Saqqarah ne le cite pas, en effet la liste passe directement de Pépi II aux rois du Moyen Empire, occultant complètement la fin de la VIe dynastie et la Première Période intermédiaire.
Sources grecques
Selon une tradition légendaire de l'historien grec Hérodote du Ve siècle avant notre ère, Nemtyemsaf fut assassiné par le peuple égyptien. Sa sœur et successeur, Nitocris, a ensuite vengé sa mort et s'est suicidé[24],[25]. Il est difficile de savoir si certaines parties de cette histoire sont fondées sur des faits. Au moins l'existence d'une reine Nitocris peut entre-temps être considérée comme réfutée, puisque sur le Canon royal de Turin le roi nommé comme successeur de Nemtyemsaf est nommé Neitiquerty Siptah, Siptah étant un nom uniquement masculin et Neitiquerty rappelle Netjerkarê qui est le nom inscrit également comme successeur de Nemtyemsaf dans la Liste d'Abydos[26].
Manéthon, prêtre égyptien écrivant en grec et vivant au IIIe siècle avant notre ère, le nomme Menthesouphis et ne lui donne qu'un an de règne[27].
Noms du roi
Le roi portait le nom propre Nemtyemsaf (ou Antyemsaf) signifiant « (Le Dieu) Nemty est sa protection » (ou « (Le Dieu) Anty est sa protection »), tout comme Mérenrê Ier. Il portait déjà le titre de prince héritier, qui est documenté par la désignation Sa-nésou semsou Nemtyemsaf (« Fils aîné du Roi, Nemtyemsaf ») sur le fragment de la fausse porte provenant du complexe pyramidal de Neith II[9].
Dans la littérature scientifique, il est généralement numéroté Nemtyemsaf II/Antyemsaf II afin de le distinguer de son grand-père Mérenrê Ier, qui portait le même nom de Sa-Rê. On ne sait pas si Nemtyemsaf portait aussi le nom de Nesout-bity Mérenrê (« L'aimé de Rê »). On ne dispose d'aucune preuve contemporaine à cet égard. Seule la liste d'Abydos, datant de Séthi Ier, le nomme Mérenrê-Djéfaemsaf (altération de Mérenrê-Nemtyemsaf). Cependant, selon l'opinion dominante des égyptologues, il s'agit probablement de l'erreur de copie d'un scribe[28]. Néanmoins, il est répertorié dans la littérature spécialisée sous le nom de Mérenrê II Nemtyemsaf II[28].
Selon la lecture par Silke Roth du fragment en relief du temple funéraire de Neith II, le nom de Nesout-bity du roi pourrait avoir été Ânkhkarê. Il pourrait donc être identique à un roi connu seulement par une lettre d'Éléphantine (Papyrus Berlin 10523), dont le nom de Nesout-bity est lu comme Ânkhkarê ou Sekhemkarê[29],[30]. Cependant, comme le nom de Nesout-bity sur le fragment en relief, en plus d'être fortement abîmé rendant la lecture très hypothétique, n'a pas de lien direct avec Nemtyemsaf, l'association de ce nom de Nesout-bity avec le nom de Sa-Rê Nemtyemsaf ne reste d'une hypothèse fragile pour le moment. Ainsi, Percy Newberry et Callender reconstruisent ce cartouche en Menkarê[22],[17].
Sur le décret du culte du temple funéraire de Neith II, outre un reste complètement illisible d'un nom de Nesout-bity, le reste d'un nom d'Horus est conservé, qui peut être lu comme Se-...-taouy (« Les deux pays... »)[31],[13]. Cependant, comme l'indique Michel Baud, le décret pourrait ne pas avoir été fait par le fils de la reine Neith II[16], et Callender, qui est en accord avec cette idée, indique qu'il pourrait s'agir d'un petit-fils[17], peut-être Menkarê selon Callender[18].
Règne
Nemtyemsaf ne régna que très brièvement. Sur le Canon royal de Turin, seulement un an et un mois sont donnés pour ce roi. Le prêtre égyptien Manéthon ne lui donne qu'un an. Cette information est généralement acceptée dans la recherche[27]. Nemtyemsaf devait être un homme âgé lorsqu'il a succédé à son père Pépi II sur le trône après son très long règne. Selon Christian Jacq, il accède au trône dans une période de trouble et d’agitation, s'ajoutent à cela des mauvaises crues, une invasion de tribus bédouines de plus en plus importante, la montée en puissance de chefs de nome. Ce roi n'a pas réussi à consolider à nouveau l'Ancien Empire en dissolution, le pouvoir des princes était probablement devenu trop grand. En dehors de la publication d'un décret de culte pour le sacerdoce d'une Ânkhésenméryrê et de sa mère Neith II (s'il s'agit bien de son décret), aucun détail de son règne n'est connu.