Métabolites secondaires des plantes
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Les métabolites secondaires des plantes sont des composés chimiques synthétisés par les plantes, c'est-à-dire des composés phytochimiques, qui remplissent des fonctions non essentielles, de sorte que leur absence n'est pas mortelle pour l'organisme, contrairement aux métabolites primaires. Les plantes produisent et utilisent une grande variété de métabolites (qu'on classe souvent en 3 catégories : terpénoïdes, alcaloïdes et composés phénoliques). Leur nombre est évalué à 200 000. On pensait autrefois qu'il s'agissait de simples résidus métaboliques, mais on sait maintenant qu'ils jouent des rôles physiologiques et écologiques majeurs (fonctions périphériques, vitales pour la plante à moyen et long terme, par ex. concernant la communication intercellulaire, la défense, la manipulation comportementale d'insectes ou d'autres types d'organismes, la régulation des cycles catalytiques, la reproduction...) ; ils+ sont impliqués dans les interactions écologiques entre la plante et son environnement.
Ils ont une distribution restreinte dans le règne végétal, et certains ne se trouvent que chez une seule espèce ou un seul groupe taxonomique, de sorte qu'ils sont souvent utiles en chimiotaxonomie.
Certains métabolites secondaires des végétaux ont une grande importance technico-économique, c'est le cas par exemple de la morphine en médecine ou du caoutchouc naturel dans l'Industrie (produit par l'Hévéa, il est la plus grosse molécule connue du groupe des terpénoïdes).
cette expression a plus d'un siècle ; elle a probablement été utilisée ou publiée pour la première fois par Albrecht Kossel en 1891
Fonctions biologiques
La valeur adaptative de la plupart des métabolites secondaires est longtemps restée inconnue. On les considérait simplement comme les produits finaux de processus métaboliques, sans fonction spécifique, ou comme des déchets. En raison de la perception dominante de leur insignifiance biologique, ils ont traditionnellement reçu peu d'attention de la part des botanistes.
À la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, les chercheurs en chimie organique ont commencé à étudier ces substances en raison de leur importance en tant que médicaments, poisons, arômes, adhésifs, huiles, cires, et autres matériaux utilisés dans l'industrie. En fait, l'étude des métabolites secondaires des plantes a stimulé le développement de techniques de séparation, la spectroscopie pour élucider leur structure et les méthodes de synthèse qui forment la base de la chimie organique moderne.
Des études biologiques plus récentes ont permis de démontrer que la plupart des métabolites secondaires ont en réalité des fonctions de défense contre les prédateurs et les agents pathogènes, qu'ils agissent comme agents allélopathiques (qui ont des effets sur d'autres plantes), ou qu'ils peuvent attirer les pollinisateurs oudes disséminateurs des graines (Swain 1973[2], Levin 1976[3], Cronquist 1977[4]).
Beaucoup des fonctions de ces métabolites secondaires sont encore inconnues. La reconnaissance des différentes propriétés biologiques et fonctionnelles de nombreux métabolites dits secondaires a encouragé les recherches sur des applications dans les domaines des médicaments (antibiotiques notamment), des insecticides et herbicides ; et a conduit à une réévaluation des divers rôles qu'ils jouent dans la physiologie des plantes, en particulier dans le contexte des interactions écologiques.
