Coloured du Cap
Ethnonyme
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L’ethnonyme de « Coloured du Cap » (« Cape Coloured » en anglais) est un terme par lequel se désignent et sont désignés un groupe de population vivant en Afrique du Sud, majoritairement dans les provinces du Cap Occidental et du Cap Nord. Ce label peut être utilisé pour effectuer des distinctions au sein de la catégorie plus générale de Coloured. Les Coloured du Cap sont majoritairement de langue afrikaans, dont ils parlent une variante l'Afrikaaps.
| Langues | Afrikaans, Anglais |
|---|---|
| Religions | Christianisme, Islam |
| Ethnies liées | Coloured, Européens, San, Malais du Cap, Griquas |
Histoire
Le terme de « Coloured du Cap » apparait au XIXe siècle à un moment où se constitue l’identité coloured. Étant donné que la majorité des Coloured vivent dans la Colonie du Cap (aujourd’hui dans les provinces du Cap Oriental et du Cap Nord) le terme « Coloured du Cap » est souvent utilisé dans le langage courant de manière indifférenciée avec celui de « Coloured »[1]. La catégorie « coloured » amalgame historiquement des populations très hétérogènes (esclaves, métis, Khoesan, blancs déclassés, etc.), et de ce fait le terme de « coloured du Cap » est parfois utilisé comme un moyen de distinction au sein de ce groupe, notamment pour insister sur une plus grande proximité avec la société « blanche » et urbaine de la colonie du Cap, en oppositions à des groupes qui se développent aux marges de celle-ci dans des contextes plus ruraux et plus marqués par des influences khoesan (c’est le cas notamment des Oorlam, des Basters, des Griquas, etc.)[2]. Le chercheur James Muzondidya décrit une utilisation similaire du label de « Coloured du Cap » dans la constitution du groupe coloured au Zimbabwe au début du XXe siècle[3].
Le gouvernement de l’apartheid, cherchant constamment à diviser pour mieux régner, joue de ces fractures et inclut en 1959 la sous-catégorie de « Coloured du Cap » dans le Population Registration Act (voté en 1950), au côté de plusieurs autres groupes : « Malais du Cap », « Griqua », « Chinois », « Indien », « autres Coloured ». En 1980, le recensement mené par l’administration de l'apartheid décompte ainsi environ 2,5 millions de « Coloured du Cap »[4]. Depuis la fin de l'apartheid, les recensements reposent sur l'auto-identification des personnes (qui ne sont donc plus catégorisées par l’État)[5] et il n’existe plus de recensement officiel sud-africain décomptant séparément le nombre de « Coloured du Cap »[6]. De ce fait, il est difficile de dire combien de personne s’identifient aujourd’hui comme « Coloured du Cap » parmi les 5 millions de coloured recensés en Afrique du Sud en 2022. Les chercheurs qui se sont intéressés à l'identité coloured insistent sur la nécessité de l'appréhender comme multiples et flexibles[7],[8],[9]. Pour une personne coloured, il n'est donc pas impossible de s'identifier, simultanément et/ou selon les contextes, à plusieurs « sous-groupes » coloured (Coloured du Cap, Malais du Cap, Griqua, etc.) mais également de se rattacher à d'autres groupes plus ou moins larges (Africains, Sud-Africains, Khoesan, Européens, etc.).
Terminologie
Le terme « Coloured » est actuellement considéré comme neutre en Afrique australe. Ce terme peut être perçu comme offensant dans d'autres pays occidentaux, comme la Grande-Bretagne et les États-Unis[10]. Les insultes raciales les plus utilisées contre les Coloured du Cap sont « Hottentot » ou « hotnot » et « Kaffir ». Le terme « hotnot » est un terme péjoratif utilisé pour désigner les Khoisans et les Coloured en Afrique du Sud. Ce terme est originaire du néerlandais, où « Hottentot » était utilisé pour décrire une langue parlée par le peuple Khoisans. Il a ensuite été utilisé comme terme péjoratif pour désigner ce peuple lui-même, en raison des perceptions européennes de son apparence physique et de sa culture. Ce terme est souvent utilisé pour dénigrer et déshumaniser les Khoisans et les Coloured, perpétuant ainsi des stéréotypes néfastes et la discrimination à leur encontre[11]. Le terme « Kaffir » est une insulte raciale utilisée pour désigner les Coloured et les Noirs en Afrique du Sud. Il est originaire de l'arabe et était utilisé pour désigner les non-musulmans. Plus tard, il a été utilisé par les Sud-Africains d'origine européenne pour désigner les Noirs et les Coloured pendant l'apartheid, et le terme a été associé au racisme et à l'oppression. Bien qu'il soit encore utilisé contre les personnes Coloured, il n'est pas aussi répandu que contre les personnes noires[12],[13].
Dans les médias
Le film de 2009, I'm Not Black, I'm Coloured – Identity Crisis at the Cape of Good Hope[14], est l'un des premiers documentaires historiques à explorer l'héritage de l'apartheid à travers le point de vue de la communauté coloured du Cap, notamment à travers des entretiens avec des anciens, des pasteurs, des parlementaires, des étudiants et des citoyens ordinaires luttant pour trouver leur identité dans la nouvelle Afrique du Sud. Sa suite, Word of Honour: Reclaiming Mandela's Promise[15], est sortie en 2016[16].