Nadia Fadil
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Nadia Fadil, née à Borgerhout le , est une sociologue, anthropologue, autrice et faiseuse d'opinion belge. Elle est chargée de cours au département d'anthropologie de l'Université catholique de Louvain (KU Leuven) et mène des recherches sur le multiculturalisme, l'ethnicité et la race, la religion et l'islam.
Enfance et éducation
Nadia Fadil est née le de parents marocains. Son père est ouvrier à l'usine Opel et sa mère femme de ménage[1],[2].
Elle étudie d'abord la sociologie puis l'anthropologie à la KU Leuven et y obtient en 2008 un doctorat en sciences sociales avec une thèse intitulée Submitting to God, submitting to the Self. Secular and religious trajectories of second generation Maghrebi in Belgium[3]. Elle est ensuite chargée de cours au département d'anthropologie de cette université.
Travaux académiques
Ses recherches portent sur le racisme, l'interculturalité et la religion. Elle publie aussi sur la subjectivité et le pouvoir, le post-colonialisme et la sécularisation. Reconnue comme une experte dans ces domaines, elle est fréquemment invitée à participer à des débats ou sollicitée pour des entretiens[4],[5],[6],[7]. Elle publie aussi des articles d'opinion dans des médias comme De Morgen, De Standaard ou ProMO[8].
Elle décrit le racisme comme un phénomène invisible, difficile à expliquer à quelqu'un qui ne l'a jamais vécu et le compare au sexisme dont l'ampleur est encore méconnue par beaucoup. Le racisme aujourd'hui est inscrit dans les structures. Elle souligne la nécessité de mesures positives pour lutter contre le désavantage de certains groupes dans l'éducation, au travail et dans le logement et souhaite plus de diversité, y compris dans les médias[9].
Programme de recherche sur la déradicalisation
Depuis 2021, elle participe au programme de recherche interdisciplinaire Deradicalizing the city qu'elle a contribué à mettre sur pied et dirige notamment un cycle de 3 études sur les outils belges de lutte contre la radicalisation[10],[11]. Avec le chercheur Martijn de Koning, elle remet en cause la politique de déradicalisation belge et estime que, pour être efficace, celle-ci doit s'accompagner d'une lutte contre les discriminations[12],[13]. Avec la chercheuse Silke Jaminé elle établit une cartographie de quelque 107 projets subventionnés de façon désorganisée et confuse, ce qu'elles décrivent comme l'"industrie de la déradicalisation". Elles appellent à un soutien plus structuré à des associations qui sont dans une relation de confiance avec les communautés locales et les familles vulnérables ainsi qu'un contrôle de qualité de ces initiatives[14]. En 2022, la KUL publie également les résultats d'une recherche supervisée par Nadia Fadil sur les conséquences pour les individus d'être inscrits dans une base de données de personnes radicalisées, sans jamais avoir fait l'objet d'une enquête judiciaire[15].