Naja subfulva

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Naja subfulva
Description de cette image, également commentée ci-après
Naja subfulva adulte avec une coloration typique (spécimen anciennement identifié comme Naja melanoleuca avant la séparation de l'espèce Naja subfulva).
Classification ReptileDB
Règne Animalia
Embr. Chordata
Classe Reptilia
Sous-classe Lepidosauria
Ordre Squamata
Sous-ordre Serpentes
Infra-ordre Alethinophidia
Famille Elapidae
Genre Naja
Sous-genre Boulengerina

Espèce

Naja subfulva
Laurent, 1955

Naja subfulva est une espèce de serpents, de la famille des Élapidés. C'est un grand cobra originaire d'une vaste partie de l'Afrique subsaharienne.

Cette espèce a longtemps été confondue avec Naja melanoleuca, jusqu'à ce que des études génétiques, entre 2006 et 2018, n'établissent que ce taxon constitue en réalité un complexe d'espèces cryptiques comprenant cinq espèces bien distinctes : Naja melanoleuca au sens restreint, , Naja guineensis, Naja peroescobari, Naja savannula et Naja subfulva. Ces espèces présentent quelques différences morphologiques entre-elles, mais ces différences ne sont pas toujours fiables pour une détermination sûre. Parmi les cinq espèces, Naja subfulva est celle qui a la plus grande aire de répartition.

Jeune Naja subfulva, avec une coloration plus foncée et contrastée que les adultes. On remarque cependant la coloration dorsale déjà brune à l'avant du corps.
Naja subfulva en Ouganda avec la coloration typique de la région du lac Victoria, noire avec beaucoup de blanc sur l'avant de la face ventrale, et même un anneau sur la nuque, c'est-à-dire identique à Naja melanoleuca. Dans ce cas ci, seule la localisation peut permettre de déterminer l'espèce (Naja melanoleuca, au sens strict, n'est pas signalé en Ouganda mais est proche en RDC).

Naja subfulva est un grand cobra qui dépasse fréquemment les deux mètres. Le plus grand spécimen analysé dans l'étude de Wüster et al. de 2018 mesure 2,69 m. Cette taille est la plus grande mesurée parmi les échantillons des cinq espèces analysés par l'étude, mais elle est très proche des longueurs maximales trouvées pour Naja melanoleuca au sens restreint (2,67 m) et pour Naja guineensis (2,64 m)[1]. Ces échantillons n'atteignent probablement pas la taille maximale possible de ces trois espèces. La littérature, qui fait référence à l'ancienne espèce Naja melanoleuca au sens large, indique des spécimens qui dépassent les m, mais on ne sait à quelles espèces précises ces mentions doivent être créditées. Toujours est-il que ces espèces sont les plus grandes du genre Naja.

La coloration de cette espèce est assez variable. Mais la plupart des spécimens, aux quatre coins de l'aire de répartition, sont bruns plus ou moins clair à l'avant du corps devenant brun plus foncé ou noir vers l'arrière du corps. La tête est souvent jaunâtre. Cette coloration distingue nettement l'espèce Naja subfulva des espèces proches. Les écailles supralabiales (lèvre supérieure) sont claires souvent bordées de noir, comme chez les autres espèces du groupe. Les jeunes individus sont plus foncés, voire noirs, et présentent une alternance de clair et noir marqué sur l'avant de la face ventrale, qui s'estompe ou s'efface à l'âge adulte[2],[1].

Cependant, dans les régions entourant le lac Victoria, mais aussi dans une partie du bassin du Congo, la coloration dorsale de Naja subfulva est entièrement noire à l'âge adulte, avec des bandes noires et blanchâtres marquées sur la face ventrale de l'avant du corps, soit une coloration presque identique aux spécimens de Naja melanoleuca (au sens restreint) provenant des mêmes parties du bassin du Congo, rendant la distinction des deux espèces impossible sans analyse génétique là où elles cohabitent[1].

Naja subfulva adulte en Afrique du Sud, avec la coloration la plus fréquente de l'espèce. On peut remarquer l'arrière du corps et la queue beaucoup plus sombre que l'avant.

Répartition

Naja subfulva adulte en Tanzanie.

Naja subfulva est la plus répandue des cinq espèces du complexe de Naja melanoleuca (sens large). Elle peuple la plus grande partie de l'Afrique centrale, orientale et australe. On la trouve du lac Tchad à la côte orientale de l'Afrique du Sud. Mais elle est absente d'Afrique de l'Ouest où elle est remplacée par Naja savannula.

Il existe une étroite zone de contact entre les aires de Naja subfulva et de Naja savannula qui s'étend de l’extrême sud-est du Nigeria au sud-ouest du Tchad, en passant la centre du Cameroun. Les deux espèces semblent ne pas s'hybrider dans cette zone, signe d'un isolement reproductif malgré de probables cohabitations très locales.

Naja subfulva a une aire de répartition plus vaste que celle de Naja melanoleuca au sens restreint, et cette dernière est en grande partie incluse dans l'aire de Naja subfulva où les deux espèces sont sympatriques et semblent pouvoir cohabiter, probablement grâce à une écologie différenciée[1].

Naja subfulva est présent dans les pays suivants : Afrique du Sud, Mozambique, Zimbabwe, Zambie, Malawi, Angola, Tanzanie, Kenya, Ouganda, Rwanda, Burundi, Éthiopie, Somalie, Soudan du Sud, Congo-Kinshasa, Congo-Brazzaville, Centrafrique, Cameroun, Nigeria et Tchad. Il est probablement présent au Gabon.

Habitat

Naja subfulva adulte nageant en Afrique du Sud.

Naja subfulva vit surtout dans les régions de savanes, où il préfère cependant la proximité de l'eau et les zones boisées. On le trouve notamment dans les forêts galerie le long des cours d'eau, dans les zones marécageuses et autour des lacs. Il s'adapte bien à la proximité humaine et aux habitats transformés par l'agriculture traditionnelle et les plantations. En Afrique australe on le rencontre aussi fréquemment dans des prairies assez loin de l'eau et sans arbre. L'espèce a aussi été trouvée au cœur des forêts tropicales denses du bassin du Congo, où elle semble cependant moins fréquente que Naja melanoleuca au sens restreint.

C'est une espèce très polyvalente qui vit principalement au niveau du sol, mais qui nage très bien, et qui grimpe aussi très bien aux arbres et s'y poste souvent.

Alimentation

Naja subfulva finissant d'avaler un Python natalensis, au Mozambique.

Naja subfulva peut capturer ses proies au sol, sous l'eau ou dans les arbres. Son alimentation est donc très variée : petits mammifères, reptiles y compris d'autres serpents, amphibiens, poissons, oiseaux et œufs[2].

Venimosité

Naja subfulva est un serpent hautement venimeux. Une envenimation est potentiellement mortelle. Il ne crache pas de venin[2].

Les morsures attribuées à ce serpent sont bien moins fréquentes que celles des Vipéridés, malgré sa présence fréquente à proximité de l'homme, car il est très alerte et il est peu probable de lui marcher dessus par accident. Il est plutôt pacifique et il garde ses distances ou prend la fuite dès l'approche d'un danger, sinon il manifeste sa présence en se dressant pour que l'intrus s'éloigne. Il peut cependant attaquer avec beaucoup d'agressivité et de rapidité s'il est directement menacé. Il est très dangereux de tenter de le capturer ou de le tuer. Les cobras de ce groupe d'espèces sont considérés comme les plus agiles et les plus rapides.

Systématique

Le nom valide complet (avec auteur) de ce taxon est Naja subfulva Laurent, 1955[3],[4].

Naja subfulva a pour synonyme[5] :

  • Naja melonoleuca subfulva Laurent, 1955

Naja subfulva fait partie d'un complexe d'espèces cryptiques, comportant cinq espèces de grands cobras qui ont été considérées jusque récemment comme formant une seule espèce monotypique sous le nom de Naja melanoleuca. Les cinq espèces sont Naja melanoleuca (au sens restreint), Naja guineensis, Naja peroescobari, Naja savannula et Naja subfulva.

Naja subfulva est cependant la plus distincte parmi les cinq espèces. Ainsi l’herpétologue belge Raymond Ferdinand Laurent avait pu décrire la sous-espèce Naja melanoleuca subfulva en 1955 sur la base de la morphologie, dans la région du Sud-Kivu en RDC, ainsi qu'au Rwanda et au Burundi. Mais cette description n'avait pas été validée par la suite à cause de la variabilité observée, mais aussi à cause de la sympatrie avec la forme nominale de l'espèce (aujourd'hui Naja melanoleuca au sens strict). Chirio et Ineich ont commencé à la voir comme une espèce distincte en 2006, ce qui a été confirmé par les données génétiques de l'étude de Wüster et al. en 2018[1].

Au sein du complexe, l'espèce Naja subfulva est plus apparentée à Naja savannula d'Afrique de l'Ouest, qui présente d’ailleurs une écologie similaire, et plus éloignée des trois espèces strictement forestières que sont Naja melanoleuca (au sens restreint), Naja guineensis et Naja peroescobari, ces trois espèces formant un groupe plus étroitement apparenté. La distance génétique entre Naja subfulva et Naja melanoleuca est même supérieure à celle qui sépare, par exemple, Naja nubiae de Naja ashei, deux espèces morphologiquement très différentes au sein d'un autre sous-genre[1].

Étymologie

Son épithète spécifique, subfulva, est la combinaison en latin de sub, « sous, un peu », et de fulvus, « fauve », soit « fauve en dessous » et qui pourrait faire référence à la coloration de sa tête, de son cou et de la partie antérieure de son corps[3].

Publication originale

  • R. F. Laurent, « Diagnoses préliminaires de quelques serpents venimeux », Revue de zoologie et de botanique africaines, Belgique, vol. 51, , p. 127–139.

Références

Liens externes

Bibliographie

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