Namoro Karamoko
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Namoro Karamoko, (né en à Sanssané-Mango et mort en ) est un homme politique et enseignant togolais. Figure du nationalisme togolais, il fut ministre de l’Agriculture entre 1958 et 1963 sous la présidence de Sylvanus Olympio, puis président du présidium provisoire de la Conférence nationale souveraine du Togo en 1991.
Origines et formation
Namoro Karamoko naît en à Sanssané-Mango, dans le nord du Togo, au sein d’une famille musulmane. Il effectue ses études primaires à Mango, puis poursuit sa formation secondaire au Cours complémentaire de Lomé (actuel Collège moderne). Admis par concours, il intègre ensuite l’École normale William-Ponty de Dakar, établissement de référence pour la formation des cadres de l’Afrique occidentale française[1],[2],[3].
Carrière dans l’enseignement et engagement politique
À l’issue de sa formation, il exerce comme enseignant successivement à Dapaong puis à Bafilo. Parmi ses élèves figurent plusieurs futures personnalités togolaises, dont Barry Moussa Barqué. Parallèlement à sa carrière dans l’enseignement, il s’engage au sein du Comité de l’Unité Togolaise (CUT), parti dirigé par Sylvanus Olympio. Il contribue à l’implantation et à l’organisation du parti dans les régions septentrionales du pays. Lors des élections législatives du 27 avril 1958, il agit comme délégué du CUT à Bafilo. Son rôle dans la supervision du scrutin est rapporté à la direction du parti[1],[2],[3].
Ministre de l’Agriculture (1958-1963)
À la suite de la victoire du CUT aux élections de 1958, Namoro Karamoko est nommé ministre de l’Agriculture dans le gouvernement formé sous l’autorité du haut-commissaire Georges Spénale, puis maintenu après la proclamation de l’indépendance du Togo en 1960. Il figure parmi les premiers ministres originaires du nord du pays. Il occupe ce poste jusqu’à l’assassinat du président Sylvanus Olympio, le [1],[2],[3].
Arrestations et carrière administrative
Après le coup d’État de janvier 1963, Namoro Karamoko est arrêté, comme plusieurs anciens ministres du gouvernement Olympio. Il est soumis à des périodes de détention et de mauvais traitements. Il n’est libéré qu’après l’arrivée au pouvoir de Gnassingbé Eyadéma en 1967[2]. Il reprend ensuite une activité dans le secteur éducatif et administratif. Il est notamment nommé directeur de l’École de la Poudrière à Lomé et exerce des fonctions techniques au ministère de l’Agriculture jusqu’à sa retraite en 1968. Il est à nouveau brièvement détenu en 1967 à la suite de propos critiques tenus en privé à l’égard du régime militaire[3],[2].
Conférence nationale souveraine de 1991
Après plusieurs années de retrait de la vie publique, Namoro Karamoko est sollicité en 1991 par d’anciens militants nationalistes pour participer à la Conférence nationale souveraine du Togo. En tant que doyen d’âge, il préside le bureau provisoire, puis le présidium de la Conférence, chargée de conduire la transition politique[2]. Malgré un état de santé fragile, il dirige les travaux jusqu’à l’élection du bureau définitif, présidé par Mgr Philippe Fanoko Kpodzro[1],[3].
Décès
Namoro Karamoko meurt en [1], quelques semaines avant l’élection présidentielle togolaise de la même année[2],[3].
Hommages et postérité
Namoro Karamoko est figure parmi les acteurs du mouvement nationaliste togolais et de la lutte pour l’indépendance. Une rue de Lomé, située dans la commune du Golfe 4, porte son nom en hommage à son parcours politique et institutionnel[3].