Nanou Couturier
From Wikipedia, the free encyclopedia
Claudette Couturier alias Nanou Couturier est une femme française violée dans son enfance, avec sa sœur, dans les années 1960 et 1970 par trois prêtres de la société de Marie à Vaulx-en-Velin dans le département du Rhône.
À partir de 2016, à la suite de la médiatisation de l'affaire Bernard Preynat, elle décide de s'investir pour faire reconnaitre les viols qu'elle et sa sœur Hélène ont subis. Elle intervient dans les médias, témoigne devant la commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Église et crée l’association Tous ensemble, les abusés sexuels de l'église. En 2024 elle obtient une indemnisation financière de 100 000 euros de la part de la congrégation des Maristes et de la commission reconnaissance et réparation (CRR).
Nanou Couturier, (Claudette de son vrai prénom), est victime de viols répétés entre 18 mois et 13 ans, dans les années 1960 et 1970, par trois prêtres maristes. Elle vit alors, avec sa sœur, à Vaulx-en-Velin, chez sa grand-mère, alcoolique et maltraitante. Régulièrement, en soirée, les « prêtres D., B. et F. » viennent dîner dans la famille. Nanou Couturier garde le souvenir des agressions : « J'ai le souvenir d'être assise sur leurs genoux. Il mettait sa main dans ma culotte et il mettait ma main dans sa culotte ». Quand elle est dans sa chambre, ils viennent l'abuser sexuellement, l'obligent à des fellations chacun son tour. « C’était quotidiennement. C’était les jours de semaine, c’était les samedis, c’était le confessionnal, c’était le catéchisme… c’était tout le temps, tout le temps […], est-ce qu’ils pourraient un jour ne pas venir ? ». Elle réussie à s'échapper du domicile de sa grand-mère et va vivre dans un foyer. Elle travaille alors à l’usine dès l'âge de 14 ans[1],[2].
Nanou Couturier travaille dans des usines produisant des machines à laver et du matériel de sécurité puis elle suit une formation professionnelle en secrétariat comptabilité et travaille alors dans un cabinet d’expertise comptable. Non mariée, elle a deux enfants[3].
En 2016, à la suite de la médiatisation de l'affaire Bernard Preynat, elle décide de s'investir pour faire reconnaitre les viols qu'elle et sa sœur Hélène ont subis. Elle est soutenue en cela par l'association La Parole libérée et France 3 [4]. Elle vient témoigner devant la commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Église dont le rapport est remis en [5].
Pour obtenir une compensation, elle assigne en justice la société de Marie. Celle-ci et l'archevêché de Lyon refusent d'envisager une indemnité financière considérant le délai de prescription dépassé[6]. Elle s'adresse à la commission reconnaissance et réparation (CRR) en 2022 qui lui propose de prendre en charge les frais vétérinaires de l’un de ses chiens. Elle considère cette proposition comme « ridicule » et confie l'affaire à un avocat pour essayer d'obtenir une réparation effective[2].
Elle crée l’association Tous ensemble, les abusés sexuels de l'église [2],[7] avec le collectif des victimes du prêtre Louis Ribes[4]. À la tête de son association, elle critique le dispositif, mis en place par la CRR mais aussi par l'Instance nationale indépendante de reconnaissance et réparation, qui s'appuie sur de « simples barèmes avec un échelon de gravité ». Elle demande notamment une « expertise médico-légale, réalisée par des professionnels » et la possibilité pour les victimes d'être accompagnées par un tiers, avocat ou thérapeute par exemple. De plus elle considère le plafond d'indemnisation à 60 000 euros comme trop faible. En réponse la CRR affirme que les victimes peuvent demander à ses référents une expertise médico-légale si besoin, mais que cela n’est pas automatique. Les membres de la commission n’ont « pas de pouvoir d’enquête » mais « évaluent avec la victime les conséquences des violences subies ». Pour le barème, elle indique s’être basée sur « des barèmes indicatifs utilisés par les tribunaux et les fonds de garantie d’indemnisation des victimes »[8].
Elle témoigne publiquement de son histoire dans l'émission Complément d'enquête, diffusée par France 2 en [2]. En , après des négociations directement avec la congrégation des Maristes et en présence de la CRR, elle reçoit 100 000 euros soit 60 000 euros de la CRR et 40 000 euros des Maristes. Sa sœur reçoit le même montant financier[9].
Références
- ↑ Marion Mercier, « Violences sexuelles dans l'Eglise catholique : Nanou raconte avoir été violée par des prêtres dès son plus jeune âge. », sur France Info, (consulté le ).
- 1 2 3 4 « « Abus sexuels dans l’Église : violée par des prêtres, on lui propose de s’occuper du chien en guise de réparation », Sud Ouest, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Clémentine Méténier, « Victimes de l'Église : biographies de Nanou Couturier », sur Justice Info, (consulté le ).
- 1 2 Annie Demontfaucon, « Nanou, violée pendant toute son enfance : « Les curés ont fauté, ils doivent payer ! » », Le Progrès, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Kareen Janselme, « Commission Sauvé : « Enfin, on existe réellement ! », Nanou, victime dans son enfance de prêtres pédophiles », sur France 3 Auvergne-Rhône-Alpes, (consulté le ).
- ↑ D. Mazzola, « Pédophilie dans l'Église : le combat de Nanou Couturier pour obtenir réparation », sur France 3 Auvergne-Rhône-Alpes, (consulté le ).
- ↑ Kareen Janselme, « Nanou Couturier, victime de l’Église », L'Humanité, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Caroline Celle, « Des collectifs de victimes d’abus dans l’Église mettent en cause l’Inirr, un an après sa création », La Vie, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Clémentine Méténier, « La parole aux victimes de l’Église : l’argent, une « ardoise magique » ? », sur Justice Info, (consulté le ).