Nappe de Thiaroye

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La nappe phréatique de Thiaroye est située près de Dakar dans la ville de Pikine, un quartier dense et populaire. Le sommet de la nappe est proche de la surface et inonde régulièrement les habitations durant la saison des pluies. Ces inondations répétées causent des problèmes importants dans la région.

La nappe phréatique de Thiaroye se trouve sur la presqu'île du Cap-Vert. Cette nappe forme la partie ouest de la nappe des sables quaternaires de la presqu'île du Cap-Vert. La nappe des sables quaternaires est une nappe phréatique non confinée d'environ 300 km2 qui s'étend de Kanak à Dakar. Elle est composée de dépôts sableux liés aux variations du climat et du niveau de la mer ainsi que de dépôts sableux marqués par le volcanisme des Mamelles[1].

La nappe de Thiaroye est coupée à l'est par la nappe infra-basaltique de Dakar, une nappe phréatique confinée par une couche de basalte [2]. À l'ouest, la limite est moins claire. On la situe approximativement à l'est de Pikine.

La nappe de Thiaroye est posée sur une couche de roches marneuses. Cette couche de roche est marquée par des dépressions remplies de sable qui influencent la profondeur de la nappe[1].

Climatologie

La presqu'île du Cap-Vert est dotée d'un microclimat influencé par l'océan Atlantique et la région saharienne [3]. La température moyenne (1980-2005) est de 24,7 °C [4] avec un maximum entre mars et octobre et un minimum entre novembre et février[3]. L'évapotranspiration est estimée à environ 700 mm/an et l'humidité relative (entre 70 et 98 %) varie peu durant l'année à cause de la proximité de l'océan[4].

Le climat de la région est marqué par une saison des pluies entre juillet et septembre qui concentre la majorité des précipitations [5]. La figure 1 présente la pluviométrie annuelle caractérisée par une importante variabilité. On peut aussi remarquer une baisse des précipitations annuelles depuis la fin des années 1960.

figure 1: Pluviométrie Station Dakar Yoff

À cause du réchauffement climatique, il est probable que les températures vont augmenter et que les précipitations vont décroître. Le niveau de la mer risque aussi de s'élever avant 2100 d'environ 0.2-0,9 m [6].

Cause des inondations

La nappe est naturellement proche de la surface. En effet, cette région est située dans un ancien réseau dunaire formé de collines et de dépressions sans lien direct avec la mer. Sans intervention humaine, la nappe forme des lacs dans ces dépressions.

En 1950, la ville de Dakar a commencé à pomper cette nappe pour l’eau potable avec un débit moyen de 17 000 m3/j. Ceci a induit un abaissement de la nappe. Comme cette nappe est en contact avec la mer, cette baisse de niveau a créé un risque d'intrusion d'eau de mer dans l'eau non-salée de la nappe. Comme ce risque devenait majeur, l'exploitation de la nappe a été stoppée entre 1959-1961 [5].

En 1961, le pompage reprend. Il est toutefois réduit à environ 10 000 m3/j pour protéger la nappe des intrusions d'eau salée [5]. Ce pompage durera jusqu'en 1988. Il s'ajoute à une baisse des précipitations depuis la fin des années 1960 [7]. Il aura donc comme conséquence de baisser le niveau de la nappe et ainsi que d'assécher des terrains naturellement inondés.

Dans les années 1970, Dakar était soumis à un important exode rural partiellement dû à la sécheresse et à une urbanisation importante due à son nouveau statut de capitale [6]. Les terrains asséchés par la baisse de la nappe ont donc été très rapidement utilisés pour construire des nouvelles habitations. Ce secteur correspond à la ville de Pikine où environ 900 000 personnes vivent actuellement.

Dans ces quartiers, en partie irréguliers, l’assainissement était et reste peu étendu et peu efficace. Les latrines sont principalement reliées à des fosses septiques qui ne sont pas adaptées à la situation hydrologique. En effet, les eaux usées des fosses septiques se déversent directement dans la nappe qui se trouve proche de la surface même quand la nappe est pompée. L’urbanisation de la zone a donc coïncidé avec une augmentation importante du taux de nitrate dans l’eau. Dans les puits de Thiaroye, par exemple, la concentration de nitrate est passée de 5-40 mg/l en 1970 à 400-450 mg/l en 1997 [8].

La limite admissible pour l'eau potable étant de 50 mg/l [9] , l'eau de la nappe de Thiaroye est devenue impropre à la consommation si on ne la dilue pas. Ceci a induit une baisse des pompages de la nappe (environ 5 000 m3/j en 2004 [5] ).

En parallèle, la ville de Dakar a commencé à importer de l'eau du lac de Guiers pour satisfaire ses besoins en eau potable [10]. Une partie de cette eau est utilisée à Pikine et se rajoute à la recharge naturelle de cette nappe. De plus, les pluies ont été relativement importantes (mais pas exceptionnelles) à la fin des années 2000, notamment en 2005 et 2009.

Ces trois facteurs (baisse des pompages, augmentation de la recharge et de la précipitation) ont fait remonter le niveau de la nappe d'environ 15 cm par année[11]. Cette remontée de la nappe est une catastrophe pour les habitants de la région de Pikine car elle induit un risque élevé d'inondation. Le manque de drainage et la topographie de la région en forme de cuvette aggravent le problème. De plus, la proximité de la nappe réduit fortement l’efficacité des fosses septiques qui refoulent très régulièrement.

Plan Jaxaay et inondations

Stratégie de réductions des inondations

Références

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