Nasser Abu Srour
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Nasser Abu Srour, né en 1969, est un écrivain palestinien dont le premier livre parle de son expérience d'emprisonnement en Israël.
Nasser Abu Srour est né en 1969 dans le camp de réfugiés d'Aida, près de Bethléem. Il est le cinquième enfant d'une famille qui en compte huit.
Jeune, il prend part à la première Intifada (1987-1993). Accusé de complicité pour le meurtre d'un officier du renseignement palestinien, il est arrêté et condamné à perpétuité en 1993, à l'âge de 24 ans. Déplacé d'une prison à l'autre, il séjourne notamment à Ashkelon, Nafha (camp du désert du Néguev), Jneid et Beer-Sheva.
En prison, il obtient une licence d'anglais de l'université de Bethléem et un master en sciences politiques de l'université al-Qods.
Il lui faut plusieurs années pour faire sortir clandestinement son « Histoire d’un mur », le titre original de son récit de près de trente années de captivité. Ce livre est publié en arabe à Beyrouth en 2022 et traduit en français en 2025[1].
Un second livre, Sur le lit de l'écriture, publié en 2025 en arabe, propose une réflexion philosophique à propos de l'acte d'écrire dans une prison.
Le , après 32 ans d'incarcération, il est libéré dans le cadre du plan de paix, qui prévoit la libération de 2.000 prisonniers palestiniens en échange de 20 otages israéliens[2].
Nasser Abu Srour témoigne d'une nette dégradation des conditions de détention durant les deux dernières années de son emprisonnement, soit depuis la guerre à Gaza : « tout a disparu : plus de livres, plus de journaux, plus de stylos, plus de papier, plus de télévision. Presque plus de nourriture. [...] Ils nous donnaient juste de quoi nous maintenir en vie, calculaient les rations de calories pour que nous ne mourions pas[3]. »
Réception
Alexandre Najjar, président du jury du prix de la littérature arabe, souligne les « qualités littéraires de ce récit personnel, introspectif et philosophique à travers lequel l'auteur explore sa condition de condamné pour rester vivant et aborde les questions d'identité, de résilience, de religion, de dignité, d'amour et de liberté, tout en entretenant la mémoire collective de son peuple[4] ».
Stéphanie Dujols, traductrice du Je suis ma liberté, souligne que « l'auteur navigue [...] sans carcans entre de longues, denses et profondes réflexions philosophiques, historiques, politiques, existentielles, ou métaphysiques, des passages narratifs vifs et saisissants, souvent poignants, des poèmes[5] ».