Nathalie Delon
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Nathalie Sand
Oujda (Protectorat français au Maroc)
| Nom de naissance | Francine Canovas |
|---|---|
| Surnom |
Nathalie Delon Nathalie Sand |
| Naissance |
Oujda (Protectorat français au Maroc) |
| Nationalité |
|
| Décès |
(à 79 ans) 1er arrondissement de Paris (France) |
| Profession | Actrice, réalisatrice |
Francine Canovas, dite Nathalie Delon, est une actrice et réalisatrice française, née le à Oujda au Maroc et morte le dans le 1er arrondissement de Paris.
Jeunesse et famille
Francine Canovas naît le [1] à Oujda, au Maroc, alors sous protectorat français. Elle est la fille de Louis Canovas (1915-2003), un pied-noir d'Oran (Algérie), mécanicien puis dirigeant d'une entreprise de transport au Maroc, et d'Antoinette Rodriguez une espagnole originaire de Melilla[2]. Son père quitte le foyer alors qu'elle n'a que huit mois. Elle grandit au Maroc, notamment à Casablanca, avec sa sœur aînée Louisette.
À 18 ans, elle épouse Guy Barthélémy, un appelé du contingent originaire du Nord de la France, qui deviendra par la suite fondé de pouvoir de l'Omnium marocain d'assurance. Le couple a une fille, Nathalie. Peu après sa naissance, ils se séparent. Guy Barthélémy obtient le divorce pour adultère ainsi que la garde exclusive de l'enfant[3], interdisant à Francine de la revoir pendant plusieurs années[4].
Rencontre avec Alain Delon et mariage
En 1961, âgée de vingt ans, Francine Canovas, qui utilise alors le pseudonyme Nathalie Sand[3], quitte le Maroc pour Paris, où elle tente sa chance en travaillant brièvement comme modèle et photographe.
En 1962, elle rencontre Alain Delon par l'intermédiaire de son ami Jean Poniatowski, dans une boîte de nuit tenue par Régine. Delon, alors fiancé à Romy Schneider, s'assoit accidentellement sur son sac à main. Bien que cette première interaction soit peu cordiale, une relation débute rapidement entre eux[5].
Le à La Ville-aux-Clercs dans le Loir-et-Cher, en présence seulement du maire et de deux témoins et enceinte de leur fils Anthony, elle épouse l'acteur[6].
Nathalie et Alain Delon embarquent à bord du paquebot France au Havre pour un voyage de noces aux États-Unis. Ils rejoignent Hollywood car Alain Delon a un contrat avec la Metro-Goldwyn-Mayer, mais ce dernier est rompu par la compagnie américaine.
Leur fils Anthony naît en au centre médical Cedars-Sinaï de Los Angeles. La famille vit aux États-Unis pendant une année et rentre ensuite à Paris.
Carrière d'actrice
En 1967, sur l'insistance du réalisateur Jean-Pierre Melville, qui souhaite sa présence dans le film malgré les réticences initiales d'Alain Delon[7], elle devient actrice au cinéma aux côtés de son mari dans Le Samouraï. Elle abandonne alors le pseudonyme Nathalie Sand pour adopter celui de Nathalie Delon[3], sous lequel elle poursuit sa carrière. Elle retrouve Melville deux ans plus tard avec une brève apparition dans L'Armée des ombres (1969).
Le couple se sépare en [8], et le divorce est prononcé le , après quatre ans et demi de mariage[9]. Celui-ci insiste toutefois pour qu'elle conserve le nom Delon, sous lequel elle restera connue du public. Elle poursuit une carrière cinématographique active jusqu'aux années 1980.
Elle joue dans plusieurs films, parmi lesquels La Leçon particulière (1968), La Main (1969), Doucement les basses (1971) avec Alain Delon et Paul Meurisse, Commando pour un homme seul (1971) avec Anthony Hopkins, Barbe Bleue (1972) avec Richard Burton, Le Moine (1972) avec Franco Nero, L'Histoire très bonne et très joyeuse de Colinot Trousse-Chemise (1973) de Nina Companeez, Docteur Justice (1975), ainsi que plusieurs films de série B en Italie. Elle fait un retour à l'écran dans la série Madame le juge avec Simone Signoret.
En plus de sa carrière d'actrice, Nathalie Delon réalise deux films : Ils appellent ça un accident (1982) et Sweet Lies (1988).
Sa dernière apparition au cinéma date de 2009 dans le film Mensch.
Autres activités
En parallèle de sa carrière d'actrice, Nathalie Delon mène une vie relativement retirée et se consacre au ski, à l'équitation, à l'écriture et au yoga, discipline qu'elle pratique depuis les années 1970[3]. Elle publie plusieurs ouvrages, dont Au plus fort de l'orage et Pleure pas, c'est pas grave, et dans le domaine du yoga, elle publie le livre Mon yoga et propose Mon yoga tonique en vidéo/DVD.
Vie privée
Après son divorce d'avec Alain Delon, elle a été la compagne de l'acteur Marc Porel[3]. De 1978 à 1993, elle vit avec le producteur de musique Chris Blackwell, fondateur du label Island Records, principalement à Nassau, aux Bahamas[10],[11], mais également entre les États-Unis et la Jamaïque[3].
Elle a également traversé une période de dépendance à l'héroïne à la fin des années 1970, qu'elle a ensuite surmontée[12].
Dans les années 1990, Nathalie Delon s'installe aux États-Unis, notamment dans l'Utah, à Sundance, où elle acquiert un terrain auprès de l'acteur et réalisateur Robert Redford[3]. Elle retourne régulièrement à Paris, où elle profite de sa vie de grand-mère auprès des filles de son fils Anthony, Loup et Liv[3].
Affaire Marković
En 1968, peu avant sa rupture avec Alain Delon, elle entame une liaison brève avec Stevan Marković, garde du corps et proche collaborateur d'Alain Delon. L'assassinat de Marković déclenche une affaire politico-judiciaire d'envergure. Nathalie Delon est citée dans l'affaire très médiatisée, qui alimente rumeurs et spéculations, mais elle ne donne lieu à aucune suite judiciaire la concernant[13].
Mort
Nathalie Delon meurt le à Paris, à l'âge de 79 ans, des suites d'un cancer du pancréas[14]. Elle avait appris sa maladie en et, consciente de l'irréversibilité de son état, elle avait choisi de ne pas recourir à un acharnement thérapeutique[15].
Ses obsèques ont lieu dans l'intimité le , en l'église de Saint-Germain-des-Prés, à Paris. Son corps est incinéré et ses cendres sont dispersées en Jamaïque, conformément à ses dernières volontés[16].
Filmographie
Actrice
Cinéma
- 1967 : Le Samouraï de Jean-Pierre Melville : Jane Lagrange
- 1968 : La Leçon particulière de Michel Boisrond : Frédérique Dampierre
- 1969 : Les Deux Sœurs (Le sorelle) de Roberto Malenotti : Diana
- 1969 : L'Armée des ombres de Jean-Pierre Melville : une amie de Jean-François (non créditée)
- 1969 : La Main de Henri Glaeser : Sylvie
- 1971 : Commando pour un homme seul d'Étienne Périer : Charlotte Skouras
- 1971 : Doucement les basses de Jacques Deray : Rita
- 1972 : Barbe-Bleue (Bluebeard) d'Edward Dmytryk : Erika
- 1972 : Absences répétées de Guy Gilles : Sophie
- 1972 : Sex-shop de Claude Berri : Jacqueline
- 1972 : Le Moine d'Adonis Kyrou : Mathilde
- 1973 : Profession : Aventuriers de Claude Mulot : Marie Chapuis
- 1973 : L'Histoire très bonne et très joyeuse de Colinot trousse-chemise de Nina Companeez : Bertrade
- 1974 : Vous intéressez-vous à la chose ? de Jacques Baratier : Lise
- 1974 : Hold-up (Hold-Up, instantánea de una corrupción) de Germán Lorente : Judy
- 1975 : Une Anglaise romantique de Joseph Losey : Miranda
- 1975 : Docteur Justice de Christian-Jaque : Karine
- 1976 : Un sussurro nel buio de Marcello Aliprandi : Camilla
- 1976 : Une femme fidèle de Roger Vadim : Flora de Saint-Gilles
- 1977 : Fire in the Water de Peter Whitehead : une petite amie
- 1978 : Les mouettes volent bas (I gabbiani volano basso) de Giorgio Cristallini : Isabelle Michereau
- 1978 : La Quatrième Rencontre (Occhi dalle stelle) de Mario Gariazzo : Monica Stiles
- 1978 : Le Cheval et l'Enfant (Gli ultimi angeli) de Enzo Doria : Elisabetta
- 1978 : Der Mann im Schilf de Manfred Purzer : Loraine
- 1979 : Le Temps des vacances de Claude Vital : Martine
- 1980 : La Bande du Rex de Jean-Henri Meunier : Janine – la patronne du bar « La Javanaise »
- 1982 : Ils appellent ça un accident : Julie Fabre
- 1983 : Pair-impair (court-métrage) de Carole Marquand
- 2008 : Nuit de chien de Werner Schroeter : Risso
- 2009 : Mensch de Steve Suissa : Liliane Hazak
Télévision
- 1965 : Dim Dam Dom (magazine télévisé, ORTF)
- 1967 : Dim Dam Dom (magazine télévisé, ORTF)
- 1968 : Dim Dam Dom (magazine télévisé, ORTF)
- 1978 : Madame le Juge d'Édouard Molinaro : Françoise Muller (épisode « Le Dossier Françoise Muller »)
- 1979 : Efficax (téléfilm) de Philippe Ducrest : Hélène Chapel
- 1979 : Euphorie II (téléfilm) de Philippe Ducrest : Danielle Saura
- 1979 : Histoires de voyous (épisode « L'Inconnue du canal ») de Claude Barma : Irène
Réalisatrice
Scénariste
- 1982 : Ils appellent ça un accident (dialogues / scénario)
- 1988 : Sweet Lies (scénario original)