Neuves Brassines
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Le nom Neuves Brassines dérive du wallon noûvès brèssènes, littéralement « nouvelles brasseries ». Le terme brèssène (du français brasserie) fait référence aux nombreux établissements brassicoles qui jalonnaient autrefois cette portion du territoire, dès le Moyen Âge. C'étaient des brasseries-tavernes, situées à un carrefour stratégique, où l’on brassait la bière et où l’on servait à boire aux passants et transporteurs.
Le site est cité dans de nombreux documents anciens :
- Wilkin des Noeuves Bressines (1347, Gobert, II, 258) ;
- extra portam Ste Walburgis Leodiensis inter crucem illic erectam et Brassinam novam (1367, ibid.) ;
- terre desseur le chaine alle voie d’Ans dessous les neuves bressines (1402, Beaurepart VIII, 31) ;
- un bonier de terre auprès des Neuff Brassines hors Liège, en terroir de Vottem (1426, Gobert II, 259) ;
- terre en lieu condist paseal d’Ans entre Votem et les nouves bressines (1455, Beaurepart IX, 60) ;
- et de nombreuses autres mentions jusqu’au XVIIIe siècle (Vaucher, 1812).
Ces occurrences montrent que les Brassines constituaient un ensemble d’établissements étendus, s’échelonnant à la limite occidentale de Vottem, depuis Filomé jusqu’à Sainte-Walburge.
Histoire
Dès le Moyen Âge, le site des Neuves Brassines fut un centre d’activités brassicoles.


Plusieurs brasseries importantes y étaient implantées, en bordure de la Visé-Voie, axe reliant Visé à Jemeppe en contournant la ville de Liège par le nord. Cet itinéraire, plus direct et plus sûr, permettait aux charretiers et transporteurs d’éviter les contraintes du passage par la grande ville — ses rues étroites et congestionnées, ses nombreux cafés, auberges et autres distractions qui faisaient parfois figure de véritables « pièges » pour les voyageurs. Le site se trouvait également au carrefour avec l’autre route importante au nord de Liège, la Vieille Voie de Tongres. Les brasseries se sont ainsi progressivement implantées à cet endroit stratégique, formant un carrefour commercial majeur au nord de Liège. Le métier des brasseurs liégeois possédait d’ailleurs des biens fonciers sur le territoire de Vottem.
En 1331, c’est « en Brassine, deleis la porte de Saint-Wabeur » que se tint un plaid solennel des échevins de Liège, au cours duquel fut jugé Pierre Andricas et ses complices.
Le hameau des Neuves Brassines fut également le théâtre d’événements militaires marquants :
- En 1468, lors de la destruction de Liège, Louis XI et Charles le Téméraire y établirent leur campement avant l’assaut final contre la Cité.
- Le lieu fut incendié durant ce siège, puis à nouveau brûlé en 1479, lors des luttes entre les familles de La Marck et de Hornes (Gobert 258).
Situation géographique
Aujourd’hui, le quartier des Neuves Brassines correspond à la zone située au croisement de la Visé-Voie et de la Verte-Voie, à la limite sud-ouest de Vottem, non loin de l’échangeur autoroutier (E40/E313).
La partie sud du quartier a été transférée de Vottem à Liège en 1975, en vue d’un éventuel agrandissement du cimetière de Sainte-Walburge (non réalisé). Cela concerne la rue des Tendeurs et la rue des Neufs Journaux, qui constituent aujourd’hui quasiment une exclave de la Ville.
Bien que l’environnement ait été profondément transformé par le développement urbain et routier, le toponyme subsiste dans la mémoire locale et sur certaines cartes. Il rappelle le rôle historique de carrefour entre la vallée de la Meuse et le plateau hesbignon, ainsi que la présence d’activités artisanales et brassicoles aujourd’hui disparues.
À ce carrefour stratégique sont actuellement implantés un magasin Aldi ainsi qu’un centre fermé pour étrangers en séjour illégal et une caserne de la Police fédérale.

