Niccolò Stoppio
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Niccolò Stoppio, né à une date inconnue et mort en 1570, est un diplomate et marchand d'art vénitien d'origine flamande.
Niccolò Stoppio est un marchand d'art qui a travaillé pour le compte d'Albert V de Bavière, participant à la recherche très concurrentielle d'œuvres d'art italiennes et d'antiquités romaines pour enrichir la collection ducale. Certaines sources le donnent comme flamand italianisé et auteur de pièces de musique[1].
Les activités de Niccolò Stoppio, et de son principal rival Jacopo Strada, comme plus tard Philipp Hainhofer, étaient caractéristiques d'un nouveau type d'intermédiaire sur le marché de l'art, parmi ces acteurs dès plus novateurs apparus au cours de la seconde moitié du xvie siècle : des courtisans, agissant comme des diplomates, qui fournissaient à leurs mécènes des nouvelles et des rumeurs sur l'art, des tableaux et des curiosités, des antiquités et les ouvrages les plus récents[2].
La correspondance de Stoppio avec Johann Jacob Fugger, un riche banquier connaisseur d'art, également conseiller d'Albrecht et à qui il a fourni certaines de ses premières acquisitions d'antiquités, a été conservée[3].
Il ne manquait jamais une occasion de dénigrer Strada à propos de ses compétences en matière d'art. En aménageant l'Antiquarium d'Albert à la résidence de Munich, Stoppio fut en grande partie responsable des achats sur le marché vénitien de copies de sculptures romaines et d'œuvres modernes, tandis que Strada, lui, était l'agent par lequel les collections vénitiennes de sculptures romaines passèrent à Albert[4]. Stoppio lui transmettait également des bribes de potins de haut vol[5] :
« Orlando est ici [à Venise], il se porte bien, est heureux et est apprécié de tous ; il partira dans huit jours pour Ferrare avec un recueil de madrigaux qu’il a fait imprimer et dédier à ce duc. Nous verrons quelle sera sa générosité. »
Roland de Lassus et Stoppio étaient en effet en relation : ce dernier écrivit pour lui un poème pour un motet, Gratia sola Dei, inclus dans Le nozze in Baviera, créé à Munich le lors du mariage de Guillaume de Bavière et de Renée de Lorraine[6].
Une lettre du rapporte que lors d’une précédente visite à l’atelier du Titien, alors occupé à peindre le Vénus et Adonis conservé aujourd’hui au Prado, Stoppio avait formulé deux suggestions d’amélioration pour le tableau, que le Titien auraient suivies. Le peintre lui aurait dit à propos du portrait de Stoppio qu'il était en train d'achever : « voici l'un des imbéciles les plus pompeux que j'aie jamais rencontrés »[7].
Stoppio prétendit aussi qu'Emanuel Amberger, élève-apprenti de Titien, mort en 1573, peignit beaucoup de tableaux que son maître transformait en œuvres de sa main : si ces anecdotes sont ici en grandes parties légendaires, elles témoignent de pratiques qui, à cette époque, devaient être courantes[8].
En 1566, Girolamo Ruscelli, lui consacre un emblème dans ses Imprese illustri, con espositioni, et discorsi (« actes illustres... ») relatifs à des Vénitiens exemplaires[9].
La Bibliothèque Ambrosienne de Milan conserve quelques poèmes de Stoppio[10].
Notes et références
Notes
Références
- ↑ (de) Renate Von Busch, Studien zur deutschen Antiken- Sammlungen des 16 Jahrunderts, Tübingen, Wien Kunsthistorisches Museum, 1973, p. 116.
- ↑ (en) Renate Pieper, « Trading with art and curiosities in southern Germany before the Thirty Years' War », in: Markets for Art, 1400-1800, Séville, Université de Séville / Fondación El Monte, 1998, p. 87-92.
- ↑ (de) Bayerisches Haupstaatsarchiv, Kurbayern Äusseres Archiv, Munich.
- ↑ (de) Ellen Weski, Heike Frozier-Heinz, et al., Das Antiquarium der Münchner Residenz: Katalog der Skulpturen, Munich, Hirmer Verlag, 1987.
- ↑ Lettre de Stoppio à Fugger, 25 mai 1567, citée par Giulio M. Ongaro, « Venetian Printed Anthologies of Music in the 1560s and the Role of the Editor », in: Hans Lenneberg, The Dissemination of Music: studies in the history of music publishing, New York, Routledge, 1994, p. 50.
- ↑ [PDF] [https://static.qobuz.com/goodies/24/000139142.pdf Orlande de Lassus, « Le nozze in Baviera ». Music for the 1568 Wedding of Wilhelm of Bavaria and Renate of Lorraine], Ensemble Origo / Naxos, 2021, p. 5.
- ↑ (en) Charles Hope, « Hans Mielich at Titian's Studio », in: Journal of the Warburg and Courtauld Institutes, 1997, no 60, p. 260-261.
- ↑ [PDF] Michel Hochmann, Peintres et commanditaires à Venise (1540-1628), Rome, Publications de l'École Française de Rome, 1992, no 155, p. 87 — sur Persée.
- ↑ Notice œuvre, p. 20-21 — sur Gallica.
- ↑ Paul Oskar, Kristeller Iter Italicum I, Londres et Leyde, 1965, p. 287, 302, 307.