Nicola Vecchi
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Nicola Vecchi, né le 22 août 1883 à Poggio Rusco[1] et mort à une date inconnue, est un journaliste et syndicaliste italien.
D'abord membre du Parti socialiste italien (PSI), il le quitte pour devenir syndicaliste révolutionnaire. Pacifiste pendant la Première Guerre mondiale mais volontaire par la suite, il devint, dans l'après-guerre, secrétaire de l'Unione Sindacale Italiana (USI) et représentant du courant favorable à la Troisième Internationale. Après la dissolution de l'USI en 1925, il se rallia au fascisme, participa à la Guerre d'Ethiopie et adhéra à la République sociale italienne (RSI).
Militantisme syndicaliste révolutionnaire
Après avoir terminé ses études techniques à Modène, sans toutefois obtenir de diplôme, il se consacra très jeune à l'action politique et syndicale. Il adhéra d'abord au Parti socialiste italien (PSI), mais le quitta rapidement, suivant l'exemple de nombreux syndicalistes révolutionnaires. En 1909, il figurait parmi les principaux dirigeants syndicaux de la plaine de Modène et contribua à la fondation de l'hebdomadaire Bandiera rossa à Mirandola. Cependant, le périodique ayant pris une orientation unitaire envers le PSI, il le quitta et, avec Filippo Corridoni, fonda à Modène La Bandiera rossa.
En 1911, il participa activement aux manifestations contre la guerre en Libye et, en 1912, après avoir été condamné à six mois de prison, s'exila aux États-Unis où il collabora avec le journal Proletario de New York. En 1913, il retourna en Italie et reprit son activité syndicale, multipliant les arrestations et les plaintes. Pendant la Semaine rouge de 1914, il s'opposa à l'ordre de suspension de la grève générale émanant de la Confédération générale du travail.
La Première Guerre mondiale
Au déclenchement de la Première Guerre mondiale, il prit clairement position contre l'intervention et, avec Pulvio Zocchi, fonda en février 1915 Coerenza, journal antimilitariste, antipatriotique et pacifiste, qui fut ensuite interdit après l'entrée en guerre de l'Italie. On ignore s'il a par la suite rejoint l'interventionnisme, mais il a participé à la guerre comme sous-officier (il a ensuite affirmé avoir été « volontaire »).
Secrétaire de l'Unione Sindacale Italiana (USI)
Après la fin du conflit, il a pris la direction de la Chambre du travail de Brescia, puis de celle de Vérone (où il est resté plus de trois ans), devenant ainsi l'un des principaux dirigeants de l'Union syndicale italienne (USI).
Après l'arrestation d'Armando Borghi en octobre 1920, suivie de l'emprisonnement d'une bonne partie de la direction de l'USI (dont le secrétaire adjoint Angelo Faggi ), le secrétariat de l'Union syndicale italienne et la rédaction du périodique Guerra di classe furent temporairement confiés à Vecchi lui-même. À ce titre, Vecchi, accompagné de Duilio Mari, se rendit à Moscou pour participer au congrès de l'Internationale syndicale rouge. Les délégués de l'USI y signèrent un accord avec les représentants du Parti communiste italien, par lequel le syndicat s'engageait à collaborer étroitement avec le parti et à rejoindre la CGL afin de l'orienter vers des positions révolutionnaires. De retour en Italie, cet accord provoqua de violentes polémiques et fut désavoué par la majorité anarchiste de l'USI.
Dans la lutte interne qui s'ensuivit, Vecchi devint le principal représentant du courant favorable à la Troisième internationale au sein de l'USI, utilisant largement à cette fin l'organe de la Chambre du Travail de Vérone, L'Internazionale (devenue par la suite L'Internazionale rossa), qu'il dirigeait. Au congrès de Rome de mars 1922, le courant de Vecchi demeura minoritaire. Le 5 août 1922, après l'échec de la grève légale, la Chambre du Travail de Vérone fut violemment occupée par les fascistes qui rendirent impossible la poursuite de toute activité pour Vecchi qui se rendit à Milan où il collabora avec le périodique communiste Il Sindacato rosso.
Adhésion au fascisme
Vecchi participa par la suite au deuxième congrès du Profintern à Moscou, mais, après l'avènement du régime, il se retira de la vie publique en 1924. En 1925, il s’installa avec sa famille à Rho, près de Milan, et se rapprocha du fascisme, collaborant dans les années suivantes avec les syndicats fascistes comme fonctionnaire des organisations corporatives dans les secteurs textile et alimentaire[2]. Ayant adhéré au Parti national fasciste (PNF) en 1927[3], la Questure de Milan pouvait rapporter, dès 1928, « que Vecchi est un fervent fasciste de foi corridonienne, vice-secrétaire du syndicat des ouvriers boulangers des corporations fascistes, nommé par l’honorable Rossoni, et connu et estimé par les principaux représentants de la fédération provinciale ainsi que par le secrétaire des corporations fascistes […] ; que le ministère supérieur, par note n° 20761 du 7 juillet 1927, a ordonné sa radiation du fichier des subversifs »[3].
Non seulement converti au fascisme, mais également informateur rémunéré mais peu apprécié, « Vecchi fait savoir qu’il s’engagerait à fournir des indications concernant le représentant de la Troisième Internationale (Nicola Bombacci) actuellement en Italie afin d’organiser un mouvement antifasciste. Cela à condition que soit acceptée la demande déjà formulée, outre une rémunération adéquate une fois l’opération achevée »[3]. Expulsé des syndicats en 1928 pour des critiques apparentes envers le régime, Vecchi s’installa à Turin puis à la fin de 1931 à Paris[2]. Il vécut dans la capitale avec son fils Eros, récemment converti au fascisme après avoir milité comme communiste, et, en 1933, au Luxembourg, où il gérait une boutique de produits alimentaires[2].
En 1934, il retourna en Italie et, à l’automne 1935, il s’engagea volontairement, comme ses trois fils, dans la guerre d’Éthiopie[2]. Devenu membre de la Milice volontaire pour la sécurité nationale (MVSN), à son retour de la guerre, au printemps 1937, il se consacra par la suite au commerce entre l’Italie et la Hollande. Pendant la République sociale italienne (RSI), il collabora avec Nicola Bombacci à certains projets liés à la socialisation[2].