Nicole Eizner
sociologue française, spécialiste des questions rurales, militante antiraciste (1931-2006)
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Nicole Eizner, née le à Paris[1] et morte le dans la même ville, est une sociologue française, spécialiste des questions rurales[2],[3]. Elle est aussi militante dans plusieurs domaines, notamment la culture juive et l'anticolonialisme.
13e arrondissement de Paris
| Directrice de recherche au CNRS |
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| Naissance | |
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| Décès |
(à 74 ans) 13e arrondissement de Paris |
| Nom de naissance |
Nicole Rosine Eizner |
| Nationalité | |
| Activité |
| Distinction |
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Biographie
Issue d'une famille juive, Nicole Eizner grandit à Paris, rue de Tournelles. Son père, Itzek Maïer Eizner, né le à Praszka en Pologne[4] est un Hazzan, ministre officiant de la synagogue de la rue des Tournelles[5]. Sa mère, Dora Eizner (née Lubtchansky) est née le à Paris. Elle est mère au foyer, issue d'une famille aisée d’industrielle. Ses grands-parents, originaires de Russie et de Pologne, immigrent en France à la fin du 19e siècle[1].
Enfance durant la seconde guerre mondiale
En , alors qu'elle est au collège, ses parents sont arrêtés et amenés à Drancy avant d'être déportés à Auschwitz, par le Convoi No. 61, en date du [4], d'où ils ne reviendront pas[6]. Leur dernière adresse est au 76 rue Georges Clemenceau à Cannes[4]. Elle se retrouve ainsi orpheline.
Elle quitte alors Cannes pour Figeac où elle restera jusqu'à la Libération sous le nom de Nicole Esnault[3]. A la libération, elle rejoint ses grands-parents à Paris où elle finit ses études secondaires. Elle étudie par la suite la sociologie et la psychologie tout en côtoyant les milieux intellectuels de Saint-Germain-des-Prés[2].
Sociologie et recherche
Après avoir travaillé 10 ans dans le secteur privé, elle rejoint le CNRS où elle devient membre du Groupe de Sociologie Rurale, implanté à l'université de Nanterre, dirigé par Marcel Jollivet. Elle y analyse le monde rural sous le prisme des rapports sociaux, notamment de classe. Elle participe notamment à la rédaction d'une série d'ouvrages, nommée Collectivités rurales françaises, qui regroupe le travail de recherche collectif réalisé par le Groupe de Sociologie Rurale du CNRS dans les années 60[7].
Elle est nommée directrice de recherches au CNRS[8].
Elle est membre du Gerdal (Groupe d’expérimentation et de recherche Développement et Actions localisées) et préside l’Agence nationale de création rurale, une association rurale présentant des créations d'art moderne[9],[10].
Au croisement de l'anthropologie et de la sociologie, elle devient membre d'un groupe de recherche européen sur l'environnement dans les années 1980-90. Elle y travaille notamment la perception des représentations sociales de l'environnement entre trois pays : l’Italie, la France et l’Allemagne[11].
Elle termine sa carrière au LADYSS (Laboratoire dynamiques sociales et recompositions des espaces)[2].
En 1992, elle est nommée Chevalier de la Légion d'honneur, en qualité de directrice de recherche au CNRS[12].
Militantisme et engagement
Dès 1977, elle organise des Journées de la Culture Yiddish qui se tiennent au centre Pompidou[13].
Elle publie plusieurs articles dans la revue Plurielles, revue "culturelle et politique pour un judaïsme humaniste et laïque"[14],[15].
Elle milite avec Pierre Vidal-Naquet contre le colonialisme et la guerre d’Algérie[3]. Elle est aussi membre du «comité des intellectuels pour une solution au conflit israélo-palestinien» avec Richard Marienstras, Pierre Vidal-Naquet, Claude Lanzmann, Isio Rosenmann, Léon Poliakov, Olivier Revault d'Allonnes, Philippe Lazar[16].
Publications
Livres
- Anciens paysans, nouveaux ouvriers, Harmattan,
- Marcel Jollivet, Nicole Eizner [dir.], L'Europe et ses campagnes, Paris, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, , 399 p.
- Association des ruralistes français, Nicole Eizner, Voyage en alimentation, ARF, (ISBN 978-2905440068)
- Les Paradoxes de l'agriculture française : essai d'analyse à partir des États généraux du développement agricole : avril 1982-février 1983, Harmattan,
- L'Imaginaire de la chasse : hier et demain, Atelier CRC France,
Articles
- Rita Cordonnier et Nicole Eizner, « Entretien avec Nicole Eizner », Journal des anthropologues, , p.61-68
- « L'idéologie paysanne », L'univers politique des paysans dans la France contemporaine, , p. 317-334
- « L’écologisme : Une mise au point nécessaire. À propos du “nouvel ordre écologique” de Luc Ferry. », Natures Sciences Sociétés, , p. 251-252
- « Réflexions nomades sur la forêt et le développement durable », Revue Forestière Française,
- « Le changement professionnel et social . Recherche sur les aspects sociologiques et psychologiques du passage de l ' agriculture à une autre activité de la campagne à la ville », Centre d'Études sociologiques,
- « Nouveaux ouvriers, nouvelles formes de lutte. », Raison présente, , p. 27-34
- « Les femmes en élevage et le beau », Société d'ethnozootechnie,
- Nicole Mathieu, Nicole Eizner, Pierre Lenormand, Jeanine Cohen, Marie-France Épagneul et Jacques Perret, « Quelles dynamiques de l'emploi en milieu rural : peut-on oser l'expression de « vitalité cachée » ? », Strates, [10]
Bibliographie
- Serge Klarsfeld. Le Mémorial de la déportation des Juifs de France. Beate et Serge Klarsfeld: Paris, 1978. Nouvelle édition, mise à jour, avec une liste alphabétique des noms.FFDJF (Fils et Filles des Déportés Juifs de France), 2012.