Niffer

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Niffer
Niffer
La mairie.
Blason de Niffer
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Collectivité territoriale Collectivité européenne d'Alsace
Circonscription départementale Haut-Rhin
Arrondissement Mulhouse
Intercommunalité Mulhouse Alsace Agglomération
Maire
Mandat
Véronique Meyer
2020-2026
Code postal 68680
Code commune 68238
Démographie
Gentilé Nifférois, Nifféroises
Population
municipale
985 hab. (2023 en évolution de +4,12 % par rapport à 2017)
Densité 113 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 42′ 53″ nord, 7° 30′ 37″ est
Altitude Min. 222 m
Max. 245 m
Superficie 8,72 km2
Type Bourg rural
Unité urbaine Hors unité urbaine
Aire d'attraction Bale - Saint-Louis (partie française)
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Rixheim
Législatives Sixième circonscription
Localisation
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Niffer
Liens
Site web intramuros.org/niffer

Niffer [nifɛʁ] Écouter est une commune française de la région mulhousienne, située dans la circonscription administrative du Haut-Rhin et, depuis le , dans le territoire de la Collectivité européenne d'Alsace, en région Grand Est.

Cette commune se trouve dans la région historique et culturelle d'Alsace.

Ses habitants sont appelés les Nifférois et les Nifféroises.

Localisation

Le Pays de la région mulhousienne regroupe des communes issues de trois régions naturelles alsaciennes : l'Ochsenfeld, le nord Sundgau et la Hardt. Niffer est majoritairement située sur cette dernière.

Hydrographie

Réseau hydrographique

La commune est dans le bassin versant du Rhin au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par le Grand canal d'Alsace, le Rhin et le canal de Neuf-Brisach[1],[Carte 1].

Le Grand canal d'Alsace, d'une longueur de 93 km, prend sa source dans la commune de Schœnau et se jette dans le Rhin à Erstein, après avoir traversé 31 communes[2].

Le Rhin est long de 1 233 km et se déversant dans la mer du Nord. Il est une voie navigable très fréquentée. Il traverse la Suisse, l'Autriche, l'Allemagne et les Pays-Bas et marque la frontière entre l'Allemagne et la France[3].

Le canal de Neuf-Brisach, d'une longueur de 35 km, (chenal non navigable) relie la commune de Biesheim à Kunheim, où il se jette dans le canal du Rhône au Rhin[4].

Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune
Réseau hydrographique de Niffer[Note 1].

Gestion et qualité des eaux

Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Ill Nappe Rhin ». Ce document de planification concerne la nappe phréatique rhénane, les cours d'eau de la plaine d'Alsace et du piémont oriental du Sundgau, les canaux situés entre l'Ill et le Rhin et les zones humides de la plaine d'Alsace. Le périmètre s’étend sur 3 596 km2. Il a été approuvé le . La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est la région Grand Est[5].

La qualité des cours d’eau peut être consultée sur un site dédié géré par les agences de l’eau et l’Agence française pour la biodiversité[Carte 2].

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[6]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[7]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental[8] et est dans la région climatique Alsace, caractérisée par une pluviométrie faible, particulièrement en automne et en hiver, un été chaud et bien ensoleillé, une humidité de l’air basse au printemps et en été, des vents faibles et des brouillards fréquents en automne (25 à 30 jours)[9]. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[10],[11].

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 10,3 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 17,9 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 667 mm, avec 7,9 jours de précipitations en janvier et 9,5 jours en juillet[6]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Mulhouse à 13 km à vol d'oiseau[12], est de 11,1 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 747,6 mm[13],[14]. La température maximale relevée sur cette station est de 39,4 °C, atteinte le  ; la température minimale est de −21,5 °C, atteinte le [Note 2].

Urbanisme

Typologie

Au , Niffer est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[15]. Elle est située hors unité urbaine[16]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Bâle - Saint-Louis (partie française), dont elle est une commune de la couronne[Note 3],[16]. Cette aire, qui regroupe 94 communes, est catégorisée dans les aires de 200 000 à moins de 700 000 habitants[17],[18].

Occupation des sols

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (62,3 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (63,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (62,3 %), terres arables (28,7 %), eaux continentales[Note 4] (4,8 %), zones urbanisées (4,3 %)[19].

L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 3].

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie

Histoire

Histoire de l'église au XVIIIe siècle

Le , la communauté de Niffer, sous la signature de Jakob Heitz, écrit à Monseigneur le Prince-Évêque de Bâle à Porrentruy, afin de demander un vicaire résident pour desservir leur église.

À plusieurs reprises, les Nifférois avaient soulevé cette requête auprès du curé de Kembs, J. Léonard Unzeitig, chargé des deux églises de Kembs et Niffer.

L'église de Niffer était depuis longtemps une filiale de l'église-mère de Kembs, mais les fidèles de Niffer prétendaient que leur église avait été une église-mère, ce que réfutait le curé Unzeitig.

Le caractère essentiel des églises paroissiales était d'avoir le privilège de baptiser et d'ensevelir en terre bénie. Les Nifférois prétendaient qu'il y avait eu, autrefois, un curé établi dans le village de Niffer qui y aurait baptisé et enterré. De ce fait, leur église serait bien une église-mère à l'égale de celle de Kembs. Voici les termes de leur lettre :

« ...il est hors de douttes qu'il nÿ aÿt Eüt autrefois et dans Son Commencement un Curé d'Etablit dans le village de Niffre, En ce quil ÿ a une Église Principale pour le village qui est Construitte depuis tout temps, C’est-à-dire depuis la Construction du Village, Entourré d'un Cimetiere assé considerable garnie de Muraille, et dans lequel il ÿ a même un Charnier, ou maisonnette pour ÿ mettre les os des trepassés, et ou il s'ÿ trouve Encore le Baptistair, ce qui fait une preuve indubitable que les ancestres des Supliants estoint administrés des Saints Sacrements par les Curés qui deservoints autre fois cette même église enquallité de leurs propres Curés comme une Cure particulière et séparé de celle de Kembs, mais comme sans doute lors de ces anciens temps il se sera trouvé que cette même Cure Seule nestoit pas Suffisante pour la Subsistance et l'Entretient d'un prêtre, et que dailleurs il n'ÿ avait pas beaucoup de peuple, le Village nestant composé que de Sept ou huit ménages, elle a en effet estée joingte et Réunie à la Cure de Kembs pour estre desservie par le même Curé... ».

Les gens de Niffer avaient trouvé près de leur église, un bloc de pierre taillé en forme de cuvette qu'ils avaient pris pour une pierre de fonts baptismaux. Ils avaient également découvert près de cette pierre des ossements ce qui était à leurs yeux la preuve que l'église de Niffer était bien une église-mère à l'égale de celle de Kembs.

À l'appui de leur requête, la communauté de Niffer avance le fait que, pour des raisons d'éloignement du curé, plusieurs personnes seraient mortes sans avoir reçu les saints sacrements et qu'ils étaient obligés, par tout temps, de faire porter leurs enfants à Kembs pour les y faire baptiser, avec tous les risques que cela comporte pour les nouveau-nés. Ils se plaignent également du manque d'instruction religieuse de leurs jeunes, le curé étant trop absorbé par une cure trop importante. Enfin, ils pensent que le revenu du curé Unzeitig est trop considérable, et que celui-ci pourrait largement payer un vicaire résident à Niffer.

Le curé Unzeitig avait réagi violemment. Selon ses propres dires dans une lettre à l'évêque : « il les buta d'une manière des plus extraordinaires et emportée, disant que c'est le diable et Lucifer même qui les inspiraient, et qu'il aimerait mieux que les deux villages fissent naufrage dans le Rhin... ».

La requête de la communauté de Niffer est rejetée par le décret de l'Official de Bâle en date du . En 1731, le curé Antoine Christophe Goetzmann succède au curé Unzeitig : il eut une fin tragique en se tranchant accidentellement la gorge avec un rasoir.

Le curé Goetzmann était le frère du Bailli de Landser, des curés de Magstatt-le-Bas et de Zimmersheim, et était issu d'une famille de notables habitant la belle maison de Landser appelée encore aujourd'hui la maison du Bailli.

Dans les années qui suivirent, de 1732 à 1736 lors de la guerre de succession de Pologne, il y eut des alarmes sur le front du Rhin. Le Bailli de Landser, frère du nouveau curé de Kembs, mit ses milices rurales en alerte, demandant le aux préposés des communes de son bailliage, « de tenir à sa disposition des gars courageux, capables le cas échéant de tenir une arme ». Il en avait déjà envoyé monter la garde sur le Rhin, et le maréchal de Coigny avait, avec ses hommes, repoussé plusieurs tentatives de franchissement du Rhin à Niffer.

Pendant ces événements, les habitants de Niffer n'avaient pas abandonné leurs espoirs de voir l'installation d'un vicaire résident dans leur village. Le curé Goetzmann se trouva, comme son prédécesseur, confronté à la volonté d'indépendance de la communauté.

Dans un premier temps, le curé réussit à faire débouter les habitants de Niffer par un décret de l'Official de l’Évêché de Bâle en date du .

Trois arguments avaient fait pencher la balance de la justice épiscopale en sa faveur. Il avait avancé qu'il n'était pas vrai que l'église de Niffer ait été mère-église : avant la Réforme du XVIe siècle, Kembs et Niffer étaient desservis par un curé d'outre-Rhin, celui de Blansingen, Pays de Bade. La pierre trouvée sous les ossements était un bénitier, et non pas une pierre de fonts baptismaux. Et le cimetière n'avait, en réalité, existé que parce que l'on y avait enterré les morts de Kembs du temps où des troupes avaient campé sur le cimetière de Kembs. Quant à l'argumentation de l'éloignement des deux églises, le curé Goetzmann opposa qu'il était maintenant aisé de se rendre d'un village à l'autre en une petite demi-heure, puisque le chemin royal les reliant avait été aménagé.

Il estima également que le nombre d'âmes qu'il avait en charge n'était pas trop élevé à Niffer. Il n'y avait que 42 maisons, se répartissant en trente familles, le reste étant habité par des veuves, et la communauté n'avait pas augmenté ces derniers temps. Il reconnaissait percevoir la moitié de la grosse dîme en grains, mais contestait le montant de plus de deux mille livres qu'avançaient ses adversaires. Il faisait remarquer qu'en plus, « la petite dîme qui représente bon an mal an, une ou deux petite voiture de foin, m'est disputée et son montant de sept à huit cent livres est également exagéré ». De plus, il estimait que « les habitants de Niffer sont de paresseux et médiocres chrétiens, de qui l'esprit possessif s'est emparé puisqu'ils n'ignorent pas les noms des collateurs et décimateurs à la charge desquels ils croient qu'incomberaient la construction d'une maison curiale. Ils ne cherchent qu'à se procurer une certaine commodité pour augmenter leur insolence aux dépens de leur pasteur ».

En 1738, la communauté nifféroise fait appel des décrets par lesquels elle estime avoir été mal jugée. Le curé Pierre Joseph Bourquin de Clerval sur le Doubs fut commis par Claude Emmanuel de Crey, chanoine de l'Illustre Chapitre de l'Église de Besançon, l'un des jurés synodaux député par le Saint-Siège, pour procéder à une visite qui devait permettre de déterminer l'exactitude des dires des Nifférois : « il serait dressé procès-verbal, parties présentes, de l'état de l'église de Niffer, tabernacle, baptistère, cimetière, clocher et autres marques que les-dites parties prétendraient pouvoir servir à prouver que la dite église est une mère-église ou filiale... ».

La paroisse de Niffer érigée en vicariat perpétuel

La ténacité des habitants de Niffer a porté ses fruits : le , ils obtiennent le vicariat perpétuel pour leur paroisse et le curé Antoine Christophe Goetzmann est condamné à constituer un vicaire pour desservir la filiale de Niffer.

Celui-ci ayant, au gré des fidèles de Niffer, négligé de le faire rapidement, la communauté présente François Joseph Moeglin. Il est approuvé par le vicaire général et installé le . Afin de pouvoir payer leur vicaire, les Nifférois ont, selon les propres dires du curé Goetzmann, enlevés « par force et violence » les revenus de celui-ci à Niffer. Il intervint auprès de l'évêché afin que soit pris un décret, fixant le revenu du desservant de Niffer à cent cinquante livres, selon une déclaration du Roi du , et que les revenus de Niffer lui soient rendus, à charge pour lui de régler ce montant au vicaire de Niffer.

Dès le , le curé Goetzmann de Zimmersheim, frère de celui de Kembs, s'indigne auprès de l'Official de Besançon. Il invoque le fait que les habitants de Niffer ne remplissent pas les conditions du jugement, notamment en ce qui concerne le logement indécent et indigne du vicaire : il était logé au cabaret du village.

Un an après, en 1741, le vicaire de Niffer sera remplacé par Dominique Muller de Wittersdorf, et, en 1747, le curé Goetzmann de Kembs sera remplacé par le curé Gervais Prothais Munsch de Rouffach, assez singulier personnage qui finira par faire des miracles, nous le verrons plus loin. Il avait obtenu de l’Évêque le pouvoir d'absoudre l'hérésie et les cas réservés, vu la présence à Kembs de soldats et autres gardes du Rhin, ainsi qu'à cause du voisinage des Luthériens et d'étrangers.

Le , le curé Munsch se plaint à son supérieur : le vicaire Muller de Niffer ne s'acquitte pas de ses devoirs vis-à-vis de la communauté et « il préfère rester dans sa maison avec ses deux servantes dont l'une a très mauvaise réputation dans le village et de mauvaises manières ».

Le prévôt Johannes Heitz et les bourgeois de Niffer demandent au curé Munsch d'écrire à son Altesse l'Evêque de Bâle à Porrentruy afin de l'informer que leur vicaire ne reçoit jamais en confession, qu'il a supprimé les processions du dimanche, qu'il ne fait jamais de processions sur le cimetière le samedi soir, comme cela était la coutume autrefois, et que les rares messes qu'il célèbre sont si tardives que les paysans qui rentrent des champs ne peuvent pas y assister car ils dînent à cette heure-là.

Le , le curé écrit son désarroi, d'une part à cause du comportement de son vicaire de Niffer, et d'autre part, à cause du fait que la maison curiale de Kembs étant inlogeable et n'ayant pas trouvé d'autre asile à Kembs, il soit dans l'obligation de loger dans un cabaret. Le 1er juillet de la même année, il demande le remplacement du vicaire Muller par un vicaire « avec lequel il pourra travailler de concert dans les vignes du Seigneur », mais il ne sera pas entendu.

Le , un accord amiable est passé entre les deux ecclésiastiques, Muller promettant de s'améliorer et Munsch promettant de lui verser la moitié de toutes ses Dîmes et revenus à Niffer, soit plus que ce que demandait l'avocat de Muller.

Alexandre Martin Tobie Bernauer de Colmar deviendra, en 1749, le vicaire de la paroisse de Niffer jusqu'à la fin de l'année ; il sera remplacé par François Antoine Mattez de Landser. En 1750, il sera lui-même remplacé par Jean Bernard Moll d'Eschentzwiller.

Le , le curé Munsch de Kembs écrit une nouvelle fois à son altesse l’évêque de Bâle, afin de l'informer que les curés des paroisses voisines l'avaient réprimandé en se gaussant de lui car il prétendait avoir fait des miracles, notamment sur des habitants de Niffer qu'il voulait amener à une véritable dévotion :

« Dieu semblait me suggérer le moyen par plusieurs miracles qu'il venait d'opérer depuis peu par l'intercession de Saint François Xavier invoqué par une Neuvaine. Comme je l'avais conseillé à plusieurs personnes dans toutes sortes de Niferes qui ont tous obtenus l'effet de leur demande, les uns le premier jour les autres au milieu, les autres à la fin de la neuvaine. Des pauvres malades des hydropiques désespérés administrés de tous les sacrements sans employer aucun remède humain qui se trouvaient à l'extrémité, ayant commencé la dite neuvaine sentirent aussitôt le secours du Ciel et allant tous les jours mieux se trouvèrent à la fin de la Neuvaine parfaitement guéris, des paralitiques invertérés de même parfaitement guéris avec l'étonnement de tout le monde... »

Le , le directeur des revenus ecclésiastiques, Stehelin, attire l'attention de l’évêque sur le fait que le curé Munsch et le vicaire Jean Bernard Moll de Niffer cherchent à s'approprier, par tous les moyens, la plus grande partie de la dîme. Effectivement, Munsch s'était approprié, pendant deux ans, la dîme sur les pois, lentilles et chanvre ainsi que, pendant une année, celle sur les fruits.

En 1754, le curé Munsch permutera de paroisse avec François Guillaume Foltzer de Porrentruy qui avait en charge Rumersheim.

La Révolution met en place, le , la Constitution civile du Clergé, contre laquelle la réaction du clergé est extrêmement vive en Alsace. Jean Georges Brunner de Magstatt-le-Haut, qui a remplacé le vicaire Moll à Niffer en 1759, est l'un des rares prêtres alsaciens à prêter serment. Il jure de se soumettre à la législation révolutionnaire qui vise à un relâchement des liens avec Rome et à la formation d'une Église nationale. La majeure partie du clergé alsacien refuse de se soumettre, et beaucoup de prêtres se réfugient en Suisse et en Allemagne, d'autres sont arrêtés voire exécutés, d'autres encore continuent à exercer leur ministère dans la clandestinité.

Paroisse indépendante du doyenneté de Habsheim de 1803 à 1808, Niffer redevient filiale de Kembs jusqu'en 1820, pour recouvrir son indépendance par la suite.

Une enquête de l'An XII (1804), mentionne l'autel principal de Saint-Ulric et les autels latéraux de la vierge et de Saint Sébastien. Elle rappelle également les processions qui s'effectuaient autour du ban, notamment celle du vers Kembs, ainsi que celles des rogations, processions priantes destinées à attirer la bénédiction sur les biens de la terre, vers Habsheim et Kembs, et qui se déroulaient le matin des lundi, mardi et mercredi précédant l'Ascension.

Une ancienne famille de Niffer : les Heitz

Dans l'histoire du village, les Heitz semblent avoir joué un grand rôle à travers les siècles.

En 1508, Meinrad Heitz est l'administrateur laïc de l'église de Niffer comme l'atteste l'inscription gravée sur le linteau de la porte de la sacristie de l'église actuelle : « Meinrat Hizzi, der Kirchenpfleger zuo sant Ulrich ». Il est probable que le nom Hizzi soit une ancienne forme de Heitz.

En 1618, on trouve également l'orthographe de Heitz dans les archives concernant Polloronus Heitz, Schultheiss de Niffer et son épouse Chrischon accusée de sorcellerie. Après la guerre de Trente Ans en 1665, Lorentz Heitz occupe cette fonction seigneuriale avant de céder la place à Hans Georg Heitz qui ira se réfugier à Bâle en 1676 lors de la guerre de Hollande.

Le premier Heitz dont on a une trace écrite est probablement Heinzi Vogeler, originaire de Petit-Landau, qui vend vers 1336 un revenu en grains. Ce Heinzi pourrait être l'ancêtre des Heitz de notre région rhénane, mais aucun document n'appuie cette thèse.

Rappelons que le christianisme avait détruit les noms de famille et les gentilices romains, qui avaient supplanté eux-mêmes les noms autochtones. Pendant l'époque franque, il n'y a plus de noms de famille, mais seulement des noms de baptême: nom individuel, qui change d'une génération à l'autre, et qui, peu à peu, s'accompagne d'un surnom. C'est seulement à partir du XIIIe siècle que le nom de baptême - souvent sous une forme altérée - le nom de métier ou le surnom - nom de la terre, nom relatif à une particularité, sobriquet - tendent à devenir héréditaires: nom de baptême donné de père en fils, profession héréditaire, surnom qui passe aux descendants.

Le patronyme de Heitz semblerait dans la région rhénane avoir été transmis par le gardien de porcs (Heitz) plutôt que par le prénom Heinrich; effectivement, un grand nombre de porcheries a toujours été répertorié à Niffer.

En 1766, Jean Heitz, laboureur âgé de 21 ans, Joseph Heitz, tonnelier de 28 ans et Jacques Heitz, laboureur de 20 ans, participent au tirage au sort pour entrer dans la milice provinciale. Entre 1800 et 1890, sur les 307 mariages célébrés à Niffer, pas moins de 91 Heitz sont concernés en tant qu'époux ou épouse. Les témoins de tous ces mariages dénommés Heitz y sont encore bien plus nombreux.

En 1817, un dénommé Joseph Heitz, journalier de son état, émigre aux États-Unis en même temps que Geng Anne-Marie et de sept autres personnes originaires de Niffer.

Autres patronymes courants de Niffer

Au XVIIe siècle, on trouve souvent le nom de Henner (Haener), notamment en 1689, en commençant par Jérémie Henner, Schultheiss dont le blason figure dans l'armorial de Louis XIV, tandis que Germain Haener et son fils Germain, ainsi qu'Ulrich Haener étaient quant à eux réfugiés à Bâle en 1676.

En 1717, le meunier de Niffer, Charles Hassler marie sa fille à Jean-Baptiste Schirmer, qui sera maire de Kembs de 1715 jusqu'à son décès en 1736.

Les personnes suivantes, originaires de Niffer, étaient toutes réfugiées à Bâle en 1676 lors de la guerre de Hollande, principalement dans le quartier Sant Johann : Hartmann Wagner, Bart Ransweiler, Hans Muller, la veuve de Zacharius Walter, Melchior Cronenberger, Urs Muller et Andres Meyer.

D'autres patronymes sont rencontrés dans divers documents datant des XVIIe au XIXe siècles : Ast, Schirmer, Billig, Escher, Frisch, Staub, Vetter, Boeglin, Erny, Bingler, Musslin, Geiger, Karm Litzler, Ripstein, Blenner, Kessler et Hosly.

La plupart de ces noms se rencontrent sous différentes orthographes selon l'époque et le scribe[20].

Politique et administration

Découpage territorial

La commune de Niffer est membre de l'intercommunalité Mulhouse Alsace Agglomération[21], un établissement public de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre créé le dont le siège est à Mulhouse. Ce dernier est par ailleurs membre d'autres groupements intercommunaux[22].

Sur le plan administratif, elle est rattachée à l'arrondissement de Mulhouse, à la circonscription administrative de l'État du Haut-Rhin, en tant que circonscription administrative de l'État, et à la région Grand Est[21].

Sur le plan électoral, elle dépendait jusqu'en 2020 du canton de Rixheim pour l'élection des conseillers départementaux au sein du conseil départemental du Haut-Rhin. Depuis le , elle dépend du même canton pour l'élection des conseillers d'Alsace au sein de la collectivité européenne d'Alsace[23].

Liste des maires

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1945 mars 1971 Victor Heitz    
mars 1971 juin 1995 Aimé Syren (1928-2024) SE  
juin 1995 mai 2020 Jean-Luc Vonfelt SE Avocat
mai 2020 en cours Véronique Meyer[24]    

Équipements et services publics

Population et société

Démographie

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[25]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[26].

En 2023, la commune comptait 985 habitants[Note 5], en évolution de +4,12 % par rapport à 2017 (Haut-Rhin : +0,88 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
324343323380459419454468486
1856 1861 1866 1871 1875 1880 1885 1890 1895
463465375401388408359324310
1900 1905 1910 1921 1926 1931 1936 1946 1954
281259263281242244229182217
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2013
225307402575614657866926970
2018 2023 - - - - - - -
940985-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[27] puis Insee à partir de 2006[28].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie

Culture locale et patrimoine

Annexes

Notes et références

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