Niger (cheval)

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Espèce
Cheval, Equus caballus (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Couleur
Sexe
Date de naissance
Niger
Niger dans le Sport universel illustré
Informations
Espèce
Cheval, Equus caballus (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Couleur
Sexe
Date de naissance
Lieu de naissance
Date de la mort
Taille
1,53 mVoir et modifier les données sur Wikidata
Père
Mère
Miss Bell (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Valencourt
Bécassine (d)
Formosa (d)
Finance (d)
Hébé III (d)
Gréviste (d)
Fleur de mai (d)
Mandragore (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Niger (né en 1869 au haras des Rouges-Terres, chez Constant Forcinal) est un cheval trotteur à l'origine d'une lignée de la race du Trotteur français, désormais éteinte. Fils de The Norfolk Phœnomenon, il est par lui un petit-fils ou arrière-petit-fils de l'étalon anglais The Norfolk Phenomenon. Sa mère, Miss Bell, est une jument demi-sang d'origine anglaise ou américaine, réputée pour avoir servi Napoléon III.

Fortement marqué par l'influence du Trotteur Norfolk, Niger, petit étalon noir au corps musclé et arrondi, est décrit comme d'apparence commune, avec une grosse tête busquée. Il lègue ses allures brillantes à ses descendants, en particulier au trot, mais aussi une affection respiratoire héréditaire, le cornage. À ce titre, bien qu'il soit reconnu comme l'un des chefs de race du Trotteur français, Niger devient un étalon controversé. Sa lignée mâle disparaît au début du XXe siècle, mais Niger reste l'ancêtre des étalons Narquois et Juvigny, dans les lignées maternelles.

Photo noir et blanc de présentation d'un cheval par un homme.
Niger, présenté en main au Haras national du Pin.

Niger naît en 1869[1] à l'élevage de Constant Forcinal, le fameux haras des Rouges-Terres situé à Saint-Léonard-des-Parcs, dans l'Orne[2]. Ce dernier a récupéré le vieil étalon The Norfolk Phœnomenon, que l'administration des Haras nationaux voulait faire abattre du fait de son grand âge[3], soit 22, 23[4] ou 24 ans[3]. Niger est l'un des derniers descendants de cet étalon[4]. Sa mère, Miss Bell, d'origine inconnue mais vraisemblablement anglaise ou américaine, était probablement elle aussi âgée lors du poulinage[5]. Son histoire veut qu'elle provienne des écuries personnelles de Napoléon III, où elle aurait été affectée à la traction du phaéton impérial[4].

Niger reçoit son nom en raison de sa couleur de robe noire[4]. Il commence la compétition en trot monté en 1872, âgé de trois ans, sous les couleurs de son naisseur[6]. Son plus grand rival est l'étalon Normand[6]. Le , il termine 3e de la première épreuve d'étalons en trot monté à Caen, sur 4 000 mètres, en 7 min 22 s, derrière Normand et Mont-Joie[7]. Il est de nouveau battu par Normand le , lors du Prix international sur 4 000 mètres, toujours à Caen : la course est menée par Mont-Joie jusqu'à 300 mètres de l'arrivée, Niger et Normand finissant par le dépasser, avec une avance de deux secondes de Normand, en 7 min 5 s[7].

Niger prend sa revanche sur Normand lors de la première course de l'épreuve d'étalons du Haras du Pin, le , en 7 min 36 s[6],[7]. Il est battu par Mont-Joie lors de la troisième course, le même jour, en 7 min 26 s contre 7 min 3 s[7].

En 1873, Niger figure en seconde place du tableau des meilleures vitesses sur 4 000 mètres et plus, en 6 min 55 s à Caen[8].

Le jeune étalon court en Normandie, mais aussi à Toulouse et à Tarbes, ce qui implique de difficiles déplacements dans les conditions de son époque[4]. Il remporte en tout neuf courses, avec un record personnel en réduction kilométrique de 1 min 43 s, établi sur 4 000 mètres à Caen[4]. Niger remporte 7 400 francs de gains durant la saison de courses 1872, puis 17 450 la saison suivante[2].

Il est acheté en fin de saison 1873 par les Haras nationaux[6], à M. Céneri Forcinal, pour un montant de 14 000 francs, puis placé au Haras national du Pin pour la saison de reproduction de l'année suivante[2],[9]. Il fait la monte à la station du Merlerault en 1878[10]. En 1885, l'éleveur Charles Du Haÿs le décrit comme « l'un des meilleurs étalons trotteurs que nous possédions aujourd'hui »[11].

Il est abattu précocement pour cornage chronique, de même que son rival historique, l'étalon Normand[6]. L'ouvrage de Paul Guillerot indique une fin de reproduction en 1891[2],[Note 1].

Description

Photo noir et blanc de présentation d'un cheval par un homme.
Niger, photographié par le studio Delton.

Niger est un étalon de robe noire, mesurant 1,53 m d'après Guillerot (1896)[2], ou 1,63 m d'après Edmond Gast (1889)[9],[Note 2]. « Petit cheval très étoffé »[12], de modèle, il se révèle beaucoup plus proche de son père, et donc du Trotteur Norfolk, que de sa mère, qui semble n'avoir eu aucune influence sur son apparence[4],[13]. Jean-Pierre Reynaldo le décrit comme « un affreux petit cheval noir – d'où son nom –, à la morphologie très commune »[14], et accrédite la thèse d'une taille de 1,53 m[4]. Très musculeux, Niger possède une tête commune rattachée à une encolure courte, une puissante croupe, et des membres secs et courts[4].

Dans ses Études hippiques (1879), L. Herbin le décrit comme « très vite, puissant, harmonieux, près de terre, un peu rond et trop noyé dans ses lignes, de petite taille », en livrant l'analyse morphologique suivante : « Tête longue, un peu busquée. Encolure longue ; épaule très longue descendant au-dessous du genou, jarrets près de terre. Corps un peu plus long que l'épaule et paraissant trop long, parce que l'épaule est un peu en avant. Dos mou, mais dessus large et musclé. Croupe ronde, pas tout à fait assez ample, mais puissamment musclée ; hanches inclinées à 45°, mais trop courtes »[15].

Le comte Marie-Aimery de Comminges le décrit comme commun, mais « régulièrement conformé »[16].

Origines

Les origines de Niger ne sont que très partiellement connues[2],[17]. Sa mère Miss Bell est une jument américaine[2] ou anglaise[9] récupérée par les Forcinal, de robe alezane, réputée très belle[3]. Côté paternel, si The Norfolk Phœnomenon, importé en France en 1851, est assurément son père, il y a controverse quant à savoir si Niger est le petit-fils de The Norfolk Phenomenon (né en 1824) ou de Old Phœnomenon, fils du précédent[14].

Descendance

Notes et références

Annexes

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