Nombre harmonique
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En mathématiques, le n-ième nombre harmonique est la somme des inverses des n premiers entiers naturels non nuls :
- .
Ce nombre rationnel est aussi égal à n fois l'inverse de la moyenne harmonique de ces entiers, ainsi qu'à la n-ième somme partielle de la série harmonique.
Les nombres harmoniques ont été étudiés pendant l'Antiquité et sont importants dans plusieurs domaines de la théorie des nombres. Ils apparaissent dans de nombreux problèmes d'analyse combinatoire.
| Valeur de n | 0 | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Valeur de Hn[1] | 0[2] | 1 | |||||||||
| Valeur approchée de Hn | 0 | 1 | 1,5 | 1,8 | 2,1 | 2,3 | 2,5 | 2,6 | 2,7 | 2,8 | 2,9 |
Les numérateurs et dénominateurs de ces rationnels forment, à partir de n = 1, les suites d'entiers
A001008 et
A002805 de l'OEIS.
La sous-suite des numérateurs premiers est 3, 11, 137, 761, 7 129, … (
A067657) et les indices correspondants sont 2, 3, 5, 8, 9, … (
A056903).
Comportement asymptotique

La suite des nombres harmoniques croît lentement. Pour en prendre conscience, John Wrench a calculé le premier nombre harmonique plus grand que 100 : c'est celui d'indice 15 092 688 622 113 788 323 693 563 264 538 101 449 859 497[3](p23).
La série harmonique diverge ; sa somme est +∞. On a le développement asymptotique suivant :
où est la constante d'Euler-Mascheroni ; plus généralement, la formule d'Euler-Maclaurin donne :
où les sont les nombres de Bernoulli.
Propriétés
Autres expressions
- , où est un nombre de Stirling de première espèce.
- [4].
Euler a donné la représentation intégrale suivante[5] :
- ,
en utilisant l'identité
- ,
ce qui fournit un prolongement méromorphe . En fait,
- ,
où ψ est la fonction digamma.
Propriétés arithmétiques
On a les propriétés suivantes concernant la forme irréductible du rationnel Hn :
- Pour , est un diviseur du PPCM des entiers .
- Pour , est impair et est pair, donc (en omettant H0 = 0) le seul nombre harmonique entier est H1 = 1 ; d'après le théorème de Kürschák, H1 est même la seule somme d'inverses d'entiers naturels consécutifs qui soit entière.
- Plus précisément, est divisible par où désigne la partie entière[6],[7]; en particulier est divisible par .
- Pour tout nombre premier , est divisible par p2 et est divisible par : voir « Théorème de Wolstenholme ».
- Le postulat de Bertrand permet de démontrer que les trois seuls nombres harmoniques décimaux (cas où les seuls premiers divisant sont 2 et 5) sont H1 = 1, H2 = 1,5 et H6 = 2,45[3](p24).
- Étant donné un nombre premier :
- On conjecture que l'ensemble des indices des numérateurs qui sont divisibles par est fini, et ceci a été démontré pour [8].
- On a (13 éléments). ; voir la suite A229493 de l'OEIS.
- On montre que est non multiple de ssi appartient à , ce qui montre que si est fini, alors est multiple de à partir d'un certain rang, égal à ; par exemple, est multiple de 3 à partir de , est multiple de 5 à partir de , et est multiple de 7 à partir de [8].
- Prouver la conjecture ci-dessus montrerait que les nombres harmoniques "décimaux en base " (quotients d'un entier par une puissance de ) seraient toujours en nombre fini, puisqu'à partir d'un certain rang serait multiple d'un nombre premier n'intervenant pas dans la décomposition en produits de facteurs premiers de .
Sommes et séries numériques impliquant les nombres harmoniques
On a[9] :
Plusieurs séries numériques font apparaitre les nombres harmoniques[10],[11],[12]. Parmi les plus connues, on a :
- (Euler)
Donald Knuth établit l'égalité suivante[13]: pour toute fonction admettant un développement en série entière , alors :
On peut en déduire la série génératrice des nombres harmoniques :