Nongjia

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Le nongjia (chinois simplifié : 农家 ; chinois traditionnel : 農家 ; pinyin : nóngjiā), aussi connu sous les noms école agricole[1],[2], école des agronomes[3], école de l'agriculture[4], est une ancienne philosophie chinoise agrarienne prônant un communautarisme et un égalitarisme utopique[5]. Ses adeptes pensaient que la société chinoise devait suivre le modèle de celle de l'auguste sage antique Shennong, un héros populaire que la littérature chinoise décrivait comme « travaillant dans les champs comme tout un chacun et consultant chacun quand une décision devait être prise »[5]. Ils encourageaient l'agriculture et enseignaient les techniques associées, car ils pensaient que le développement agricole était la clef d'une société stable et prospère.

L'école agricole fut réprimée durant la dynastie Qin et la plupart des textes originaux sont désormais perdus. Toutefois, les concepts qui lui sont attribués ont influencé le confucianisme, le légisme et la philosophie chinoise tout entière[6]. Elle a eu une influence significative sur la pensée chinoise et est considérée comme un des fondements de l'identité chinoise[7].

Pour les agriculturalistes, la gouvernance et l'accent mis sur l'agriculture par le dirigeant légendaire Shennong est un modèle de gouvernement idéal.

L'origine de l'école des agronomes remonte à la période des Printemps et Automnes et à la période des Royaumes combattants, précisément durant les « Cent écoles de pensée » qui s'est étalée de 770 à 221 av. J.-C. Au cours de cette période, les états rivaux en guerre, cherchant à unifier la Chine en un seul état, patronnaient des philosophes, des érudits et des professeurs. La concurrence entre les érudits pour l'attention des dirigeants a conduit au développement de différentes écoles de pensée et l'importance accordée à la retranscription des enseignements dans des ouvrages a encouragé leur diffusion[8]. Il s'est ensuivi une ère caractérisée par des développements intellectuels et culturels significatifs[8]. Les philosophies majeures chinoises, le confucianisme, le moïsme, le légisme et le taoïsme, datent toutes de cette période.

La tradition chinoise attribue l'origine de l'école au ministre chinois Hou Ji, une figure reconnue pour ses innovations dans l'agriculture[6]. Les agrariens ont aussi mis en relief le rôle de Shennong, agriculteur divin, dirigeant semi-mythique de la Chine antique à qui les Chinois attribuent l'invention de l'agriculture. Shennong était considéré comme un proto-agrarien, dont la gouvernance et l'importance accordée à l'agriculture était un modèle de gouvernement agrarien idéal[6].

Xu Xing, un philosophe qui défendait l'école de l'agriculture, s'installa avec un groupe d'adeptes dans l'état de Teng vers 315 av. J.-C. Un de ses disciples rendit visite au philosophe confucéen Mencius et un court récit de leurs échanges à propos de la philosophie de Xu Xing nous est parvenu[9].

L'ascension de la dynastie Qin en 221 av. J-C a conduit à la purge des Cent écoles de pensée, y compris l'école des agronomes. La dynastie Qin, légiste, ne tolérait pas les autres écoles de pensée et chercha à brûler tout texte n'adhérant pas au légisme[10]. À cause de cela, peu de textes subsistent encore et une grande partie de ce que l'on sait de cette école provient de jugements critiques des autres écoles philosophiques[6].

La bibliographie du Livre des Hans (IIe siècle) présente l'école agricole comme une des dix écoles philosophiques et cite 9 livres appartenant à cette école[9].

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