Nuraghe Losa

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Nuraghe Losa
Image illustrative de l’article Nuraghe Losa
Cabane n°1 au premier plan et nuraghe.
Localisation
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Région Sardaigne
Province Province d'Oristano
Commune Sassari
Coordonnées 40° 07′ 01″ nord, 8° 47′ 25″ est
Histoire
Époque Âge du Bronze moyen à final
Géolocalisation sur la carte : Italie
(Voir situation sur carte : Italie)
Nuraghe Losa
Nuraghe Losa
Géolocalisation sur la carte : Sardaigne
(Voir situation sur carte : Sardaigne)
Nuraghe Losa
Nuraghe Losa
Internet
Site web https://www.nuraghelosa.net/

Le nuraghe Losa est un nuraghe situé à proximité de la ville d'Abbasanta, dans la province d'Oristano en Sardaigne (Italie). C'est l'un des nuraghes les mieux conservés de Sardaigne.

La première représentation connue du nuraghe que nous possédons est le dessin contenu dans l’Atlas d’Alberto Ferrero della Marmora publié en 1840. En 1893-1894, la Surintendance archéologique acquiert une petite zone comprenant le noyau monumental. En 1898, la première fouille du site est dirigée par Filippo Vivanet avec l’assistance de Filippo Nissardi. La première fouille consiste à déblayer le site et à dégager le corps principal trilobé du nuraghe(avec une restauration rudimentaire du lobe sud‑occidental), le grand édifice circulaire situé en avant, l'« avant-murs » avec ses deux tours et la cour postérieure. Ni Filippo Vivanet ni Filippo Nissardi ne purent publier leurs travaux avant leur mort. En 1901, Giovanni Pinza rédige une grande synthèse intitulée Monuments primitifs de la Sardaigne, dans laquelle il insère la première description et interprétation du nuraghe Losa, quelques images photographiques et les deux plans dressés par Nissardi[1].

Entre avril et juin 1915, Antonio Taramelli reprend les fouilles et met au jour de nouvelles structures d’habitat attenantes à la forteresse, surtout sur les côtés nord‑est et sud‑ouest. Bien que divers objets découverts aient été régulièrement exposés dans les vitrines du musée de Cagliari, il faut attendre le milieu des années 1950 pour disposer d'une première analyse préliminaire réalisée par Giovanni Lilliu. Au début des années 1970, une série de travaux de fouille, de consolidation et de restauration permettent de rendre le monument accessible au public[2].

Le site fait partie des 31 sites sardes qui sont candidats pour entrer dans la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO[3].

Nuraghe

Le nuraghe Losa est un nuraghe complexe, constitué d’une tour centrale (le mastio) placée au centre d’un bastion trilobé composé de trois tours (B, C, D). Le bastion dessine un triangle équilatéral, au profil concavo‑convexe, précédé, d'une zone « avant-murs », flanquée de tours, sur le flanc occidental du bastion. L’ensemble est délimité par une muraille piriforme plus vaste, munie de tours, qui englobe l’espace d’habitat du village nuragique originel ainsi que les structures d’occupation ultérieures tardo‑puniques, romaines et haut‑médiévales[4].

La muraille extérieure

La muraille renferme une vaste zone de forme vaguement sub‑elliptique, qui s’étire sur 268 m de longueur selon un axe orienté nord-est/sud-ouest, et 172 m de largeur selon un axe nord-ouest/sud-est. La hauteur conservée de la muraille varie entre 1,60 et 2,30 m. Au sud-sud-ouest et au nord-nord-ouest, la muraille se prolonge par deux tours projetées vers l’extérieur de la courtine sur les trois quarts de leur volume. Chacune de ces tours est caractérisée par deux entrées, externe et interne, qui traversent diamétralement les murs correspondants. Une telle disposition apparaît assez exceptionnelle par rapport à l’architecture traditionnelle des nuraghes. À la suite des travaux de restauration réalisés vers 1970, ces tours sont aujourd’hui conservées sur environ les trois quarts de leur hauteur originelle[4].

Entrée de la cabane n°1.
Angle sud-est du nuraghe.
Façade orientale et entrée secondaire.
Détail de l'appareillage.

L’« avant-murs »

La zone « avant-murs » subsiste sur le flanc nord‑ouest du bastion de ce dernier et se caractérise par un large bras de mur à ligne brisée avec deux tours situées aux extrémités (tour E au nord et tour F au sud). La portion nord du mur, la plus longue, comporte cinq meurtrières : deux dans l’angle de raccordement, orientées vers la tour E, et les trois autres réparties le long du même segment, vers le côté nord‑occidental. La portion sud en est dépourvue. La tour E présente un diamètre extérieur maximal de 10 m et un diamètre intérieur de 5,60 m. À la base de la paroi opposée à l’entrée de la tour s’ouvre un vaste silo enterré (ou une citerne de collecte pour l’eau). La tour F a un diamètre extérieur de 8,90 m et un diamètre intérieur de 4,50 m. La technique de construction de la tour E est nettement plus soignée que celle de la tour F : les faces internes des blocs sont mieux finies et le parement est plus harmonieux. Pour l’ensemble des tours et de la courtine, l’élévation conservée atteint en moyenne m de hauteur[5].

La cabane n°1

La cabane n°1 se situe exactement en face de l’entrée principale du bastion, au sud, dont elle n'est distante que de 1,20 m. La cabane est de plan circulaire (10,50 à 10,70 m de diamètre ; hauteur maximale conservée 3,60 m). La cabane comporte deux accès : une entrée principale, au sud, large et spacieuse et un accès secondaire, orienté au nord‑est, étroit et resserré, conçu comme un simple passage de service reliant la cabane à l’entrée principale du bastion trilobé. Les murs intérieurs de la cabane comportent des niches disposées de manière alternée. Deux niches sont en forme d’arc de cercle (2,10 à 3 m de largeur × 0,50 m de profondeur). La cabane devait assurer une fonction spécifique en relation avec le bastion trilobé. La découverte, à l'intérieur de la cabane, d’un petit pilier circulaire en trachyte rose, auquel Taramelli attribua une signification rituelle de type bétyle pourrait témoigner d'une fonction rituelle[6].

Le bastion trilobé

Le corps central du nuraghe correspond à un triangle équilatéral, dont les sommets sont arrondis à l’emplacement des tours d’angle, intégrées dans le profil curviligne du bastion. Le périmètre du corps trilobé adopte une ligne doucement sinueuse, à profil concavo‑convexe, plus marquée encore dans l’élévation de la structure. L’architecture du trilobe, tour centrale comprise, donne une impression d'unité conceptuelle mais cette hypothèse ne fait pas l'unanimité. Selon les auteurs, les petites niches murales du couloir‑escalier du mastio, sont interprétées, soit comme des « fenêtres de lumière » qui furent ensuite obturées par l’adjonction des trois tours, soit comme des niches à usage domestique[7].

L'entrée principale extérieure est située au sud. Elle comporte deux couloirs latéraux transversaux menant respectivement, à gauche à la tour B et à droite à la tour C. L’accès à la tour D, totalement distinct et autonome, se fait par une ouverture située sur le côté est-nord-est du bastion. Les côtés méridional et oriental du bastion mesurent 25,70 m de long. Le mastio est conservé sur 11,40 m de hauteur[7].

Le corps du bastion repose sur une plate‑forme en appareil cyclopéen homogène, bien visible sur tout le périmètre extérieur des courtines, d'une hauteur moyenne de 2 à 2,50 m. Cette plate‑forme sert à la fois de base surélevée pour les deux entrées (sud et est-nord-est) et de support solide pour la volumétrie en élévation. Cette plate‑forme cyclopéenne s’harmonise parfaitement avec le style et les dimensions des blocs du parement supérieur, composé d’assises régulières de blocs sub‑parallélépipédiques soigneusement taillés. L'ensemble donne une impression de cohérence et de monumentalité. Les blocs polyédriques de la plate‑forme, Selon Lilliu, les blocs « semblent presque reprendre le sens des roches naturelles de support du plateau, servant de transition graduelle vers l’artifice exemplaire de l’ordre horizontal et de la taille précise et rythmée du magnifique parement. Nature, polyédrique et isodome concourent à former une œuvre d’art. »[7].

Les tours périphériques B, C et D sont agglomérées au mastio sans l’interposition d'une ou de plusieurs cours : la bastion forme donc un complexe monumental rigoureusement unitaire. La connexion entre les différentes parties est assurée, au rez-de-chaussée par le couloir entre les tours A, B et C, puis en hauteur, grâce à un escalier hélicoïdal reliant la chambre supérieure du mastio vers la terrasse supérieure et les chemins de ronde entre les tours et par un second escalier descendant vers la tour D[8].

Le mastio (tour A) constitue le noyau du bastion. Son diamètre maximal est de 12 m. La chambre inférieure à tholos mesure environ m de hauteur. La chambre supérieure se superpose de manière parfaitement centrée sur la chambre de base, tout en présentant des dimensions moindres en largeur (2,88 m) et en hauteur (hauteur conservée 3,46 m)[9].

La tour C est de forme elliptique alors que les tours B et D sont de forme circulaire. La technique de construction du parement interne des tours B, C et D est identique à celle du mastio : les blocs polyédriques de basalte, de dimensions moyennes, sont disposés en assises plus ou moins régulières, se resserrant progressivement en hauteur, de manière à produire, en section, une fausse coupole ogivale harmonieuse et élancée, du type voûte « à tholos »[8].

Trois fragments de corbeaux, sont encore en place et d'autres sont visibles entassés dans l’aire du village[10].

Matériel archéologique

Le matériel archéologique recueilli provient essentiellement des fouilles de Nissardi en 1890 et de celles de Taramelli en 1915. Il permet d’identifier les différentes phases culturelles préhistoriques et protohistoriques du monument. Le site est fréquenté dès le Bronze moyen (fin du XVe siècle av. J.-C. / début du XIIIe siècle av. J.-C.) mais le bastion trilobé a probablement été édifié au Bronze récent (première moitié du XIIIe siècle av. J.-C. / fin du XIIe siècle av. J.-C.). La zone avant-murs et la muraille externe pourraient avoir été réalisées en deux phases : les tours dans une première phase puis la muraille externe délimitant le village dans une phase finale, caractérisée par la découverte de céramique à peigne imprimé et strié, vraisemblablement vers la seconde moitié du XIIe siècle av. J.-C.[11]

La cabane n°1 a probablement été construite au Bronze final (XIIe siècle av. J.-C.). L'occupation du site au premier âge du fer (IXe siècle av. J.-C.) est documentée par des fragments de vase piriforme[11].

La fréquentation du site, de manière sporadique, est attestée de la fin du IVe siècle av. J.-C. (période punique), tout au long de l'époque romaine et jusqu'au haut Moyen Âge (monnaie de Léonce II, datée de 695‑698)[12].

Tombe des géants

Notes et références

Annexes

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