Obésité en France

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L'obésité en France, tout comme le surpoids, augmente régulièrement : « de 8,5 % en 1997, la population adulte en situation d’obésité est passée à 15 % en 2012, puis à 17 % en 2020 » ; en 2023, plus de 8 millions de français sont obèses (17% de la population française)[1],[2],[3]. Comme dans les autres pays, les personnes issues des milieux socio-économiques les plus modestes sont statistiquement plus touchées[4]. L'obésité continue de gagner du terrain, mais à une vitesse qui a été fortement réduite sur les 20 dernières années, passant de + 5 % par an en 2003[5] à + 0,5 % par an depuis 2012[6]. Il existe un réseau national de recherche clinique dédié, baptisé FORCE (French Obesity Research Center of Excellence), au sein de l’Infrastructure de recherche clinique « F-CRIN » [7].

L’Organisation mondiale de la santé (OMS), définit le surpoids et l’obésité comme « une accumulation anormale ou excessive de graisse corporelle qui peut nuire à la santé ». L'obésité est mesurée par l’indice de masse corporelle (IMC) qui est une mesure du poids par rapport à la taille. L'IMC est égal au poids divisé par le carré de la taille, exprimé en kg/m2.

Les catégories de corpulence suivantes sont définies par l'OMS :

Catégories de corpulence selon l'OMS
Classification IMC
Maigre < 18,5
Normal 18,5 - 24,9
Surpoids 25,0 - 29,9
Obésité I 30,0 - 34,9
Obésité II 35,0 - 39,9
Obésité III > 40

Politiques nationales de lutte contre l'obésité

À la fin des années 1990, à l'initiative du gouvernement du premier ministre Lionel Jospin, le ministère de la santé s'intéresse au débat sur la « malbouffe » qui émerge dans les médias nationaux, suite au VIIIᵉ congrès mondial sur la médecine de l’obésité organisé à Paris en 1998, aux alertes de l'OMS et d'autres organismes internationaux de santé, suite à plusieurs scandales sanitaires et au démontage symbolique à Millau, en 1999, du chantier d’un restaurant d'un chaine de fast-food connue, où José Bové avait expliqué : « si on attaque aujourd'hui un McDo, c'est parce qu'il est le symbole de ces multinationales qui veulent nous faire bouffer de la merde et qui veulent faire crever les paysans »[8]. L’obésité commence à retenir l’attention des décideurs publics français, et au début des années 2000 sa réduction (chez les enfants notamment) devient l'une des priorités affichées de la politique nutritionnelle de santé publique[9].

En 2001, le premier Plan national nutrition santé (PNNS) est construit, incluant des préoccupations nutritionnelles, sanitaires et politiques, incluant des recommandations aux professionnels et au grand public[3].

L'objectif de diminution de la prévalence de l’obésité chez les adultes (« Obésité : interrompre la croissance de la prévalence de l'obésité et du surpoids chez les enfants (...) réduire de 20 % la prévalence du surpoids et de l'obésité (IMC > 25 kg/m2) chez les adultes : passer de 42 % en 2003 à 33 % en 2008 ») est repris dans la loi du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique[10], mais aucun moyen supplémentaire n’ait alors été alloué pour en assurer la mise en œuvre[3].

Le PNSS s’articule aujourd’hui autour de dix mesures phares présentées sur la plateforme MangerBouger[11].

Eno 2007, une évaluation rétrospective scientifique du coût de l’obésité et du surpoids en France en 2002, est publiée (calculé à partir des données de l’Enquête santé protection sociale 2002 couplées aux consommations médicales issues de l’Échantillon permanent d’assurés sociaux, mais excluant les mineurs, femmes enceintes et personnes atteintes de cancer sur la base d'un échantillon de 4 651 personnes âgées en moyenne de 47 ans, avec une prévalence de l’obésité estimée dans ce panel entre 10,7 % et 16 %). En 2002, la dépense moyenne de soins s’élevait à 1 534 € par individu, mais atteignait à environ 2 500 € chez les personnes obèses (doublement). Après ajustement sur les facteurs socio‑démographiques et comportementaux, le surcoût attribuable à l’obésité était estimé entre 506 € et 648 € par an et par personne, soit à échelle nationale de 2,1 à 6,2 milliards d’euros (1,5 % à 4,6 % de la dépense courante de santé en 2002)[12]. En 2020, elle était la cause de plus de 6,6 millions de maladies secondaires, de traitements et épisodes de soins, et de plus de 60 000 décès, son coût annuel pour la collectivité serait d'environ 10,6 Mds€, dont 8,4 Mds€ pour l’Assurance maladie (5,0% du montant total remboursé en 2020) selon une nouvelle analyse, du cabinet Asterès (qui inclut notamment les dépenses de soins liées aux complications métaboliques et cardiovasculaires)[13].

En 2008, une autre étude confirme que la situation empire en France où depuis 1981, la corpulence a fortement augmenté en France, avec en outre un accroissement marqué des inégalités sociales et géographiques (l’obésité augmente plus vite dans le Nord‑Est, et dans les catégories socioprofessionnelles les moins favorisées, et les disparités entre hommes et femmes demeurent[14], et en 2003, on constate que ces inégalités se sont encore creusées, tandis que la hausse du recours aux régimes amaigrissants parmi des populations peu touchées laisse présager une poursuite de ces disparités[15].

En 2010, un nouveau Plan obésité vise à améliorer la prise en charge[16] et une taxe sur les sodas est votée en 2012[17].

En 2021, l’État encourage à l'activité physique et pour une nutrition équilibrée, afin de réduire la prévalence de l'obésité, dont la prévalence augmente régulièrement depuis une trentaine d’années[3].

En , le ministère de la santé a produit une nouvelle feuille de route pour 2026-2030, visant à mieux prendre en charge les personnes en situation d’obésité[3].

En outre les politiques relatives à l’obésité sont souvent diluées dans des programmes plus larges sans stratégie nationale cohérente ni moyens pérennes[3]. Le lobbying de l’agro-industrie reste un frein majeur[18], comme l’illustrent encore dans les années 2020 ses efforts pour faire échouer l'extension du Nutri-Score, la fiscalité nutritionnelle et environnementale, ou encore la régulation de la publicité pour des produits classés comme relavant de la malbouffe. Selon les sociologues Alessandrin et Bossy, les préjugés persistants envers les personnes en situation d’obésité (grossophobie) renforcent l’inefficacité des dispositifs actuels qui ne parviennent toujours pas à enrayer la progression de l’obésité[3].

Enquêtes sur l'obésité en France

Enquête Roche-Obépi

L'enquête Roche-Obépi était réalisée par le laboratoire Roche tous les 3 ans de 1997 à 2012. Les enquêtes Obepi ne font la distinction entre Maigre/Normal et Obésité I/Obésité II qu'à partir de 2006

Odoxa

En 2020, la Ligue contre l'obésité commande un sondage sur l'obésité en France à l'entreprise de sondage Odoxa[19], sondage renouvelé ensuite en 2024[20]. Cette étude est spécialement conçue pour reproduire les données de l'enquête Roche-Obepi, arrêtée en 2012[21].

INSEE

Dans certaines de ses enquêtes, l'INSEE demande ou calcule l'IMC. Si les résultats des enquêtes ne sont pas accessibles, il est possible d'obtenir certains indicateurs à travers les publications régulières de l'INSEE. Certaines études sont utilisées ci-dessous.

Programme national nutrition santé

Le programme national nutrition santé (PNNS) a été mis en place en 2001. Son objectif général est d'améliorer la santé de la population en agissant sur l'un de ses déterminants majeurs, la nutrition[22]. Le PNNS réalise une étude sur l'état de santé de la population française en 2006, incluant entre autres des mesures sur l'obésité. La même étude est refaite en 2015 (Étude Esteban)[23][réf. à confirmer]

Cohorte Constances

La cohorte Constances est une cohorte épidémiologique constitué d'un échantillon de 200 000 adultes[24]. Le BEH a réalisé une étude sur l'obésité de la cohorte constance en 2016. Dans cette étude, l'obésité est définie sur la base des indications de OMS.

Eurostat

Le questionnaire Eurostat demande le BMI depuis 2008. Deux enquêtes Eurostat ont eu lieu demandant le BMI, en 2008 et 2014. Ces enquêtes, tout comme les enquêtes Obépi, se basent sur des mesures reportées, et sont donc moins précises que les résultats du BEH dont les valeurs sont mesurées sur les participants.

Covid-19

Les personnes obèses sont surreprésentées parmi les personnes développant des formes graves à la suite d'une infection à la covid-19[25].

ANSES

Une étude de l'ANSES en 2020 révèle que « 95% de la population française adulte est exposée à un risque de détérioration de la santé par manque d’activité physique ou un temps trop long passé assis »[26]. Toujours selon cette enquête, 5 % des adultes en France ont une activité physique suffisante pour protéger leur santé : les femmes sont plus exposées que les hommes à un manque d’activité physique[26]. Plus d’un tiers des adultes français cumule un haut niveau de sédentarité et une activité physique insuffisante : en conséquence, ils sont plus exposés au risque d’hypertension ou d’obésité et ont un taux de mortalité et de morbidité plus élevés causés par des maladies cardiovasculaires et certains cancers[26].

Évolution de l'obésité en France

Obésité reportée

Année Étude Maigre Normal Surpoids Obésité I Obésité II Obésité III Obésité (I+II+III) Augmentation annuelle Augmentation moyenne annuelle (depuis 1997)
1981 Enquêtes Santé, INSEE[27] 5,60 % 65,85 % 23,15 % 5,30 % 5,30 %
1992 Enquêtes Santé, INSEE[27] 5,25 % 64,5 % 24,4 % 5,85 % 5,85 % 0,9 %
1997 Obépi Roche 1997 63,3 % 28,5 % 7,9 % 0,3 % 8,2 % 6,99 %
2000 Obépi Roche 2000 61,0 % 29,4 % 9,2 % 0,4 % 9,6 % 5,39 % 5,39 %
2003 Obépi Roche 2003[5] 58,4 % 30,3 % 10,7 % 0,6 % 12,3 % 8,61 % 6,99 %
2003 Enquête Santé, INSEE[27] 4,25 % 57,75 % 28 % 10,0 % 10,0 %
2006 Obépi Roche 2006[28] 4,9 % 53,5 % 29,2 % 9,4 % 2,2 % 0,8 % 12,4 % 0,27 % 4,70 %
2006 PNNS 50,7 % 32,4 % 12,5 % 3,4 % 1,0 % 16,9 %
2008 Eurostat[29] 3,3 % 53,1 % 31,4 % 12,2 % 12,2 %
2009 Obépi Roche 2009[30] 3,6 % 50,0 % 31,9 % 10,6 % 2,8 % 1,1 % 14,5 % 5,35 % 4,86 %
2012 Obépi Roche 2012[6] 3,5 % 49,2 % 32,3 % 10,7 % 3,1 % 1,2 % 15,0 % 1,14 % 4,11 %
2014 Eurostat[29] 52,8 % 31,9 % 15,3 % 15,3 %
2015 PNNS Esteban 2,45 % 48,5 % 31,95 % 12,55 % 3,00 % 1,55 % 17,2 % 4,2 %
2016 BEH - Cohorte Constance[31] 2,2 % 48,7 % 33,2 % 11,4 % 3,1 % 1,3 % 15,3 % 0,50 % 3,34 %
2020 Odoxa 4,5 % 48,3 % 30,3 % 11,9 % 3,1 % 2 % 17,0 % 2,7 % 3,94 %
2024 Odoxa - OFEO[20] 5,3 % 45,9 % 30,7 % 12,0 % 4,2 % 1,9 % 18,1 %
Évolution de l'obésité en France de 1981 à 2020.

Augmentation annuelle

Le taux d'évolution annuel peut être calculé par

Les études Eurostat reportent des valeurs sensiblement inférieures aux autres études. Elles sont donc ignorées dans ce calcul

Obésité selon les tranches d'âge

Évolution de l'obésité

L'obésité augmente au même rythme à travers toutes les tranches de la population, mais elle est - et reste - plus prévalente chez les plus âgés.

Tranche
d'âge
1997
(Obépi)
2000
(Obépi)
2003
(Obépi)
2006
(Obépi)
2008
(Eurostat)
2009
(Obépi)
2012
(Obépi)
2014
(Eurostat)
2020

(Odoxa)

IMC Normal
15-24 90,2 % 88,75 % 88,05 % 88,6 % 82,45 % 83,25 % 81,5 % 78,25 % 76,8 %
25-34 73,65 % 70,25 % 67,6 % 67,15 % 67,05 % 64 % 63 % 64,45 % 51 %
35-44 64,95 % 62,75 % 59,35 % 58,6 % 59,45 % 56 % 56 % 57,05 % 56 %
45-54 54,55 % 53,55 % 49,85 % 55,7 % 50,55 % 49,5 % 49 % 48,95 % 49,3 %
55-64 43,55 % 42,9 % 43,95 % 42,85 % 42,95 % 41,75 % 42 % 43,15 % 42,8 %
65+ 47,25 % 44,35 % 41,75 % 42,1 % 41,3 % 40 % 39,5 % 39,5 % 42,7 %
Surpoids
15-24 8 % 9,25 % 9,7 % 8,45 % 14,1 % 12,75 % 13 % 15,15 % 14 %
25-34 20,9 % 22,85 % 24,1 % 24,15 % 24,85 % 25,5 % 26 % 26,25 % 35,2 %
35-44 27,3 % 28,9 % 29,1 % 28,3 % 29,85 % 30,25 % 29,5 % 29,9 % 27,3 %
45-54 34,7 % 33,8 % 35,8 % 34,45 % 35,85 % 34,5 % 35 % 35,4 % 32,3 %
55-64 43,15 % 41,65 % 39,95 % 38,85 % 40,35 % 38,5 % 38,5 % 36,4 % 38 %
65+ 41,35 % 42,05 % 42,85 % 41,35 % 40,15 % 42 % 42 % 39,8 % 37,4 %
Obésité
15-24 1,75 % 2 % 2,25 % 2,95 % 3,55 % 4 % 5,5 % 6,65 % 9,2 %
25-34 5,45 % 6,9 % 8,3 % 8,7 % 8,1 % 10,25 % 11 % 9,3 % 13,8 %
35-44 7,75 % 8,35 % 11,55 % 13,1 % 10,7 % 13,75 % 14,5 % 13,05 % 16,7 %
45-54 10,75 % 12,65 % 14,35 % 14,85 % 13,6 % 16 % 16,5 % 15,7 % 18,4 %
55-64 13,3 % 15,45 % 16,1 % 18,3 % 16,7 % 19,75 % 19,5 % 20,55 % 19,2 %
65+ 11,4 % 13,6 % 15,4 % 16,55 % 18,6 % 18 % 18,5 % 20,65 % 19,9 %

L'étude du BEH utilise des catégories d'ages différentes (30-39, 40-49, 50-59, etc).

Âge Homme Femme
30-39 10,4 % 11,4 %
40-49 13,8 % 16,8 %
50-59 19,2 % 16,7 %
60-69 20,8 % 18,8 %

Enfant et adolescent

L'obésité des enfants d'ouvriers est quatre fois supérieure à celle des enfants de cadres, en raison d'habitudes distinctes[32].

L'étude du PNNS de 2006 consacre une section sur l'obésité chez les enfants de 3-17 ans[22]. L'obésité sur cette tranche d'âge touche 3,5 % de la population, et le surpoids 14,3 %. L'étude ne constate pas de différence significative entre garçons et filles. La prévalence de l'obésité n'évolue pas non plus selon la classe d'âge. La prévalence du surpoids chez les garçons augmente entre les 3-10 ans et les 10-17 ans.

Obésité chez les enfants
Âge Maigreur Normal Surpoids Obésité
Garçons
3-10 ans 10,0 % 78,6 % 8,5 % 2,9 %
11-14 ans 8,4 % 66,3 % 22,1 % 3,2 %
15-17 ans 6,9 % 76,3 % 12,9 % 3,8 %
Filles
3-10 ans 10,0 % 68,1 % 19,1 % 3,8 %
11-14 ans 4,1 % 79,4 % 13,5 % 3,0 %
15-17 ans 10,0 % 72,6 % 11,8 % 4,7 %

De nouveaux programmes ont été récemment mis en place, comme l'interdiction de placer des distributeurs automatiques dans les établissements scolaires, ainsi que l'instauration de programmes de santé publique tels que l'EPODE — Ensemble, prévenons l’obésité des enfants.

Dans le cadre du deuxième programme national nutrition santé (PNNS) 2006-2010, la Haute Autorité de santé a publié en une recommandation de bonne pratique sur le « Surpoids et l'obésité[33] de l'enfant et l'adolescent » (actualisation de ses recommandations de 2003) visant à améliorer la qualité de la prise en charge médicale des enfants et adolescents ayant un surpoids ou une obésité. Selon cette recommandation, en France, la prévalence estimée du surpoids incluant l’obésité était en 2006, d'après les références de l'Obesity Task Force[34] (IOTF), de 18 % chez les enfants de 3 à 17 ans, dont 3,5 % présentaient une obésité et est supérieure dans les populations défavorisées. La probabilité qu’un enfant obèse le reste à l’âge adulte varie selon les études de 20 à 50 % avant la puberté, à 50 à 70 % après la puberté.

Obésité selon le niveau de vie

Les enquêtes Obépi-Roche mesurent la prévalence de l'obésité selon 4 indicateurs : la profession, le niveau d'éducation, le revenu et la taille de l'agglomération. Dans ces différents cas, si l'obésité est inversement corrélée au niveau de vie, l'augmentation de l'obésité touche indifféremment toutes les catégories socio-professionnelles.

Influence de la profession

Obésité et profession
Profession 1997 2000 2003 2006 2009 2012 2020 Augmentation
moyenne
Artisan, commerçant 10,8 13,3 16,1 14,7 15,4 17,2 3,15 %
Agriculteur 9,2 10,3 13,2 11,8 17,9 16,7 4,05 %
Ouvrier 8,8 10,1 12,7 13,8 16,2 16,7 18 4,36 %
Employé 7,8 8,8 11,7 13,2 14.7 16,2 17.8 4,99 %
Profession intermédiaire 6,3 8,2 9,5 10,3 10,7 11,8 14.4 4,27 %
Cadre sup., profession libérale 5,8 7,3 8,3 7,1 8,0 8,7 9.9 2,74 %
Retraité 12,1 13,8 15,5 17,3 18,6 18,9 3,02 %
Inactif 4,9 3,7 7,4 8,8 12,6 11,8 6,03 %

Influence du niveau d'instruction

Obésité et niveau d'instruction
Obésité 1997 2000 2003 2006 2009 2012 2015 Augmentation
moyenne
Primaire 13,7 16,8 20,0 21,4 23,9 24,5 23.15 3,95 %
Niveau 3e 8 13,5 13,9 13,0 18,0 21,5 6,81 %
Technique court 9,7 11,8 14,2 16,1 18,4 18,5 4,40 %
Niveau Bac 6,9 9,1 10,5 12,0 13,1 14,3 11.8 4,98 %
Technique supérieur 5,8 6,8 8,6 9,9 10,9 11,8 4,85 %
Supérieur 1er cycle 4,6 6,2 8,1 9,9 11,1 12,2 6,72 %
Supérieur 2e cycle 4,6 6,2 8,1 9,3 11,1 12,2 6,72 %
Supérieur 3e cycle 4,7 5,7 6,8 8,1 7,4 8,9 4,35 %

Influence du revenu

Évolution de l'obésité en France par tranche de revenu
Obésité et revenus
Revenus 1997 2000 2003 2006 2009 2012 Augmentation
moyenne
1er décile
(10% les plus pauvres)
12,1 % 13,3 % 17,5 % 18,8 % 22,2 % 25,6 % 5,12 %
2e décile 11,4 % 14,5 % 16,7 % 18 % 20,1 % 22,8 % 4,73 %
3e décile 10,1 % 12,0 % 14,5 % 16,1 % 19,7 % 19,4 % 4,45 %
4e décile 8,6 % 10,6 % 12,5 % 15,2 % 16,1 % 18,8 % 5,35 %
5e décile 7,2 % 9,0 % 10,2 % 11,8 % 15,5 % 16,2 % 5,56 %
6e décile 7,0 % 7,8 % 10,4 % 11,6 % 14,1 % 16,1 % 5,71 %
7e décile 6,8 % 7,7 % 9,1 % 10,1 % 12,6 % 15,3 % 5,56 %
8e décile 4,9 % 6,8 % 8,7 % 9,0 % 10,6 % 11,9 % 6,09 %
9e décile 4,9 % 6,1 % 6,0 % 6,6 % 8,7 % 8,8 % 3,98 %
10e décile
(10% les plus riches)
4,3 % 5,9 % 8,1 % 5,4 % 5,9 % 7,0 % 3,30 %

L'enquête BEH de 2016 fournit les résultats suivants concernant le revenu :

Obésité et revenus (enquête BEH)
Revenus (€) Hommes Femmes
Moins de 450 18,7 30,7
450-999 20,2 25,6
1 000-1 499 22,9 24,6
1 500-2 099 18,7 18,6
2 100-2 799 18,3 19,3
2 800-4 199 14,9 11,2
>4 200 9,1 7,0
Ne sait pas répondre 2,1 22,7
Ne souhaite pas répondre 15,0 19,7

Influence de la taille de l'agglomération

Obésité et lieu de résidence
Agglomération 1997 2000 2003 2006 2009 2012 Augmentation
moyenne
<2 000 9,4 10,2 12,6 13,4 15,5 16,7 3,91 %
2 000-20 000 8,2 9,6 11,9 12,8 16,1 15,5 4,34 %
20 000-100 000 8,4 9,7 10,4 11,3 14,3 15,2 4,03 %
>100 000 7,7 9,8 10,3 12,2 13,5 13,8 3,97 %
Parisienne 6,6 8,5 11,3 11,6 12,7 14,1 5,19 %

Obésité selon le sexe

L'obésité concerne également les hommes et les femmes. Le surpoids, cependant, est un problème plus fortement masculin que féminin. À l'inverse, la maigreur atteint plus fortement les femmes que les hommes.

Évolution de l'obésité en France par Sexe
Évolution de l'obésité en France par Sexe.
Sexe 1981 1992 1997 2000 2003 2003 2006 2009 2012 2015 2016 2020 Augmentation
annuelle
INSEE INSEE Obépi Obépi INSEE Obépi Obépi Obépi Obépi Esteban BEH Odoxa
IMC normal
Hommes 62,8 % 61,9 % 54,3 % 51,4 % 53,6 % 48,9 % 50,0 % 47,6 % 46,9 % 46,1 % 43,0 % 44,1 % -0,9 %
Femmes 69,9 % 68,1 % 68,4 % 66,5 % 61,9 % 63,6 % 62,2 % 58,9 % 58,0 % 55,5 % 58,8 % 52,0 % -0,76 %
Surpoids
Hommes 30,0 % 30,9 % 36,9 % 38,3 % 34,8 % 39,1 % 37,5 % 38,5 % 38,8 % 37,1 % 41 % 36,9 % 0,53 %
Femmes 16,3 % 17,9 % 23,3 % 23,5 % 21,2 % 24,5 % 24,2 % 26,0 % 26,3 % 26,8 % 25,3 % 23,9 % 0,99 %
Obésité
Hommes 5,3 % 5,5 % 8,8 % 10,3 % 9,8 % 12,0 % 12,5 % 13,9 % 14,3 % 16,9 % 15,8 % 16,7 % 2,99 %
Femmes 5,3 % 6,2 % 8,3 % 10,0 % 10,2 % 11,9 % 13,6 % 15,1 % 15,7 % 17,4 % 15,6 % 17,4 % 3,10 %

En 2012, l'enquête Obépi concluait :

« La prévalence globale de l’obésité est significativement différente entre hommes (14,3 %) et femmes (15,7 %, p<0.01). La tendance à une augmentation plus forte de la prévalence de l’obésité féminine observée depuis 2003 se confirme. »

Ces conclusions ne se maintiennent cependant pas dans les études suivantes, où l'obésité masculine est mesurée comme égale ou légèrement supérieure à l'obésité féminine.

Obésité comme handicap

Des interrogations subsistent quant à la caractérisation de l’obésité en tant que handicap. En France, du moins sur le plan juridique, être obèse n’est pas forcément un handicap et la circonstance de ne pas être embauché ou de ne pas être en mesure de garder son emploi n’induit pas systématiquement une discrimination. Il existe, en effet, une grande part de subjectivité quant à l’appréhension de l’obésité qui rend difficile la caractérisation de la discrimination.

Au niveau européen, la CJUE a rendu un arrêt[35] marquant un tournant dans l’appréciation de l’obésité. En effet, elle a considéré que le licenciement d’un salarié pour absence répétée, causée par sa situation d’obésité, était discriminatoire puisque l’obésité pouvait être assimilée à un handicap professionnel.

En France, le Code du travail ne contient aucune disposition prévoyant l’interdiction de la discrimination fondée sur l’obésité en tant que telle. Toutefois, l’article L. 1132-1, qui consacre le principe de non-discrimination, précise qu’aucune personne ne peut être sanctionnée, licenciée ou faire l'objet d'une mesure discriminatoire, directe ou indirecte, en raison de « son apparence physique » ou de « son état de santé » ou de « son handicap »[36].

Recommandations et bonnes pratiques

Notes et références

Articles connexes

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