Odon Ier de Saint-Rémi
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Odon Ier ou Eudes Ier fut supérieur de l'abbaye Saint-Remi de Reims d'avril 1118 à sa mort le .
D'abord profès de l'abbaye de la Sainte-Trinité de Morigny, près d'Étampes (fondée en 1095), il fut élu abbé de Abbaye Saint-Crépin-le-Grand de Soissons. À Morigny, le prieur Thiou fut élu deuxième abbé de la communauté en 1109 (à la mort de l'abbé Renaud), mais il se produisit une fronde contre son élection qui l'amena à renoncer, puis à se réfugier à Soissons auprès d'Odon, lequel le nomma prieur de son établissement. Quand Odon fut appelé à Saint-Remi de Reims, en avril 1118, pour succéder à l'abbé Azenaire, Thiou lui succéda comme abbé de Saint-Crépin[1].
À Saint-Rémi, établissement qui se trouvait dans un grand désordre, l'abbé Azenaire avait abdiqué, et c'est le cardinal Conon de Préneste, légat pontifical, qui avait appelé Odon à le remplacer. En 1126, l'abbé se rendit à Rome pour faire confirmer par le pape Honorius II une excommunication prononcée par Raymond (ou Renaud) de Martigné, archevêque de Reims : Guitier de Vitry était avoué de l'abbaye Saint-Remi, et il profitait de ce titre pour effectuer des extorsions sur les villages dépendant du monastère ; le pape confirma l'excommunication et l'interdit jeté sur ses terres. Le comte Guitier pria ensuite l'archevêque de lui ménager une réconciliation avec l'abbé. Dans son voyage de retour de Rome, Odon s'arrêta à la Grande Chartreuse, où il fut reçu par le prieur Guigues Ier, qui lui fit une grande impression. Revenu à Reims, il proposa à son chapitre d'établir une maison de chartreux dans le diocèse de Reims : ce fut l'origine de la chartreuse du Mont-Dieu (dont il posa la première pierre en 1132, et qui fut instituée officiellement en 1137).
Il fit un second voyage en Italie pour assister au concile de Pise (mai-juin 1135), convoqué à propos du schisme entre Innocent II et Anaclet. Il s'arrêta longuement, à l'aller, à l'abbaye de Cluny, auprès de Pierre le Vénérable, qui assista aussi au même concile ; les relations entre Saint-Remi et Cluny furent consacrées par une association de prières[2]. Au retour, il faisait partie du groupe des prélats français qui furent arrêtés, molestés, dépouillés et jetés en prison à Pontremoli[3]. En 1138, il se rendit à Cologne auprès de l'empereur Conrad III de Hohenstaufen, qui venait d'être élu et couronné.
L'abbé Odon fit orner l'église abbatiale de Saint-Remi d'un décor qui subsista jusqu'à la Révolution. L'élément le plus remarquable en était un pavage en mosaïque qui s'étendait dans le chœur monastique et sur les degrés du maître-autel[4]. Cette décoration lui fut sûrement inspirée par ses deux voyages en Italie, où il put admirer des pavages intérieurs d'églises à décors figurés, et aussi par son séjour à l'abbaye de Cluny[2].
À sa mort, il fut enterré dans l'église de Saint-Remi, sur le côté gauche à la porte du chœur, vis-à-vis du tombeau de l'archevêque Raoul le Verd († 1124). On voyait sur le sien, outre son effigie, des représentations de chartreux tenant à la main des outils de maçon, pour marquer la construction de la chartreuse du Mont-Dieu[5]. Le pape Eugène III le combla d'éloges dans une lettre qu'il adressa à l'abbé Hugues, son successeur.