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Olivier Le Baillif

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Olivier Le Baillif est connu pour sa réputation de traître au Québec au XVIIe siècle.

Faits en bref
Olivier Le Baillif
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D'abord employé comme commis pour le commerce des fourrures par la Compagnie de Caen, après que la compagnie de Caen ait été dissoute par Richelieu, et son directeur Guillaume de Caën[1] évincé de Québec[2],[3] car tenu responsable des frictions entourant l'arrivée des Jésuites en juin 1625[4] (autodafé de l'anti-coton, opposition des habitants de Québec de loger le groupe de Jésuites[5],[6]), Olivier Le Baillif est techniquement au service de la Compagnie des Cent-Associés peu avant l'arrivée des frères Kirke.

C'est à titre d'employé de la compagnie des Cent-Associés collaborant avec les Anglais en temps de guerre qu'il est présenté comme traître dans l'histoire du Québec.

Le contexte politique (1625–1627)

Le rôle d'Olivier Le Baillif s'inscrit dans la refonte coloniale majeure orchestrée par le cardinal de Richelieu, la soumission politique et militaire des protestants par Richelieu, s'opposant à une apparence de « tolérance religieuse » de fait à Québec. À la suite des tensions de 1625–1626, marquées par l'autodafé de l'Anticoton trouvé chez les habitants à Québec, et par le refus de la population de loger les Jésuites qui seront contraints de se loger chez les Récollets à l'écart de Québec, le cardinal Richelieu ordonne que le trop calviniste Guillaume de Caën soit interdit à Québec, « sous peine de la vie » et de dissoudre sa compagnie. En 1627, Richelieu fonde la encore très inexpérimentée mais bien financée Compagnie des Cent-Associés, qui prend techniquement et abruptement possession de la colonie et dirige maintenant les ex-employés, qui resteront fragiles dans leurs nouvelles loyautés imposées.

À la suite de la prise de Québec et de ses entrepôts, puis de bateaux de ravitaillement de la Compagnie des Cent-Associés par les frères Kirke, suite à la rétrocession de la Nouvelle-France à la France suite au traité de Saint-Germain-en-Laye en 1632. Il devient difficile d'établir les légitimes droits de propriété de tous ces biens, jetant ainsi les bases d'un contentieux juridique et financier. Guillaume de Caen mènera une bataille juridique acharnée, laquelle se termine en 1643 par l'obtention d'un dédommagement massif de plus de 300 000 livres (très approximativement entre 50 000 000 et 100 000 000 dollars canadiens en 2026).

Collaboration avec les Anglais lors de la prise de Québec

Lors de la prise de Québec par les Frères Kirke en 1629, Olivier Le Baillif choisit de collaborer activement avec les Anglais. Profitant de sa connaissance des entrepôts, il participe à la saisie de milliers de peaux de castor appartenant à la compagnie de Caen, venant d'être dissoute, réclamées par la compagnie des Cent associés mais dont la propriété prendra des années en procédures juridiques à démêler, ultimement au profit de Guillaume de Caen.

Cette collaboration vaut à Olivier Le Baillif une condamnation sévère de la part de Samuel de Champlain, qui le qualifie de traître dans ses écrits :

« [...] un nommé Olivier le Baillif, natif d'Amiens, qu'il [la Compagnie] avait pris pour Commis, s'estant volontairement donné aux Anglais pour les servir et aider à nous ruiner [...] »[7]

La « trahison » de Le Baillif

C'est lors de la prise de Québec par les frères Kirke en 1629 que la position fragile d'Olivier Le Baillif bascule. Ancien commis de la calviniste Compagnie de Caen, mais maintenant depuis peu au service obligatoire des très catholiques et absolutistes Compagnie des Cent-Associés, Le Baillif choisit de collaborer avec les Anglais (les frères Kirke sont tous nés en France, et leur mère est une calviniste de Normandie). Ainsi, Olivier Le Baillif livre les fourrures accumulées dans les entrepôts, une action qui lui vaut d'être qualifié de traître tant par Samuel de Champlain que dans les Relations des Jésuites.

Olivier Le Jeune et l'esclavage

C'est également dans ce contexte d'occupation qu'il prend en charge un certain Olivier Le Jeune, pour la somme de 50 écus (environ 30 000 dollars canadiens, 2026). L'interprétation esclavagiste est mal soutenue dans les circonstances car d'une part l'esclavage économique basé sur la traite de la fourrure, principale activité économique, n'existe pas, ni sur la domesticité, la maison de Couillard étant difficilement une maison de luxe car elle n'a qu'un seul plancher, qu'elle est mal chauffée, il n'y a probablement qu'un ou deux lits. D'ailleurs, elle sera détruite car jugée insalubre à peine dix ans plus tard.

C'est plutôt dans le cadre des visées coloniales préalables de Guillaume de Caën pour Madagascar, Colonie de Fort-Dauphin qu'apparaît une logique financière pouvant expliquer la transaction liant Olivier Le Jeune à ses anciens employés : Olivier le Baillif et Guillaume Couilard. Olivier Le Jeune, comme interprète, aurait ainsi été un atout majeur pour ces projets.

Après le traité de Saint-Germain-en-Laye de 1632, ne pouvant rester à Québec en raison de sa collaboration, Le Baillif s'exile en Angleterre.

Continuité des réseaux marchands à Londres

Dix ans après les événements de Québec, en 1638, le nom d'Olivier Le Baillif réapparaît lors d'un procès pour diffamation intenté à Québec par l'interprète Nicolas Marsolet contre Olivier Le Jeune. Olivier Le Jeune accuse Marsolet d'être encore de connivance Le Baillif. Son témoignage confirme que Le Baillif était alors localisé à Londres, où il poursuivait ses activités au sein des réseaux marchands.

L'exil de Le Baillif à Londres auprès du clan Kirke s'inscrit dans la continuité des réseaux de transfuges français qui allaient plus tard favoriser les intérêts anglais en Amérique du Nord.

Ce même réseau familial et commercial semble encore exister et accueillera, quelques décennies plus tard, les explorateurs Pierre-Esprit Radisson et Médard Chouart des Groseilliers. Radisson épousera d'ailleurs à Londres Mary Kirke, fille de Sir John Kirke, le plus jeune des frères Kirke qui deviendra l'un des directeurs fondateurs de la Compagnie de la Baie d'Hudson (1670).

Références

Voir aussi

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