Ontologie de l'autisme

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L′ontologie de l'autisme est l'ensemble des éléments et questions philosophiques d'ontologie permettant de définir ce qu'est l'autisme. La description de l'autisme ayant significativement évolué depuis les premiers écrits des années 1910, la question ontologique repose sur les évolutions des descriptions de l'autisme à partir de l'observation de comportements humains similaires, et sur la méthode de détermination de ce qui constitue une information au sujet de l'autisme. L'une de ces questions ontologiques consiste à savoir s'il s'agit d'un trouble à caractériser et à corriger médicalement, ou d'une différence humaine pathologisée en raison de modes de communication qui diffèrent de ceux des individus qui ne sont pas autistes.

L'effet boucle des types humains, théorisé par Ian Hacking, implique qu'une évolution de ce que le mot autisme désigne accompagne la caractérisation du groupe humain des personnes autistes.

portrait photographique d'un homme caucasien aux cheveux gris.
Ian Hacking, premier philosophe à s'intéresser à l'ontologie de l'autisme.

L'autisme a toujours suscité des débats ontologiques, mais la littérature scientifique relative à ces débats est à la fois rare et récente[1], dans un contexte où l'autisme est devenu un terme « à la mode » ainsi qu'un objet culturel complexe durant les années 2010, après être longtemps resté un terme psychiatrique peu usité[2]. Il est historiquement défini et décrit dans les champs de la psychiatrie, de la psychologie et des neurosciences[1],[3]. La caractérisation de l'autisme découle de la séparation progressive entre l'idiotie et le délire, au XIXe siècle[4].

Lorsque Eugen Bleuler créée ce terme en 1911, l'autisme est défini comme un symptôme de la schizophrénie ; il faut attendre plus de trente ans pour que ce terme soit utilisé en tant qu'entité diagnostique autonome, en 1943[5]. Hans Asperger et Leo Kanner ont tous deux emprunté le terme « autisme » à Bleuler, mais ils le décrivent différemment : Kanner estime qu'il s'agit d'un trouble psychiatrique infantile rare et sévère, alors qu'Asperger décrit un trouble sans handicap intellectuel, avec une possibilité d'évolution favorable[6]. Par la suite, l'autisme devient peu à peu l'objet d'attention aux États-Unis à partir des années 1960, en parallèle du mouvement de désinstitutionnalisation[7].

Le philosophe canadien Ian Hacking est le premier à s'intéresser à l'ontologie de l'autisme, en 2002 et en 2004[8]. Il travaille notamment sur les autobiographies de personnes autistes[9], dans un contexte où la production culturelle des individus diagnostiqués comme autistes devient abondante[10]. Durant les années 2000 et 2010, l'autisme est défini médicalement comme étant un « trouble », sur la base d'hypothèses causales telles qu'un déficit de théorie de l'esprit, des dysfonctions exécutives, et une faible cohérence centrale[3]. Les écrits autobiographiques de personnes autistes portent une demande de modification de la description médicale de l'autisme, et une revendication identitaire[7].

En 2012, le chercheur Damian Milton (Université du Kent) soumet une hypothèse susceptible de changer la définition de l'autisme, en le faisant passer du statut de trouble caractérisé par des déficiences propres à la personne autiste, à celui de manière de communiquer différente de celle des personnes qui ne sont pas autistes : le problème de la double empathie[3], hypothèse qui suscite ensuite une série de réflexions philosophiques[11],[12],[13]. Il postule que la manière dont l'autisme est décrit soit en partie une construction sociale[14].

Depuis, la question de savoir si l'entité autisme prise dans son entièreté constitue, ou non, une psychopathologie, reste une question débattue[15].

Questions ontologiques soulevées

Notes et références

Bibliographie

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