Opferring Elsass
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L'Opferring Elsass est une organisation nazie alsacienne affiliée au NSDAP fondée en 1940 par le gauleiter Robert Wagner.
| Fondation |
1er octobre 1940 |
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| Dissolution |
Novembre 1944 |
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| Fondateur | |
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Histoire
Fondation et organisation
Dans le cadre de la germanisation forcée et de nazification de l'Alsace annexée au Troisième Reich après 1940, l'Opferring Elsass est créé le 1er octobre 1940[1],[2], au sein du NSDAP par Robert Wagner, gauleiter local.
Contrairement à d'autres structures nazies imposées et obligatoires (comme la HitlerJugend ou le Reichsarbeitsdienst), l'Opferring était présenté comme une organisation « volontaire[3] » pour les Alsaciens aspirant à intégrer le parti. Des badges d'adhésion en zinc (souvent fabriqués par R. Hauschild à Pforzheim) étaient distribués aux contributeurs financiers ou sympathisants, marqués du logo NSDAP et du nom « Opferring Elsass ». Ces insignes, portés par les Volksdeutsche (Allemands ethniques) d'Alsace-Lorraine, servaient de marque de loyauté.
L'organisation remplaça ou absorba des structures locales préexistantes, comme l'Elsässischer Hilfsdienst (Service d'aide alsacien, animé par Robert Ernst et dissous à l'été 1940). Elle visait une germanisation totale en dix ans (réduite à cinq par Wagner), en recrutant parallèlement des Alsaciens "méritants" dans les SS et SA dès 1940, avant l'admission des premiers autochtones dans le NSDAP en janvier 1942[4]. L'organisation s'adressait avant tout aux autonomistes ainsi qu'aux minorités allemandes ethniques et ordonnait aux hommes à postes à responsabilité d'y adhérer sous peine d'être démis de leur fonction. Une circulaire du 8 octobre 1941 émanant de la direction du NSDAP du Kreisleitung de Colmar écrit par exemple : « Un contrôle de la statistique politique de votre personnel m’a permis de constater qu’un pourcentage minime de vos collaborateurs sont à l’Opferring ; dans certaines entreprises, même les dirigeants n’en font pas partie. Je veux que d’ici le 9 novembre 1941 tous les cadres, employés, contremaîtres, ouvriers des services publics et des entreprises adhérent à l’Opferring. Les chefs d’entreprises qui, d’ici le 9 novembre 1941, n’auront pas adhéré à l’Opferring seront démis de leurs fonctions conformément à la loi sur le travail national, car je considérerai cela comme un refus à notre égard[1]. » Les mêmes obligations étaient également imposées aux personnels soignants et aux médecins.
Activités
L'Opferring Elsass fonctionnait comme un parti nazi junior, exclusif à l'Alsace et conçu comme un tremplin vers des postes plus élevés dans la hiérarchie nazie[3]. Son objectif principal était de fidéliser la population locale : en encourageant les dons financiers et les actes de « sacrifice » (Opfer signifiant à la fois « victime » et « offrande »), il testait la loyauté des Alsaciens face à la résistance passive ou aux doutes sur l'annexion.
L'organisation participait à des rassemblements massifs pour démontrer l'unité du Gau Oberrhein (fusion Bade-Alsace) et favorisait l'incorporation dans la Wehrmacht. Les réfractaires étaient réprimés via le Sondergericht (tribunal spécial) de Strasbourg, où Wagner influençait les verdicts (72 condamnations à mort pour motifs politiques, dont 70 exécutions).