Opération Ayesha
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L'opération Ayesha s'intègre dans le cadre de l'opération « Fortitude Sud » à la fin de la Seconde Guerre mondiale, visant à tromper l'ennemi allemand quant au débarquement prévu en Normandie, en leur faisant croire que le débarquement principal des troupes alliées en France aurait lieu sur les côtes du Pas-de-Calais[1].
En avril 1944, les Britanniques qui soutiennent le réseau Mithridate de résistants français en coordination avec le BCRA, parachutent un nouveau poste de radio, nommé « Ayesha », qui doit permettre de communiquer en phonie avec Londres (plutôt qu'en morse) sans être détecté. Sa portée maximale annoncée à 250km impose un essai dans le Nord-Pas-de-Calais : Frédéric Donet, à qui est confiée cette mission en tant que chef-adjoint du réseau Mithridate, fait appel à Michel Stoven, camarade de feu et ami proche depuis la Grande Guerre, pour tester l'appareil chez lui à Renescure[2].
Le premier essai a lieu le 20 avril 1944, avec le chef-radio Rogatien Gautier alias « Roddy » : la communication est établie avec Londres en radiophonie – succès qui marque un réel progrès pour l'époque. Les jours suivants, et malgré des soupçons manifestes que l'appareil n'est pas indétectable[a], le second fils Stoven, Charles, poursuit les essais radios.
En mai, un plan de la London Controlling Section vise à déployer un réseau de postes Ayesha entre la frontière belge et le Cotentin. Dans ce cadre, une communication plus importante est prévue le 19 mai, toujours depuis Renescure chez les Stoven[4], par Frédéric Donet et Roddy du réseau Mithridate, en compagnie d'Antoine Masurel (chef du réseau Phratrie). Mais après quelques minutes seulement, la maison est encerclée par des militaires allemands, et tous sont arrêtés[5].
Plusieurs résistants exécutés
Frédéric Donet, Rogatien Gautier et Antoine Masurel sont durement interrogés par la Gestapo militaire, en plusieurs lieux avant d'être regroupés à la prison de Fresnes puis transférés à la prison de Saint-Gilles à Bruxelles, où ils sont formellement condamnés à mort. Embarqués dans le « Train fantôme» à destination de l'Allemagne, ils sont libérés in extremis le 3 septembre[b],[3].
Michel et Charles Stoven seront déportés en Allemagne au mois d'août et exécutés le 25 septembre 1944.
De nombreux autres membres du réseau Mithridate sont également arrêtés dans les jours qui suivent l'opération :
- Jean Guet (chef du secteur Nord) ainsi que Bressac (chef du réseau) et plusieurs autres agents Mithridate, rejoignent les prisonniers à Fresnes, jusqu'à leur libération à Bruxelles.
- Fernand Morneau, René Stahl et Robert Vechierini seront fusillés le 24 août au fort de Seclin.