Frédéric Donet
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| Frédéric Donet | ||
| Surnom | « Laflèche » | |
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| Nom de naissance | Frédéric Léon Donet | |
| Naissance | Rully (Saône-et-Loire) |
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| Décès | (à 88 ans) Dunkerque (Nord) |
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| Origine | ||
| Arme | Génie | |
| Grade | Général de brigade | |
| Années de service | 1910 – 1946 | |
| Commandement | BG de la 3e DI (1918) |
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| Conflits | Première Guerre mondiale Seconde Guerre mondiale |
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| Faits d'armes | Prise de Tahure (oct. 1915) |
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| Distinctions | Grand officier de la Légion d'Honneur Médaille militaire |
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| Autres fonctions | Chef-adjoint du réseau Mithridate du BCRA | |
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Frédéric Donet, né le à Rully (Saône-et-Loire) et mort le à Dunkerque (Nord), est un officier général du génie et résistant français, grand officier de la Légion d'honneur.
Il se distingue au cours de la Première puis de la Seconde Guerre mondiale au cours desquelles il obtient seize citations (dont 10 à l'ordre de l'armée) ainsi que de nombreuses décorations françaises et alliées[1].
Lors des commémorations du centenaire de la Première Guerre mondiale en 2014, il figure parmi les « 100 héros »[2] de la Grande Guerre.
Famille
De père inconnu[3], il est élevé par sa mère Lazarette Donet[4], couturière, avec le soutien de l'ingénieur Joseph-François Gard[a], et par ses grands-parents[5] de Rully. À 15 ans il gagne l'Angleterre, puis part à l'aventure au Ghana, où il travaille dans une compagnie de cacao.
De retour en France à 18 ans, il s'engage au 3e régiment du génie à Arras en , et devance ainsi son appel de classe. Il prend congé à partir de 1912 pour des études d'ingénieur des mines à l'École des Maîtres et Ouvriers-Mineurs de Douai.
Il se marie en 1922 avec Madeleine Destappes à Luchy, qu'il a rencontrée lors d'un cantonnement pendant la Première guerre. De cette union naîtront deux enfants, Jean et Marguerite. Jean, futur médecin, sera résistant à 19 ans (FTP puis Mithridate). Il rejoint l'Afrique du Nord fin 1943, débarque en Provence, combat à Belfort (blessé), puis jusqu'en Autriche à la capitulation allemande. Médaille des évadés, médaille militaire et chevalier de la Légion d'honneur en 1963[1]. Marguerite Donet, future enseignante, épousera Henri Stoven aux Invalides en 1950, cristallisant les liens fidèles entre ces deux familles éprouvées par les deux guerres mondiales[b].
Parcours militaire
Première Guerre mondiale
Mobilisé le 1er août 1914, Frédéric Donet participe à la bataille des Frontières puis à la première bataille de la Marne. En décembre, au cours de la guerre des mines en forêt d'Argonne, il est blessé aux jambes par un éclat de bombe. Il regagne le front aux Éparges en juin et obtient 3 citations pendant les combats qui se poursuivent au « Point X » dominant la plaine de la Woëvre.

Le en Champagne, comme chef de la section d'assaut du génie, il est en première ligne pour la prise du village de Tahure et y fait 60 prisonniers, dont 1 officier et 3 sous-officiers[6],[7],[8], ce qui lui vaut la médaille militaire et la croix de guerre avec palme, sur une citation du général Joffre.
Début 1916, il contribue, toujours avec la compagnie 2/1 du génie de la 3e DI, à la défense des Hauts-de-Meuse face à l'offensive allemande sur Verdun. Puis en août, c'est la grande offensive de la Somme, au cours de laquelle la 3e division d'infanterie obtiendra plusieurs succès jusqu'à Villers-Carbonnel, et une citation collective[7]. Frédéric Donet est blessé au bras par éclat d'obus en septembre.
En 1917, il assure les voies de communication avec l'arrière pendant la bataille du Chemin des Dames et participe aux combats pour la reprise de la Cote 304 lors de la seconde bataille de Verdun jusqu'à sa 3e blessure (tête, main et jambe) causée par une grenade en juillet. Il est fait chevalier de la Légion d'honneur et décoré par le roi d'Italie de la médaille de valeur militaire.
Au printemps et à l'été 1918, il participe aux contre-offensives alliées à Moreuil, lors de la prise de Sauvillers avec les chars anglais, et sur le front de Montdidier.
Promu capitaine en août, il prend la tête de la compagnie 2/1 et rétablit les ponts sur l'Avre sous le feu ennemi : il sera sérieusement blessé à la cuisse par une balle explosive – nouvelle citation[7].
En novembre 1918, il entre en Allemagne avec l'avant-garde de la 3e division, à la tête du 2e bataillon divisionnaire du génie.
Entre-deux guerres
Commandant du bataillon d'instruction du 3e régiment du génie, il part pour Constantinople en et y sert comme volontaire au Corps d'occupation, y réalise des travaux notamment à la pointe du Sérail. De retour en pour se marier, il est réaffecté à Arras.
S'ensuit à partir de 1924 une série d'affectations à l'état-major particulier du génie (chefferies d'Orléans, Saint-Denis, Laon, Mézières) et à l'établissement central du matériel du génie à Versailles. Cette période est entrecoupée de congés et mises en disponibilités pendant lesquelles il dirige des travaux publics. De telles difficultés de carrière militaire tiennent au désaccord qu'il exprimait avec la stratégie de fortification des frontières (ligne Maginot) : le capitaine Donet, spécialiste des mines, milite pour le développement des véhicules blindés et autres moyens de combat pour les troupes du génie.
Il est néanmoins élevé à la dignité d'officier de la Légion d'honneur en 1932, et promu chef de bataillon le , au commandement du génie de la 1re division légère mécanique nouvellement formée (« légère » car entièrement motorisée).
Seconde Guerre mondiale
Offensive de la Sarre et campagne de France
Mobilisé à la fin avec la 1re DLM, il réalise un déminage important lors d'une mission de reconnaissance en avant des premières lignes françaises à l'offensive de la Sarre, dans la forêt du Warndt. La découverte d'une mine lourde anti-chars allemande (Tellermine 35), qu'il désarme et rapporte avec Jean de Douhet, lui vaut une citation[9]. Pendant la suite de la « Drôle de guerre », il dispense des cours sur les pièges et les mines aux officiers du GQG et œuvre au développement d'engins, tout en conservant son commandement du génie divisionnaire à la 1re DLM.
Affecté à la 7e armée du général Giraud à partir de , il entre en Belgique le 10 mai avec l'avant-garde de la 1re DLM suivant le plan Dyle-Breda, pour contrer l'invasion allemande. La 1re DLM arrive rapidement au contact de l'ennemi, mais subit dès le lendemain, à l'approche de Bréda, un premier bombardement dévastateur par les Stuka. Les sapeurs du commandant Donet font sauter des ponts à Tilbourg, participent à la défense du canal Albert à proximité d'Anvers, et rétablissent un passage de fortune sur la rivière Pulderbeck permettant le repli des Chasseurs ardennais.
La 1re DLM est rappelée précipitamment en France le , et s'engage au combat dans la région du Cateau. Mais le , Frédéric Donet est grièvement blessé à la tête par une balle, lors des opérations sur le canal de la Deûle à Billy-Berclau, en appui à la 1re DM engagée à Carvin et dans la Poche de Lille. Evacué de Dunkerque sur l'Angleterre, il sera soigné à Leeds et rapatrié sur sa demande, avant guérison, le .
En juillet, il reçoit le commandement du 9e bataillon du génie de l'Armée d'Armistice, à Roanne.
Activités en Zone Occupée

Dès , il est désigné pour prendre le commandement de 3 compagnies de sapeurs-mineurs démilitarisées en zone occupée, chargées de travaux sur la Marne pour le compte des Ponts et Chaussées : cette mission lui sert de couverture en tant qu'agent de renseignement du 2e Bureau dirigé par le lieutenant-colonel Baril. Il achemine ainsi un volume important de courrier et documents secrets entre Paris et Vichy et organise les premières "Unités de jeunes travailleurs"[c], mobilisées sur ses chantiers de reconstruction[10].
Du fait de son attitude et de certaines actions frisant le sabotage[d],[11], ses unités de sapeurs-mineurs sont rattachées au chef de bataillon Soubeyrand et subordonnées au 6e régiment allemand : Frédéric Donet est renvoyé en zone libre début , au 3e bataillon du génie de Castelsarrasin. Il revient rapidement en zone occupée en tant que responsable pour le Secrétariat Général à la Jeunesse de Vichy, du développement des Unités de jeunes travailleurs (27 au total), où l'esprit de Résistance est organisé, clandestinement, pour former d'éventuels noyaux de combat.
Mais en l'absence de réels moyens matériels[e], les Unités de jeunes travailleurs peinent à subsister. Qui plus est, suspectées par l'occupant[f], ces unités sont dissoutes sur ordre des autorités allemandes début 1943. Au même moment, Frédéric Donet démissionne du Secrétariat Général à la Jeunesse.
Résistance dans le réseau Mithridate

Il entre alors à la Société générale[g], comme chef de la défense passive pour la France entière. Cette fonction lui permet de parcourir le territoire[14] (y compris la zone côtière interdite en Bretagne) et d'y collecter du renseignement militaire au profit du BCRA de Londres, transmis par les radios du réseau Mithridate, qu'il intègre au n°128 durant l'année 1943 sous le pseudonyme « Laflèche ».
En septembre, il est nommé chef-adjoint du réseau, auquel il apporte une grande impulsion, ainsi qu'en attestera le lieutenant-colonel Bressac – Pierre-Jean Herbinger. En octobre, le gouvernement de Vichy lui attribue la croix de commandeur de la Légion d'honneur, qu'il refuse.
- Préparatifs au débarquement en Normandie – Désinformation de l'armée allemande
En , il est promu colonel par le général de Gaulle, à titre temporaire, par radio depuis Londres, lors de l'essai du nouveau poste « Ayesha », lequel doit permettre de communiquer en phonie plutôt qu'en morse et ce, de façon indétectable.
Sur ordre de Londres et avec l'aide de la Société générale, il prépare ensuite le déploiement d'un réseau de postes de radiophonie Ayesha dans le Nord-Pas-de-Calais. Le , une communication importante est prévue[h]. Mais après quelques minutes seulement, la maison est encerclée par des militaires allemands[i] : les Résistants sont arrêtés. Auparavant, le colonel Donet parvient à dissimuler des notes sensibles qui échapperont à l'Abwehr.
- Captivité, condamnation à mort puis délivrance épique à Bruxelles
Il est durement interrogé par la Feldgendarmerie, puis incarcéré à la prison de Gand au régime des condamnés à mort, avant de retrouver ses camarades de l'état-major du réseau Mithridate, Roddy, Jean Guet et Bressac, à Senlis puis à la prison de Fresnes[17]. Au fil des interrogatoires par la GFP, il ressort que l'Abwehr allemande est persuadée d'un débarquement allié dans le Pas-de-Calais, et que cette mission-suicide y a contribué[j],[16],[18].
Mi-août, Frédéric Donet est transféré avec les autres prisonniers à la prison de Saint-Gilles à Bruxelles. Sa condamnation à mort lui est confirmée le pour 4 chefs d'accusation, depuis les Unités de jeunes travailleurs clandestines jusqu'à son action chez Mithridate et dans l'opération Ayesha[1]. Mais la progression des armées alliées vers Bruxelles précipite l'évacuation des 1500 prisonniers de Saint-Gilles, embarqués dans un train qui ne quittera pas la Belgique grâce à l'action conjointe des cheminots belges, de la Croix Rouge et des Résistants de la Brigade blanche: tous sont libérés le [17].
Libération de la France de l'Ouest
Fin , le général de Larminat lui confie le commandement du Génie des Forces françaises de l'Ouest[k], engagées dans la reconquête de la poche de Royan et de la pointe de Grave ainsi que de l'île d'Oléron et la Rochelle. Donet et ses sapeurs réalisent des opérations de déminage et de traversées pour les troupes et matériels (notamment 5 chars Somua S-35 lors du débarquement sur l'île d'Oléron le [19]) – citation américaine.
Après-guerre
Vers la fin du conflit, le colonel Donet reçoit plusieurs citations à l'ordre de l'armée : une première du général Koenig depuis Londres, une autre du général de Gaulle, toutes deux portant attribution de la croix de guerre avec palme. Il recevra également la médaille de la Résistance avec rosette.
En , un décret de De Gaulle le réintègre dans les cadres de l'armée d'active (réparation d'un préjudice de carrière depuis ). Il est affecté à l'Inspection technique du matériel du génie à Paris en août.
En , il est décoré de la prestigieuse Distinguished Service Cross américaine pour sa conduite en au cours de la réduction de la poche de Royan et de la pointe de Grave[20].
Nommé général de brigade en , il prend sa retraite militaire.
En 1948, il est élevé à la dignité de grand officier de la Légion d'honneur.
Il reste actif dans le civil à la Société Générale, en tant que Chef de l'Entretien, dans la continuité de son activité à la défense passive – médaille d'honneur du travail en 1963. Admis à une retraite civile en 1967, il cessera ses activités professionnelles en 1970, à l'âge de 79 ans.
États de service
- Engagé volontaire au 3e régiment du génie à Arras en , il est promu caporal en février et sergent en .
- : Mobilisé à la compagnie 2/3 du génie du 2e corps d'armée. En octobre, chef de section au 72e régiment d'infanterie.
- En 1915, il est chef de section aux compagnies 2/4, 2/2 puis 2/1 du génie de la 3e division d'infanterie.
- Promu sous-lieutenant en , lieutenant en et capitaine à 26 ans, en . Il commande la compagnie 2/1, puis le 2e bataillon divisionnaire du génie.
- Au sortir de la guerre, il commande le bataillon d'instruction du 3e régiment du génie.
- En 1921, il part pour Constantinople, volontaire au Corps d'occupation français. Rentre au 3e régiment du génie à Arras en 1922.
- Congés de carrière début 1924 et en 1925-26. Réaffecté en 1927 à l'état-major particulier du génie, chefferie Saint-Denis à Paris.
- De 1930 à 1936 : Affecté à l'établissement central du matériel du génie à Versailles, à la chefferie de Laon (1935) puis à celle de Mézières.
- Décembre 1936 : chef de bataillon du génie de la 1re DLM, puis du 9e bataillon d'armistice à Roanne ().
- Août 1940 : agent de renseignement du 2e Bureau. Couverture : travaux sur la Marne, puis au Secrétariat Général à la Jeunesse de Vichy.
- Mars 1942 : promu lieutenant-colonel.
- 1943 : Chef-adjoint du réseau Mithridate du BCRA, et (couverture) chef de la défense passive à la Société générale.
- Avril 1944 : promu colonel à titre temporaire par De Gaulle, par radio depuis Londres – promotion régularisée en 1945, à compter du .
- 1944-1945 : commande les unités de sapeurs au sein du Détachement d'Armée de l'Atlantique.
- Juin 1946 : nommé général de brigade. Puis retraite militaire. Passe dans le civil et travaille à la Société générale jusqu'en 1970.

