Orchite
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| Médicament | Ciprofloxacine |
|---|---|
| Spécialité | Urologie |
| CIM-10 | N45 |
|---|---|
| CIM-9 | 604 |
| DiseasesDB | 4342 |
| MedlinePlus | 001280 |
| eMedicine | 777456 |
| MeSH | D009920 |
L'orchite (ˌɔˑʁˈkiːˌt) (du latin orchitis, lui-même issu du grec ὄρχις, testicule), est une inflammation chronique ou aiguë des testicules, qui font partie de l'appareil génital masculin des mammifères.
Dès 1834, Johann Lukas Schönlein différencie, d'après leurs conséquences, l'« orchite simple » (excluant la forme traumatique), l'orchitis rheumatica, l'orchitis erysipelacea, l'orchite liée à la blennorragie et l'inflammation arthritique des testicules[1].
Épidémiologie
Les orchites touchent plus particulièrement les adolescents. En Irlande, une étude publiée dans le British Journal of Urology International (2010, no 105, p. 1060 à 1065) montre une augmentation des cas d'orchite chez les adolescents et les jeunes adultes.
Orchite ourlienne
Les hommes adultes contaminés par les oreillons contractent une orchite (orchite ourlienne) dans 15 % à 30 % des cas (0,2 % chez les enfants). Celle-ci survient entre trois et dix jours après le gonflement des ganglions du cou et de la mâchoire (parotidite)[2]. Chez les adolescents, l'orchite accompagne les oreillons dans 20 % des cas[3]. L'incidence est maximale entre 15 et 30 ans[4].
L'orchite ourlienne est rare dans les pays développés, mais relativement fréquente dans les pays peu développés. Elle est plus fréquente chez les fumeurs. Selon une étude de Shulman dans l'armée israélienne, 47 % des fumeurs atteints des oreillons développent une orchite, contre 22,4 % chez les non-fumeurs. Les formes bilatérales concernent 15 à 30 % des cas[4].
Description clinique
Symptômes
La Douleur testiculaire, souvent importante, est située au niveau des testicules et remonte dans le canal déférent. Elle est analogue à celle qui accompagne une torsion des testicules. Le testicule est sous pression et sensible au toucher. La douleur peut irradier dans l'aine, le périnée et la région lombaire. Elle augmente lors de la pratique de la marche, et, plus précisément, lors de la descente d'escaliers.
On observe un gonflement d'un testicule ou des deux, parfois en quelques heures, ainsi que celui des ganglions lymphatiques inguinaux. Le scrotum est rouge vif et brillant (hyperémique).
L'urine contient du sang (hématurie). Le sperme est très souvent d'une couleur jaunâtre due à la présence de sang, ce qui est normal étant donné l'inflammation aiguë du testicule. Selon la durée de l'écoulement, l'orchite est aigüe (deux à quatre semaines) ou chronique (plus de quatre semaines).
Il y a parfois présence de fièvre, de transpiration des testicules, de troubles dyspeptiques, de frissons, de maux de tête, de nausées ou de vomissements[3].
Les symptômes sont souvent accompagnés de ceux d'une infection urinaire[1],[5].
La fonction endocrine du testicule est altérée au cours de la phase aiguë de l'orchite, associant une chute de la testostéronémie, une augmentation de la production de l'hormone stimulatrice des follicules (FSH) et de l'hormone lutéinisante (LH)[4].
Diagnostic
Le diagnostic se fait par le toucher, accompagné d'un examen bactériologique de l'urine et du sang (hémoculture)[6]. Il ne peut être assuré que par un médecin. Dans les cas douteux, une échographie apporte d'utiles renseignements[5],[7]. La vélocimétrie Doppler est également utilisée[3].
Sur une échographie, on note l'hypoéchogènicité et l'hypervascularisation du testicule. Cette dernière peut être la seule anomalie constatée et est plus facilement mise en évidence en vélocimétrie Doppler[3].
Diagnostic différentiel
Des symptômes similaires peuvent s'observer dans les cas d'épididymite (signes de Prehn positifs), de torsion du testicule (signe de Prehn négatif), de tumeur du testicule (lymphome, leucémie diffuse ou séminome diffus[3]), d'hydrocèle, de varicocèle et de spermatocèle[5]. La présence de fièvre est caractéristique de l'orchite, par opposition à la tumeur du testicule[6].
Les hernies et divers traumatismes peuvent présenter des signes cliniques analogues[3].
Étiologie
L'orchite est souvent associée à une infection bactérienne, mycobactérienne[2], virale ou parasitaire (filariose[8]), une prostatectomie, une épididymite, un traumatisme ou une infection des voies urinaires.
Les infections les plus courantes sont les maladies sexuellement transmissibles, comme la gonorrhée, les chlamydia et la syphilis, mais aussi les oreillons (paramyxovirus), la typhoïde, la grippe, l'amygdalite, la lèpre[2], la tuberculose[réf. nécessaire], la varicelle, la fièvre glandulaire de Pfeiffer[9], la mononucléose[10], la mélitococcie, la septicopyohémie, la septicémie, la fièvre typhoïde[11] ou le typhus.
L'origine est généralement une infection préexistante, urétrite, prostatite, vésiculite ou cystite, qui remonte par le canal déférent. Les pathogènes courants sont les staphylocoques, E. coli, les streptocoques, Proteus, Neisseria et les spirochètes. La contamination par voie hématogène (par le sang) est rare, mais se rencontre dans les formes tuberculeuses et virale (par exemple, pour les orchites déclenchées par le virus des oreillons). En outre, il existe une forme granulomateuse, qui survient chez les hommes âgés et est, sans doute, une maladie auto-immune. On observe également une orchite liée à la syphilis[5],[7].
Pour des patients atteints de paraplégie et munis d'une vessie neurologique, l'orchite peut être due à un cathéter tordu.
Les lésions histologiques sont tantôt localisées par foyers au sein d'un parenchyme testiculaire et limitées au tissu interstitiel, tantôt plus diffuses et bilatérales. Elles sont de type inflammatoire non spécifique et caractérisées par l'infiltration lymphocytaire, l’œdème et des hémorragies. Dans les formes plus graves, la réaction inflammatoire est plus diffuse, avec infiltration leucocytaire des tubules, associant lymphocytes, polynucléaires neutrophiles, histiocytes et foyers de destruction de l'épithélium germinal[4].
Évolution
L'orchite peut évoluer vers la formation d'un abcès du testicule, ou vers une inflammation de l'épididyme (épididymite), aussi parle-t-on d'« orchi-épididymite ».
On observe une fibrose interstitielle plus ou moins étendue. Les formes sévères sont marquées par une fibrose concentrique péritubulaire, associée à une atrophie de l'épithélium germinal et une hyalinisation des tubules[4].
L'orchite peut conduire à des cas de stérilité (25 % des cas pour les orchites ourliennes[2]). Il n'a pas été établi clairement si l'orchite augmente le risque d'un cancer du testicule. L'association est, selon UC Davis, au mieux, limitée. L'incidence pourrait s'élever à 0,5 %. L'atrophie du testicule s'observe dans 30 à 50 % des cas[4].
L'orchite ischémique peut endommager les vaisseaux sanguins du cordon spermatique au cours d'une herniorraphie inguinale et provoquer l'atrophie testiculaire[12]. Celle-ci apparaît dans 60 % des cas, consécutivement à une orchite[3].
L'ochite tuberculeuse doit faire suspecter une tuberculose du rein. Celle-ci peut être visualisée par une urographie intraveineuse ou par la recherche du bacille de Koch dans les urines. Elle peut conduire à une obstruction du canal déférent[13].
Traitement
La thérapie consiste en la prise d'un antalgique et d'un anti-inflammatoire, complétée par celle d'un antibiotique dans le cas d'une origine infectieuse bactérienne. L'activité physique est réduite, le patient doit porter des suspensoirs ou autres sous-vêtements de contention. Une bonne hydratation est nécessaire[14].
Traitement de la douleur
L'application de glace et la surélévation du scrotum sont souvent pratiquées pour diminuer la Douleur testiculaire. Afin de soulager le patient, on administre des analgésiques comme le kétorolac, l'acétaminophène[14] ou la baralgine. Parfois, si la douleur est très forte, des médicaments analgésiques opiacés sont utilisés, en particulier l'hydrocodone, qui est habituellement utilisée dans les services d'urgence.
Traitement anti-inflammatoire
Dans tous les cas, il est recommandé d'utiliser des médicaments anti-inflammatoires non stéroïdiens comme le naproxène ou l'ibuprofène.
Traitement antipyrétique
L'hyperthermie est diminuée par l'administration de paracétamol ou d'anti-inflammatoires non stéroïdiens. Si le patient a une forte fièvre, accompagnée de frisson, l'hospitalisation en urgence s'impose[6].
Antibiothérapie
Dans les cas où l'orchite est causée par des infections bactériennes, le traitement s'effectue avec des antibiotiques tels que la ciprofloxacine, la céfalexine[5] ou la céfotaxime. Il dure cinq à six jours, dont 48 heures par voie intraveineuse, dans le cas des orchites aigües, par voie orale sinon[6], accompagné de la prise de vitamine E. Les tétracyclines sont efficaces sur Chlamydia trachomatis, comme les macrolides et les quinolones de deuxième génération. Le gonocoque peut être traité aux tétracyclines ou à la ceftriaxone.
Chez les patients de plus de 35 ans, le traitement fait appel au cotrimoxazole fort ou aux quinolones de deuxième génération. Dans les formes sévères, le traitement est hospitalier et parentéral (association aminoside-céphalosporine), avec relais par voie orale par cotrimoxazole ou quinolones de deuxième génération.
Si l'infection est d'origine virale, les antibiotiques ne sont pas recommandés.
Orchite ourlienne
Dans le cas des orchites liées aux oreillons, les patients sont traités par des gammaglobulines. Ceux-ci n'ont cependant pas fait la preuve de leur efficacité, pas plus que les œstrogènes et les corticoïdes[2]. Des traitements par l'interféron α2B ont également été préconisés[4].
Prévention
La prévention des orchites par la vaccination contre les oreillons, mais aussi par un traitement rapide et adéquat des maladies infectieuses comme la grippe, la scarlatine, la pneumonie, et l'angine.
Les partenaires du patient doivent être testés, en cas d'infection.