Organisation de la coopération islamique

organisation conférence islamique From Wikipedia, the free encyclopedia

L’Organisation de la coopération islamique (OCI), en arabe : منظمة التعاون الإسلامي (Munaẓẓamat at-Taʿāwun al-islāmī), en anglais : Organisation of Islamic Cooperation (OIC), appelée jusqu'en 2011 Organisation de la conférence islamique (en arabe : منظمة المؤتمر الإسلامي, en anglais : Organisation of the Islamic Conference), est une organisation intergouvernementale créée le à Rabat. Son siège se situe à Djeddah en Arabie saoudite et elle possède une délégation permanente aux Nations unies.

Faits en bref Situation, Création ...
Organisation de la coopération islamique[1]
Logo de l'organisation
Drapeau de l’OCI
Carte de l'organisation
Pays membres
Pays observateurs
Pays suspendus
Situation
Création
Type Organisation intergouvernementale
Siège Drapeau de l'Arabie saoudite Djeddah
Arabie saoudite
Langue Arabe
Français
Anglais
Organisation
Membres 57 États
Secrétaire général Drapeau du Tchad Hissein Brahim Taha

Site web oic-oci.org
Fermer

Regroupant 57 États membres, sa vocation est de promouvoir la coopération dans les domaines économiques, sociaux, culturels et scientifiques (grâce notamment à la Banque islamique de développement), mais aussi la sauvegarde des lieux saints de l'islam ou encore le soutien aux peuples palestinien et Ouïghours. À l'échelle mondiale, il n'existe pas d'autre organisation confessionnelle dont les membres signataires soient des États.

Ses trois langues officielles sont l'arabe, le français et l'anglais.

Buts

Outre des clauses de solidarité et d'entraide entre les États membres, l'Organisation de la coopération islamique est destinée à assurer la sauvegarde des lieux saints de l'islam. Elle soutient également la cause palestinienne dans le conflit israélo-palestinien.

Les buts de l'Organisation de la coopération islamique, définis par une charte élaborée à Djeddah en , sont les suivants :

  1. consolider la solidarité islamique entre les États membres ;
  2. renforcer la coopération entre les États membres dans les domaines économiques, sociaux, culturels, scientifiques ainsi que dans les autres domaines d'importance vitale et procéder à davantage de consultations entre les pays membres au sein des organisations internationales ;
  3. œuvrer à éliminer la discrimination raciale et le colonialisme sous toutes ses formes ;
  4. prendre les mesures nécessaires pour consolider la paix et la sécurité mondiale fondées sur la justice ;
  5. coordonner l'action pour sauvegarder les lieux saints, soutenir la lutte du peuple palestinien et l'aider à retrouver ses droits et à obtenir par la diplomatie, les territoires revendiqués comme leurs ;
  6. consolider la lutte de tous les peuples musulmans pour la sauvegarde de leur dignité, leur indépendance et leurs droits nationaux ;
  7. créer l'atmosphère propre à promouvoir la coopération et la compréhension entre les États membres et les autres pays.

Mais ce n'est pas une organisation strictement religieuse, car ses buts sont politiques, économiques, sociaux et culturels. Elle regroupe aussi des États plurireligeux, laïcs ou séculiers (Albanie, Azerbaïdjan, Indonésie, Kazakhstan, Kirghizistan, Liban, Ouzbékistan, Sénégal, Syrie, Tadjikistan, Turkménistan, Turquie). Hormis la Turquie, l'Albanie est le seul État européen membre de l'OIC[2] (depuis 1992[3]).

D'autres États comptant des millions de musulmans ne sont pas membres de l'OCI ou ne sont que membres observateurs, comme l'Inde (dont la participation a été bloquée par le Pakistan) et la Russie (membre observateur depuis 2005). Au contraire, des pays comptant une minorité de musulmans en sont membres, comme le Guyana, l'Ouganda ou le Suriname.

Historique

Siège de l'Organisation de la coopération islamique à Djeddah.

Le , plusieurs dirigeants de pays à majorité musulmane se réunissent à Rabat au Maroc à la suite de l'incendie criminel de la mosquée al-Aqsa de Jérusalem le par un fondamentaliste chrétien de nationalité australienne. Cependant, en toile de fond, la création de l'OCI est la réponse saoudienne à l'influence du Mouvement des non-alignés créé, en 1955, par Nasser, Nehru, Soekarno et Zhou Enlai.

En , la première conférence islamique des ministres des Affaires étrangères a lieu à Djeddah. Elle crée un secrétariat général chargé d'assurer la liaison entre les États membres et de coordonner leur action. Elle fixe son siège provisoire à Djeddah, dans l'attente de la « libération de Jérusalem ».

Le , l'OCI, réunissant les ministres des Affaires étrangères des 44 pays membres, condamnent à leur tour le livre Les Versets sataniques, mais se bornent à exiger l'interdiction du livre, à recommander l'adoption « de législation nécessaire à la protection des idées religieuses d'autrui » et à affirmer que l'auteur « est considéré comme hérétique ».

Le , la conférence des ministres des Affaires étrangères du Caire adopte la Déclaration des droits de l'homme en islam qui peut être vue comme une volonté de relecture des droits de l'homme dans un cadre compatible avec la charia.

En 2004, elle soutient, avec la Ligue arabe, le projet à l'ONU d'une « Alliance des civilisations », proposé par le gouvernement Zapatero (Espagne) et le gouvernement Erdogan (Turquie)[4].

En , l'OCI rédige le « document de La Mecque ». Signé par des dignitaires irakiens chiites et sunnites, le texte lance un appel à la fin des violences interconfessionnelles, à la libération de tous les otages et à la préservation de l'unité de l'Irak[5].

L'Organisation de la conférence islamique prend le nom d'Organisation de la coopération islamique le .

Elle suspend la Syrie le , dans le contexte de la guerre civile syrienne[6].

Membres

Secrétaires généraux

Davantage d’informations Secrétaire général, Pays ...
Secrétaire général Pays Années Photo
Tunku Abdul Rahman Drapeau de la Malaisie Malaisie 1971-1973
Hassan al-Touhami Drapeau de l'Égypte Égypte 1974-1975
Amadou Karim Gaye Drapeau du Sénégal Sénégal 1975-1979
Habib Chatti Drapeau de la Tunisie Tunisie 1979-1984
Sharifuddin Pirzada Drapeau du Pakistan Pakistan 1985-1988
Hamid Algabid Drapeau du Niger Niger 1989-1994
Azzeddine Laraki Drapeau du Maroc Maroc 1997-2000
Abdelouahed Belkeziz 2001-2004
Ekmeleddin İhsanoğlu Drapeau de la Turquie Turquie 2005-2013
Iyad bin Amin Madani Drapeau de l'Arabie saoudite Arabie saoudite 2014-2016
Yousef Al-Othaimeen 2016-2020
Hissein Brahim Taha Drapeau du Tchad Tchad Depuis 2020
Fermer

Le , Iyad Madani démissionne pour raisons de santé. Il est remplacé par Yousef Al-Othaimeen[8].

Sommets islamiques mondiaux

Monument construit à Lahore pour commémorer le 2e sommet islamique mondial qui s'y est tenu en février 1974.
Davantage d’informations Numéro, Dates ...
Numéro Dates Pays Ville
1er Drapeau du Maroc Maroc Rabat
2e - Drapeau du Pakistan Pakistan Lahore
3e - Drapeau de l'Arabie saoudite Arabie saoudite La Mecque et Taëf
4e - Drapeau du Maroc Maroc Casablanca
5e - Drapeau du Koweït Koweït Koweït
6e - Drapeau du Sénégal Sénégal Dakar
7e - Drapeau du Maroc Maroc Casablanca
1er extraordinaire - Drapeau du Pakistan Pakistan Islamabad
8e - Drapeau de l'Iran Iran Téhéran
9e - Drapeau du Qatar Qatar Doha
2e extraordinaire -
10e - Drapeau de la Malaisie Malaisie Putrajaya
3e extraordinaire - Drapeau de l'Arabie saoudite Arabie saoudite La Mecque
11e - Drapeau du Sénégal Sénégal Dakar
4e extraordinaire - Drapeau de l'Arabie saoudite Arabie saoudite La Mecque
12e - Drapeau de l'Égypte Égypte Le Caire
5e extraordinaire - Drapeau de l'Indonésie Indonésie Jakarta
13e - Drapeau de la Turquie Turquie Istanbul
6e extraordinaire
7e extraordinaire
14e 29- Drapeau de l'Arabie saoudite Arabie saoudite La Mecque
15e 14- Djeddah
16e 29- Drapeau du Maroc Maroc Rabat
Fermer

Drapeau

Le premier drapeau, adopté en 1981, utilise les couleurs panarabes, et plusieurs symboles islamiques : la couleur verte, le croissant, et « Allahu akbar »[9].

Le second drapeau, adopté en 2011 en même temps que l'organisation a changé de nom, consiste en un croissant et un globe verts, au centre duquel se trouve la kaaba.

Influence et critiques

En 2016, l'OCI impose à l'ONU d'expulser les ONG LGBT d'une conférence consacrée au sida du 8 au , conférence destinée à l'élaboration d'un plan d'éradication du VIH d'ici 2030[10]. Les États-Unis et l'Union européenne protestent officiellement contre la décision[11].

Le , en réponse à la reconnaissance de Jérusalem comme capitale de l'État d'Israël par les États-Unis de Donald Trump, l'OCI réunie à Istanbul reconnaît Jérusalem-Est comme la capitale de la Palestine, et appelle la communauté internationale à faire de même[12].

Délit de blasphème

Le Monde note :

« [l'OCI], dont la majorité des membres ont l'islam pour religion d'État et où toute critique est assimilée au blasphème, est souvent accusée de vouloir faire reconnaître au niveau international un délit de “diffamation des religions” sous couvert de lutte contre l'islamophobie. »

Dans les années 2000, l'OCI réussit en effet à faire adopter une telle résolution au Conseil des droits de l'homme des Nations unies et à l'Assemblée générale des Nations unies, malgré les critiques de pays occidentaux qui dénoncent une entreprise visant à restreindre la liberté d'expression[13].

« Stratégie de l’action islamique culturelle à l’extérieur du monde islamique »

En , une coalition de groupes musulmans américains a critiqué l'Organisation de la coopération islamique pour ne pas avoir pris la parole pour empêcher les abus contre les Ouïghours et a accusé les États membres d'être « intimidés par la puissance chinoise ».

Notes et références

Annexes

Related Articles

Wikiwand AI