Gouvernement Zapatero I

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Gouvernement Zapatero I
(es) Primer Gobierno Zapatero

Royaume d'Espagne

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Photo de famille du .
Roi Juan Carlos Ier
Président du gouvernement José Luis Rodríguez Zapatero
Vice-président María Teresa Fernández de la Vega
Pedro Solbes
Élection
Législature VIIIe
Formation
Fin
Durée 3 ans, 11 mois et 27 jours
Composition initiale
Coalition PSOE-PSC
Ministres 16
Femmes 8
Hommes 8
Moyenne d'âge 49 ans et 1 mois
Représentation
Congrès des députés
164  /  350
Sénat
106  /  259
Drapeau de l'Espagne

Le gouvernement Zapatero I (en espagnol : Primer Gobierno Zapatero) est le gouvernement du royaume d'Espagne entre le et le , sous la XIe législature des Cortes Generales.

Il est dirigé par le socialiste José Luis Rodríguez Zapatero et formé après les élections générales du 14 mars 2004. Il se compose initialement de 16 ministres, dont deux portent le titre de vice-président du gouvernement. Il est remanié en et . Il s'agit du premier gouvernement paritaire de l'histoire espagnole.

Minoritaire aux Cortes Generales, il est constitué du seul Parti socialiste (et son allié permanent catalan). Il bénéficie du soutien sans participation des partis nationalistes périphériques.

Il succède au gouvernement Aznar II, qui assumait la gestion des affaires courantes depuis les élections générales, et cède le pouvoir au gouvernement Zapatero II à la suite des élections de 2008, marquées par un renforcement de la majorité relative du Parti socialiste.

Contexte

Ce gouvernement est dirigé par le nouveau président du gouvernement socialiste José Luis Rodríguez Zapatero. Il est constitué par le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) et le Parti des socialistes de Catalogne (PSC). Ensemble, ils disposent de 164 députés sur 350, soit 46,9 % des sièges du Congrès des députés, et initialement de 106 sénateurs sur 259, soit 40,9 % des sièges du Sénat.

Il bénéficie du soutien sans participation d'Izquierda Unida (IU) et des partis nationalistes périphériques.

Il est formé à la suite des élections générales du 14 mars 2004. Il succède donc au gouvernement Aznar II, constitué du seul Parti populaire (PP). Il cède le pouvoir au gouvernement Zapatero II.

Après huit ans au pouvoir, le président du gouvernement José María Aznar ne se représente pas pour un troisième mandat et confie à Mariano Rajoy les responsabilités de chef de file électoral du Parti populaire (PP)[1]. Il convoque formellement le les élections générales au suivant[2].

Le , une série d'attentats terroristes frappent des trains de banlieue de Madrid, causant près de 200 morts[3]. Le gouvernement sortant met en cause le groupe terroriste et séparatiste basque ETA, cherchant visiblement à éviter que le lien soit fait entre les attentats et la participation de l'Espagne à la guerre d'Irak, dans la mesure où Oussama ben Laden avait menacé le pays de représailles en octobre précédent[4],[5].

Au soir du scrutin, contrairement à ce qu'indiquaient les enquêtes d'opinion, la victoire revient au Parti socialiste (PSOE) de José Luis Rodríguez Zapatero, qui tire parti de la controverse autour de la responsabilité des attentats de Madrid et conquiert 10,9 millions de voix, alors un record pour des élections générales[6], et 164 députés. Il devance de cinq points de pourcentage le Parti populaire. Faute de majorité absolue, les partis nationalistes, principalement Convergence et Union (CiU), le Parti nationaliste basque (EAJ-PNV) et la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), sont appelés à jouer un rôle-clé pour la formation du prochain gouvernement[7]. Au Sénat, le Parti populaire remporte la majorité relative mais perd 25 sièges tandis que le Parti socialiste, sans inclure son allié catalan, en conquiert 28[8].

Investiture

José Luis Rodríguez Zapatero prête serment à la Zarzuela après avoir été investi par le Congrès.

Le roi Juan Carlos Ier reçoit l'ensemble des partis politiques représentés au Congrès des députés les , et afin de proposer un candidat à la présidence du gouvernement[9]. À l'issue de ces entretiens, le monarque propose formellement la candidature de José Luis Rodríguez Zapatero au président du Congrès, Manuel Marín, qui annonce à son tour la convocation de la session d'investiture aux et suivants[10]. Lors de ses échanges, le monarque a pu constater que seul le Parti populaire avait l'intention de voter contre la candidature de Zapatero et que seule la Chunta Aragonesista (CHA) avait explicitement annoncé son vote favorable[11].

Le , Zapatero prononce son discours de politique générale, qui tourne autout de cinq piliers : le renouveau de la vie publique par une réforme constitutionnelle, une politique extérieur plus européiste et marquée par le retrait des troupes espagnoles d'Irak, un développement économique qui s'appuie sur l'innovation, de nouvelles politiques sociales, et l'égalité avec un projet de loi de lutte contre les violences faites aux femmes[12]. À l'issue du débat, le , le candidat remporte l'investiture par 183 voix pour, 148 voix contre et 19 abstentions. Outre le Parti socialiste, il bénéficie du soutien de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), d'Izquierda Unida (IU), de la Coalition canarienne (CC), du Bloc nationaliste galicien (BNG) et de la CHA. Les députés du PP sont les seuls à voter contre lui tandis que Convergence et Union (CiU), le Parti nationaliste basque (EAJ-PNV), Eusko Alkartasuna (EA) et Nafarroa Bai (NaBai) font le choix de la neutralité[13].

Il prête serment le au palais de la Zarzuela devant Juan Carlos Ier, en présence des présidents du Congrès des députés, Manuel Marín, du Sénat, Javier Rojo, du Conseil général du pouvoir judiciaire et du Tribunal suprême, Francisco José Hernando, et du Tribunal constitutionnel, Manuel Jiménez de Parga, ainsi que de son prédécesseur José María Aznar et du ministre de la Justice José María Michavila, en sa qualité de grand notaire du Royaume[14].

Formation

La composition du gouvernement est dévoilée le par le Parti socialiste. Conformément aux engagements pris par José Luis Rodríguez Zapatero à l'occasion de la Journée internationale des femmes le précédent, le nouvel exécutif est paritaire avec huit femmes pour 16 ministres. Il intègre six membres du « comité des notables » formé plusieurs mois auparavant pour conseiller la campagne électorale socialiste, quatre membres de la commission exécutive du PSOE et deux proviennent de la direction du groupe parlementaire[15]. Il présente ainsi un faible profil politique en raison de la volonté du président du gouvernement de projeter l'image d'une équipe de gestionnaires expérimentés[16].

José Luis Rodríguez Zapatero forme le premier gouvernement paritaire de l'histoire espagnole.

Zapatero nomme ainsi María Teresa Fernández de la Vega, figure de la direction du groupe parlementaire et des années Felipe González, comme première vice-présidente et porte-parole. En conséquence, son « numéro deux » et ami de longue date Jesús Caldera, pressenti pour ce poste, rejoint le ministère du Travail et des Affaires sociales avec pour objectif de mettre en valeur l'engagement social-démocrate du nouveau gouvernement. Comme ministre de l'Économie et des Finances, il fait appel au commissaire européen Pedro Solbes, à qui il accorde à sa demande le titre de vice-président, en raison du refus exprimé par Miguel Sebastián. Il confie à José Bono le ministère de la Défense, comme souhaité par celui-ci, et attribue donc le ministère de l'Intérieur, qu'il destinait initialement à Bono, à un de ses proches, José Antonio Alonso, pressenti ministre de la Justice. Ce poste revient alors à Juan Fernando López Aguilar, qui avait conclu un accord bipartisan sur ce sujet avec le Parti populaire sous la précédente législature. Pour le ministère des Affaires étrangères, il fait appel à Miguel Ángel Moratinos, bon connaisseur du Moyen-Orient dans le contexte du retrait programmé des troupes espagnoles déployées en Irak. Si Zapatero a personnellement choisi la plupart de ses ministres, deux lui ont été suggérées : Elena Salgado, ministre de la Santé, par Alfredo Pérez Rubalcaba, et Elena Espinosa, ministre de l'Agriculture, par José Blanco[16]. S'il rebaptise le ministère des Affaires étrangères en « ministère des Affaires étrangères et de la Coopération », le nouveau président renonce à sa prétention de renommer le ministère de l'Intérieur en « ministère de la Sécurité » et le ministère de l'Équipement en « ministère des Infrastructures » en raison de son engagement à éviter les dépenses inutiles[17].

Les nouveaux ministres sont assermentés, puis entrent en fonction, le , lors d'une cérémonie au palais de la Zarzuela devant le roi Juan Carlos Ier[18].

Évolution

Avril 2006

Avec la démission de José Bono, José Luis Rodríguez Zapatero exécute son premier remaniement ministériel.

Le , José Luis Rodríguez Zapatero procède au premier remaniement ministériel de son mandat en exécutant un mouvement à forte coloration politique dont il avait gardé le secret[19].

Il annonce avoir accepté la démission du ministre de la Défense, José Bono. Il précise que ce dernier la lui avait présentée six mois plus tôt et confirmée deux mois auparavant, mais qu'il attendait le « moment adéquat », notamment l'avance du PSOE dans les sondages et l'adoption définitive de la loi relative aux soldats et aux matelots. Afin de le remplacer, il choisit le ministre de l'Intérieur José Antonio Alonso, issu de son cercle de confiance. Le ministère de l'Intérieur revient au porte-parole du groupe socialiste au Congrès, Alfredo Pérez Rubalcaba, qui obtient ainsi une reconnaissance institutionnelle pour poursuivre son engagement dans le processus de paix au Pays basque. Cette circonstance appelle en effet à donner davantage de poids politique à ce portefeuille ministériel, après deux ans d'une indispensable discrétion dans la lutte contre le terrorisme. En complément, le président du gouvernement relève de ses fonctions la ministre de l'Éducation María Jesús San Segundo, au lendemain de l'adoption de la réforme du système éducatif, actant sa très faible notoriété et son incapacité à négocier la réforme du Code de l'éducation, en réalité menée à bien par Alfredo Pérez Rubalcaba au Congrès. Il la remplace par Mercedes Cabrera, présidente de la commission de l'Éducation au Congrès[19].

José Bono justifie alors sa décision par son souhait de mettre un terme à sa vie politique et s'occuper de famille, et nie que son départ soit en lien avec l'adoption du nouveau statut d'autonomie de la Catalogne[20]. Il reconnaîtra finalement, dix ans plus tard, que sa démission était bien lié à cette révision du cadre de l'autonomie catalane[21].

Les nouveaux ministres prêtent serment devant le roi au palais de la Zarzuela, puis entrent en fonction, le [22].

Septembre 2006

Dans la perspective des élections autonomiques du en Catalogne, le ministre de l'Industrie José Montilla est désigné chef de file par Parti des socialistes de Catalogne (PSC) le , ce qui contraindra José Luis Rodríguez Zapatero à le remplacer à la table du Conseil des ministres[23].

En puis , José Luis Rodríguez Zapatero remplace deux ministres candidats aux élections autonomiques.

José Montilla indique lui-même le qu'il quittera le gouvernement avant le , jour de la Fête nationale de la Catalogne (Diada), et indique que son successeur est déjà choisi[24]. Le , la présidence du gouvernement annonce que Joan Clos, maire de Barcelone depuis , sera le nouveau ministre de l'Industrie, du Tourisme et du Commerce. Bien qu'il fusse admis que le nouveau titulaire de ce ministère serait un Catalan, le maire de la capitale régionale ne faisait pas partie des favoris[25].

Il est assermenté devant le roi le au palais de la Zarzuela. À cette occasion, il se trompe dans le titre de son ministère en remplaçant involontairement « Industrie » par « Justice »[26].

Février 2007

Le , le ministre de la Justice Juan Fernando López Aguilar est désigné chef de file du Parti socialiste des Canaries-PSOE (PSOE Canarias) pour les élections autonomiques du 27 mai 2007[27]. José Luis Rodríguez Zapatero indique alors avoir l'intention de le maintenir au gouvernement pendant au moins deux mois[28].

La présidence du gouvernement dévoile le que le ministère de la Justice est confié à Mariano Fernández Bermejo, procureur de carrière, progressiste et alors procureur général chef de la section du contentieux administratif du Tribunal suprême, finalement préféré au secrétaire d'État à la Sécurité, Antonio Camacho. Conseiller technique du ministre de la Justice à la fin des années 1980, il a notamment travaillé avec María Teresa Fernández de la Vega et Juan Fernando López Aguilar[29].

Il prête serment devant le roi le au palais de la Zarzuela, puis entre en fonction[30]

Juillet 2007

À huit mois de la fin de son mandat, José Luis Rodríguez Zapatero remanie son gouvernement de manière inattendue.

José Luis Rodríguez Zapatero annonce le , de manière totalement inattendue, un remaniement ministériel, huit mois avant la fin de son mandat. Épargnant le « noyau dur » de l'exécutif et affectant des ministères sectoriels, le président du gouvernement reprend l'initiative à la suite du débat sur l'état de la Nation et envoie comme message son intention de mener à terme la législature, contredisant ainsi le discours tenu par le chef de l'opposition, Mariano Rajoy[31].

Le chercheur Bernat Soria remplace Elena Salgado comme ministre de la Santé, cette dernière venant prendre la suite du ministre des Administrations publiques Jordi Sevilla, fidèle de Zapatero depuis le congrès socialiste de . Au ministère de la Culture, Carmen Calvo, en conflit avec le secteur du cinéma et qui entretenait de mauvaises relations avec María Teresa Fernández de la Vega, cède sa place au critique littéraire César Antonio Molina. Carme Chacón, première vice-présidente du Congrès des députés, prend la suite de María Antonia Trujillo en tant que ministre du Logement, qui souffrait d'une faible notoriété en dépit de son travail important. La désignation de Carme Chacón permet au Parti des socialistes de Catalogne (PSC) d'accroître sa représentation au sein de l'exécutif et libère une fonction parlementaire qui semble dévolue à Carmen Calvo[31].

Les nouveaux ministres sont assermentés au palais de la Zarzuela devant le roi le , puis entrent en fonction[32].

Succession

Lors des élections générales du 9 mars 2008, le Parti socialiste renforce sa majorité relative au Congrès des députés avec 169 députés[33].

Le , José Luis Rodríguez Zapatero échoue à remporter l'investiture du Congrès au premier tour de vote avec 168 voix pour, 158 voix contre et 23 abstentions. S'il s'agit du deuxième échec d'un candidat au premier tour depuis , c'est la première fois qu'une telle situation se produit juste après des élections générales[34]. Lors du deuxième vote le , il obtient la confiance des députés avec 169 voix pour, 158 voix contre et 23 abstentions[35].

Il prête serment le [36], au lendemain du dévoilement de la composition de son nouveau gouvernement de 17 ministres[37]. Le nouvel exécutif est assermenté et entre en fonction le [38].

Composition

Notes et références

Voir aussi

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