Orgosolo
From Wikipedia, the free encyclopedia
Site

Orgosolo se situe au cœur de la Barbagia, dans le massif du Supramonte (it), au pied du mont Lisorgoni (978 mètres) et à proximité de la gorge de Gorroppu.
L'altitude moyenne de la commune se situe à 620 mètres d'altitude et sa superficie s'étend sur 224 km2.
Communes limitrophes
Les communes attenantes à Orgosolo sont Dorgali, Fonni, Mamoiada, Nuoro, Oliena, Talana (OG), Urzulei (OG) et Villagrande Strisaili (OG).
Histoire
Origines
Des vestiges de la culture nuragique sont présents aux alentours de la commune : village de pierre, dolmens, tombes troglodytiques et tombes dites « de géant ».
Pays pauvre, de pâturages et de reliefs peu habités, Orgosolo fut le théâtre de vols de bétail (moutons, cochons) et de séquestrations contre rançons qui alimentèrent le mythe du « bandit sarde ». On connaît l'histoire de Giovanni Corbeddu Salis, qui, au XIXe siècle prit le maquis pendant 18 ans, avant d'être abattu par les carabinieri, auquel Louis Van Gasteren consacra un film en 1975. Dans un film d'inspiration néo-réaliste sorti en 1961, Bandits à Orgosolo, tourné dans le Supramonte (it), dans le village et les environs d'Orgosolo, avec des bergers du lieu, Vittorio De Seta s'intéresse au mythe du bandit sarde et cherche à comprendre quelle réalité il recouvre.
Ce dernier, largement fantasmé, fut d'abord construit sur la tradition de résistance aux occupations coloniales (phénicienne, carthaginoise, romaine, espagnole...) ou militaires (OTAN, bases américaines) ainsi qu'à l'État italien, particulièrement forte dans la Barbagia.
Cet « atavisme rebelle » donna lieu à des études pseudocriminologiques au XIXe siècle : Alfredo Niceforo, disciple de Cesare Lombroso, décréta ainsi dans un livre intitulé La criminalità in Sardegna que la forme du crâne des sardes les prédisposait au crime - un extrait de son étude fait l'objet d'une peinture murale ironique.
La révolte de Pratobello en 1969
A Pratobello, l'élevage ovin a pour objet la transformation du lait en Pecorino sardo et pratique la transhumance en Sardaigne, qui fait depuis le XXIe siècle l'objet de circuits de randonnée en Sardaigne.
Le village est le théâtre en 1969 de la révolte de Pratobello. Le , un avis sur les murs de la ville demande aux bergers, qui travaillaient du secteur de Pratobello de transférer leur bétail ailleurs car, pendant deux mois, cette zone serait utilisée comme champ de tir. Le 9 juin, 3 500 citoyens d'Orgosolo ont commencé la mobilisation puis le 18 du même mois, la population a investi la Piazza Patteri: de l'assemblée est venue la décision de mettre en place une forme de protestation non violente et donc d'occuper pacifiquement la ville de Pratobello[2]. À partir du 19 juin, l'occupation a commencé et après quelques jours, au cours desquels aucun épisode de violence ne s'est produit, l'armée a abandonné les exercices et s'est retirée. À la suite de ces faits, le phénomène du muralisme, ou mouvement de la peinture murale est né et se diffuse dans une soixantaine de villages de la Barbagia où avait lieu la transhumance en Sardaigne[3]. Ce « mouvement muraliste »[3] et les peintures sont devenues une importante attraction pour les visiteurs de la région, contribuant au tourisme en Sardaigne.
Deux ans plus tard, en 1971, en France, sur le plateau du Larzac, les bergers apprenaient eux aussi qu’ils allaient devoir déménager en raison d'un projet d’extension de camp militaire[4].
Ce village a organisé une fête à l’occasion des 40 ans de la "lutte de Pratobello", avec une assemblée populaire pour en témoigner et célébrer l'importance de préserver les territoires, les langues et les cultures locales dans la Sardaigne actuelle[4].
Démographie
Nombre d'habitants recensés

Administration
Économie
L'économie est essentiellement pastorale, mais l'industrie du bâtiment et le tertiaire (services, tourisme) y tiennent une place grandissante, grâce à la position du site le long d'un des axes de la randonnée en Sardaigne. Le tourisme s'est intéressé aux célèbres peintures murales qui racontent des événements quotidiens, l’histoire et ses luttes sont en effet considérées comme un patrimoine culturel[5].