Ormosia coutinhoi
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| Famille | Fabaceae |
|---|---|
| Sous-famille | Faboideae |
| Clade | Meso-Papilionoideae |
| Clade | Génistoïdes |
| Tribu | Ormosieae |
Selon Tropicos (11 juin 2022)[2] et GBIF (11 juin 2022)[3] :
- Macroule coutinhoi (Ducke) Pierce
Ormosia coutinhoi est une espèce de plantes à fleurs de la famille des Fabaceae. C'est un arbre néotropical.
L'épithète spécifique rend hommage à José Coutinho de Oliveira qui en récolté des échantillons en fleur[1].
Il est connu en Guyane sous les noms de Panacoco (en Guyane, Panacoco désigne les lianes et arbres à graines rouges et noires : Ormosia spp[4], Abrus precatorius, Rhynchosia phasaeolides), Neko udu grande feuille, Saint-martin blanc (Saint-martin rouge) (Créole)[5]., Wanaku marikasmatgene, Wanaku purubumna (Palikur), Buiuçu (Portugais)[4], Korokororo, Warabokkadan (Arawak); Nekoe-oedoe, Neko oudou aguitin, Lebi-kiabisi, Lebi kiabisi (Nenge tongo)[6], Haiari[7].
Ailleurs, on l'appelle Horse eye[8], Crook (Créole du Guyana), Korokororo[5], Korongpinbiu (Akawaio), Wanaka (Macushi), Korokororo (Arawak)[9] au Guyana, Nekoe-oedoe (Sranan tongo, Nenge tongo), Lebi-kiabisi (Nenge tongo)[6] au Suriname, Buiuçu au Brésil[4].
Ormosia coutinhoi est un arbre grand à moyen, atteignant 35 m de hauteur, à feuillage dense vert très foncé, à rameaux cylindriques, finement pubérulents-ferrugineux devenant glabres, et à bourgeons secs brun doré.
Ses feuilles sont alternes, composées, imparipennées à 5-ll folioles. Les folioles sont glabres, très grandes (10-20 x 7-10 cm), pétiolulées, de forme ovale ou oblongue-ovale, à apex sub-aigu, à base obtuse ou cordée, avec les nervures médiane et secondaires très saillantes. marges en développante.
Les inflorescences sont des panicules terminaux soyeux, blanchâtres, à très petites bractées et bractéoles, et à fleurs pédicellées.
Le calice est persistant ou caduc, coriace, argenté-soyeux, campanulé, long de 1(–1,5) cm pour 0,7-1 cm de large, à 5 dents longues de 0,4-0,5 cm. L'étendard est suborbiculaire réfléchi. Les ailes et la carène sont subégales. L'ovaire est glabre, avec un stipe court.
Le fruit est une gousse ligneuse, déprimée, brun jaunâtre, glabre, globuleuse, à base effilée sur 0,5-2 cm, apex obtusement acuminé sur environ 0,2 cm, mesurant 6-7 x 4,5-5 x 2,5-3,5 cm (si elle contient 2 graines, la gousse est allongée mesurant 11(−13) x 4,5 x 2,5 cm, quelque peu resserrée entre les graines). La sutures est arrondie, épaissies (jusqu'à 0,7 cm), et large de 0,3-0,4 cm. Le péricarpe est épais de 0,3 à 0,5 cm. Les 1(-2) graines, mesurant 3-4 x 2,5-3 x 1,5-2 cm[10], sont rouges (rouge brunâtre une fois sèches), avec une tache linéaire oblongue et noire[6],[11],[5].
Il se distingue des autres Ormosia par la grande taille de ses graines[4].
Répartition
Écologie
Ormosia coutinhoi est un arbre de taille moyenne à grande, peu commun à fréquent, que l'on rencontre dans les forêts marécageuses, les forêts inondables, et le long des cours d'eau dans les Guyanes[6].
Ses graines flottantes sont hydrochores et peuvent ainsi être transportées sur de longues distances le long des fleuves, voire jusqu'en mer (il n'est cependant pas certain qu'elles survivent à l'eau salée)[12].
Utilisation
Ormosia coutinhoi est connu pour ses grosses graines rougeâtre dures (les plus grosses des Ormosia) souvent employées pour la fabrication de bijoux (ex : bijoux artisanaux fabriqués à partir de graines sauvages au Guyana[8]), et commercialisées jusqu'en Europe[12].
Le bois brun-jaune à veines foncées de Ormosia coutinhoi présente un aspect pelucheux, est moyen dans ses qualités mécaniques, sa densité et sa durabilité et sert dans l'ameublement bas de gamme au Suriname[5],[7],[13].
Ormosia coutinhoi est la base d'un remède contre la fièvre chez les Palikur de Guyane[4] et chez les Caboclos du bas Amazone[14] : on administre en friction corporelle, en bain ou en bain de vapeur, la décoction de l'écorce du tronc broyée en morceaux. L'écorce interne sert à soulager les rhumatismes et les graines râpées à apaiser les rages de dent au Guyana[15]. Les graines sont utilisées pour provoquer la sudation et pour traiter les rhumatismes par les Amérindiens de Kurupukari (en) (Guyana)[9],[16],[17],[18].
Chimie
Les espèces du genre Ormosia contiennent des alcaloïdes quinolizidinique dipipéridinique (spartéine et lupanine) qui en plus de leur toxicité notable, présentent des activités hypnotiques, morphiniques, anti-arythmiques, diurétiques et affectent la vision.
On a par ailleurs isolé dans Ormosia coutinhoi du lupéol, de l'acétate de lupéol et de la lupénone (un acide gras estérifié par le lupéol) L'écorce de son tronc contient des alcaloïdes (homopodopétaline, lupanine, homo-18-épiormosanine, podopélaline, 11-oxo-tétrahydro-rhombifoline[19])[4].
