Otocéphalie

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Otocéphalie
Fille atteinte d'otocéphalie.
Présentation
Type

L'otocéphalie est une malformation congénitale craniofaciale rare, souvent létale, qui se caractérise par une atrophie ou une absence de mandibule (agnathie) avec des oreilles situées sous, ou au niveau des joues.

L'otocéphalie fait le plus souvent partie d'un ensemble de malformations crâniennes (comme la cyclopie) ou extracrâniennes. Elle se diagnostique à l'échographie de grossesse.

Cette malformation est le plus souvent incompatible avec la vie, et la prise en charge de quelques cas moins sévères ayant survécu pose des problèmes éthiques.

Embryologie de la face humaine, du tube neural (4e semaine de grossesse) au visage définitif.

L'otocéphalie est une malformation congénitale rare survenant moins d'une fois sur 70 000 naissances. Sur la période 1990-2020 près de 65 cas ont été publiés dans le monde[1].

Cette malformation pourrait s'expliquer par un défaut de migration des cellules de la crête neurale lors de la blastogenèse. Ce défaut retentit sur la formation du premier arc pharyngé[1].

Le premier stade du développement facial de l'embryon humain s'effectue de la 5e à la 8e semaine de grossesse. La première paire d'arcs pharyngés évolue en mandibule, en formant une partie de la langue et les oreilles. Normalement, les oreilles sont initialement basses, situées sous ou au niveau des joues, puis elles sont progressivement repoussées en arrière et en haut au fur et à mesure du développement de la mandibule et du cou. Dans l'otocéphalie, la mandibule ne se développe pas ou reste absente, les oreilles restent basses[2].

Les causes de l'otocéphalie sont mal connues et en discussion. Les facteurs génétiques seraient des mutations des gènes OTX2, PRRX1, et CRKL[3],[2].

Dans quelques cas, il existe des anomalies chromosomiques comme des translocations entre chromosome 6 et chromosome 18[4]. Des études familiales suggèrent que l'otocéphalie pourrait être transmise selon un modèle autosomique dominant ou récessif. Les facteurs environnementaux augmentant le risque seraient des expositions tératogènes au cours de la grossesse : radiations, médicaments tels que les salicylates et la théophylline, exposition prénatale à l'alcool[3],[1],[2].

Clinique et classification

Otocéphale (image post mortem à la naissance).

L'otocéphalie se caractérise par[1],[3] :

  • une atrophie de la mandibule (micrognathie) ou son absence (agnathie) ;
  • une bouche réduite à un petit trou ou une simple fente (microstomie), avec atrophie de la langue (microglossie) ou son absence (aglossie) ;
  • des oreilles bas situées au niveau des joues ou de la partie supérieure du cou.

L'otocéphalie peut se présenter isolément ou dans le cadre d'autres malformations aggravant le pronostic (le plus souvent létal), d'où une classification en 4 types[4],[1] :

  1. otocéphalie isolée ;
  2. otocéphalie avec holoprosencéphalie et des malformations faciales comme la cyclopie ou le proboscis (nez en forme de tube) ;
  3. otocéphalie avec situs inversus et autres malformations viscérales ;
  4. otocéphalie avec holoprosencéphalie, situs inversus, et autres malformations.

Diagnostic et pronostic

Le diagnostic prénatal précoce de l'otocéphalie est difficile malgré les progrès de l'imagerie médicale[5].

Le diagnostic peut se faire lors de la surveillance échographique de la grossesse, le plus souvent au deuxième ou troisième trimestre de grossesse, notamment lorsqu'il existe un hydramnios ou d'autres malformations associées. L'utilisation d'échographie 3D ouvrirait la possibilité d'une détection plus précoce, au premier ou deuxième trimestre[6],[1].

La plupart des enfants atteints de formes sévères, incompatibles avec la vie (type 2 à 4), naissent mort-nés ou meurent quelques heures après la naissance, notamment par détresse respiratoire (absence de mandibule et malformations de la trachée et de l'oropharynx qui ne permettent pas trachéotomie ou intubation)[6],[2].

Dans l'otocéphalie type 1 (atrophie de la mandibule sans malformations létales), à la date de 2016, sept cas publiés ont pu survivre au delà de l'enfance, avec une trachéotomie, une alimentation par sonde (gastrostomie), et une chirurgie de reconstruction de la mâchoire[5].

Problèmes éthiques

Histoire

Notes et références

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