Pablo Daniel Magee
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Université Harvard
Sotheby's Institute of Art (en)
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Université de Greenwich Université Harvard Sotheby's Institute of Art (en) |
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Opération Condor, Honorablissîme, Fanpharaonnes |
Pablo Daniel Magee, né le à Paris, est un écrivain, journaliste d'investigation, conférencier, scénariste, réalisateur, dramaturge et musicien franco-suisse.
Né d’un père artiste plasticien, Patrice Stellest, et d’une mère poétesse et photographe, Pablo Daniel Magee grandit à Saint-Rémy-de-Provence. Son prénom fait référence au poète Pablo Neruda. Ses parents entretiennent des liens avec les familles d'André Breton, de l'artiste Alexander Calder et du chanteur d'opéra José van Dam[1]. Lecteur des aventures de Tintin, il déclare que celles-ci ont contribué à son intérêt pour le journalisme[2]. Durant sa terminale au lycée Mistral d’Avignon, il fréquente la Maison Jean-Vilar et rencontre l’écrivain Jorge Semprún, événement qu’il présente comme ayant influencé son intérêt pour la mémoire historique[3].
Après un baccalauréat littéraire, il intègre une classe préparatoire aux grandes écoles en vue du concours de l’Institut d’études politiques de Paris, puis effectue un séjour au Pérou. De retour en Europe en 2005, il suit des études à l’Université de Greenwich en philosophie, lettres modernes, cinéma et journalisme[4]. L’un de ses enseignants indique avoir travaillé pour le cabinet du secrétaire d’État américain Henry Kissinger et avoir assisté à des réunions portant notamment sur le coup d’État contre le président chilien Salvador Allende et la participation des États-Unis à l’opération Condor, ce qui amène Magee à s’intéresser davantage à ce sujet[5].
En 2009, il retourne en France et s’oriente vers la Gastronomie et le Vin. Aux côtés de l’entrepreneur David Hairion, il étudie notamment les vins de Bourgogne et rédige des textes pour plusieurs domaines viticoles, dont La Chablisienne, en collaboration avec le géographe Jean-Robert Pitte, le journaliste Jamy Gourmaud, l’académicien Jean d'Ormesson et le chef Paul Bocuse. Il participe également au dossier de candidature ayant conduit à l’inscription de la cuisine française au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, initiative portée par l’historien Michel Serres[6].
En 2012, lors d’un séjour au Paraguay, il rencontre le Dr Martin Almada, défenseur des droits de l’homme et découvreur en 1992 des documents relatifs à l’opération Condor[7]. À la suite de cet échange, Magee entreprend un projet d’écriture consacré à Almada. En 2013, il s’installe au Paraguay afin de mener une enquête de plusieurs années, durant laquelle il rencontre diverses personnalités, parmi lesquelles Stéphane Hessel, Robert Badinter, Plantu, Juan-Martín Guevara, le Pape François, Pierre Rabhi, Jean Ziegler, Miguel Angel Estrella et Costa Gavras[8].
Œuvre
Littérature
En 2014, Pablo Daniel Magee publie son premier ouvrage, L'eau chante au Lapacho, en édition bilingue français-espagnol aux Éditions Lapachos, sous le pseudonyme « Balth ». L’ouvrage prend la forme d’un reportage consacré à l’Orchestre H2O, Sonidos de la Tierra, dirigé par le chef d’orchestre paraguayen Luis Szarán. Cet ensemble est composé de jeunes musiciens jouant sur des instruments fabriqués à partir de matériaux recyclés, dans le cadre d’un projet de sensibilisation à la préservation de l’eau potable. L’ouvrage retrace le parcours de ces musiciens depuis leurs localités de la périphérie d’Asunción jusqu’à diverses scènes internationales, dont les American Music Awards, ainsi que des concerts en première partie d’artistes tels que Will.i.am ou Jack Johnson. L’événement de lancement du livre, organisé à Lausanne, est présenté par Friedrun Burkhalter et Hilde Schwab, cofondatrice du Forum économique mondial[6].
En 2020, Magee publie Opération Condor, un homme face à la terreur en Amérique latine aux éditions Saint-Simon. L’ouvrage, présenté comme un roman non fictionnel, porte sur la vie de Martín Almada, défenseur paraguayen des droits de l’homme, connu pour avoir découvert les Archives de la terreur liées à l’opération Condor en 1992[9]. Almada a été détenu sous la dictature du général Alfredo Stroessner pour « terrorisme intellectuel », avant son exil successif vers le Panama puis Paris, où il travaille pour l’UNESCO. De retour au Paraguay, il participe à la mise en lumière de ces archives[10]. L’ouvrage est préfacé par le réalisateur Costa-Gavras, et la couverture comporte une photographie du condor réalisée par l’artiste argentin Eliseo Miciu[11].
Plusieurs sources soulignent l’apport documentaire de l’ouvrage[12] ainsi que son style littéraire[13]. Dans une chronique publiée le 6 février 2021, le magazine Marianne propose une analyse littéraire de l’ouvrage[14]. L’ouvrage contient également des récits reconstitués à partir de témoignages, dont un épisode relatif au Che Guevara[15], ainsi que des éléments sur l’histoire culturelle paraguayenne[16]. Le 25 mai 2021, Opération Condor est intégré aux collections de la Bibliothèque du Congrès des États-Unis. À la suite de la parution du livre, Martín Almada est décoré de l’ordre national de la Légion d'honneur par le président Emmanuel Macron, le 6 décembre 2021[17].
En 2021, Magee publie Pundonoroso / Honorablissime aux éditions Servilibro, en édition bilingue français-espagnol. L’ouvrage porte sur l’action de Martín Almada en matière de justice historique[18]. Il est préfacé par Agustín Nuñez[19], qui formule une appréciation critique citée dans plusieurs médias[20]. L’ouvrage est illustré par le peintre Oz Montanía.
Magee déclare avoir reçu des menaces durant la préparation de ses ouvrages consacrés aux dictatures d’Amérique latine[21].
Ouvrages
- L'eau chante au Lapacho, Lausanne, Éditions Lapachos, , 37 p. (ISBN 978-9-99532-884-9)
- Opération Condor, Paris, Saint-Simon, , 378 p. (ISBN 978-2-37435-025-7)
- Pundonoroso/Honorablissime, Asunción, Servilibro, , 117 p. (ISBN 978-99925-254-1-8)
- La Pluma del Condor, Barcelone, Descontrol, , 480 p. (ISBN 978-84-18283-84-0)
- La Plume du Condor, Paris, Syllepse, , 415 p. (ISBN 979-10-399-0314-1)
Cinéma
Entre 2005 et 2009, Pablo Daniel Magee travaille aux Pinewood Studios au sein d’équipes de production sur plusieurs films, dont Sherlock Holmes de Guy Ritchie et Les Voyages de Gulliver de Rob Letterman. Il est présent sur des plateaux où travaillent notamment Anthony Hopkins, Benicio del Toro, Hugo Weaving, Emily Blunt, Jack Black, Jude Law, Rachel McAdams et Robert Downey Junior. Selon ses déclarations, cette expérience contribue à son intérêt pour le milieu cinématographique[22]. Dans une interview télévisée[23], il explique qu’Anthony Hopkins lui a évoqué son rôle dans l’adaptation cinématographique de l’affaire de Joel Filartiga, ce qui l’incite à s’intéresser davantage à l’histoire de la dictature paraguayenne.
En 2009, Magee écrit et réalise le court-métrage Pass:on pour Watch a Thought Productions. Le film met en scène huit artistes, quatre peintres et quatre musiciens, réalisant en direct une fresque et une composition musicale improvisée. Parmi les peintres figure son père, Patrice Stellest. Pour ce projet, Magee collabore notamment avec le musicien britannique John Altman, compositeur ou arrangeur pour divers films — dont Titanic de James Cameron, James Bond: Goldeneye et Mourir peut attendre, ainsi que Monty Python : La Vie de Brian — et ayant travaillé avec plusieurs artistes de musique populaire, comme Barry White, Michael Jackson, Prince ou Björk. Altman a également été saxophoniste pour Sting, Amy Winehouse, Bob Marley, Chet Baker et Jimi Hendrix, selon ses mémoires Hidden Man: My Many Musical Lives.
En 2011, Magee coécrit et coréalise le court-métrage en 3D Stellest Genesis avec l’artiste Patrice Stellest et l’animateur Romain Caudron[24]. La musique est composée par le DJ new-yorkais Moby.
En 2018, Magee collabore avec le réalisateur canadien Jorge Diaz de Bedoya à l’écriture du scénario du long métrage El Supremo Manuscrito[25]. Le film traite de la disparition d’un manuscrit attribué à l’écrivain paraguayen Augusto Roa Bastos et se déroule dans un contexte de criminalité liée au trafic d’art au Paraguay[26].
Théâtre
En 2022, Pablo Daniel Magee écrit et met en scène la pièce de théâtre Pundonoroso[27], produite avec le soutien d’Amnesty International et présentée à l’Arlequín Teatro de l’Assomption[28]. La distribution comprend Héctor Silva, Silvio Rodas, Ronald von Knobloch, Ariel Galeano, Juan-Carlos Moreno, Roberto Cardozo et Romy Fischer, comédienne et avocate engagée pour les droits de l’homme. Les masques utilisés dans la pièce sont réalisés par l’artiste Patrice Stellest, et la musique est composée par Ariel Burgos, contrebassiste de l’Orchestre symphonique national. La pièce met en scène un personnage inspiré de Martín Almada, qui, dans une fiction empruntant des éléments à la Divine Comédie de Dante Alighieri, descend aux enfers pour réclamer que le dictateur paraguayen Alfredo Stroessner soit jugé[29]. Une figure relevant d’une interprétation luciférienne lui impose toutefois de défendre lui-même Stroessner lors d’un procès fictif, qui constitue le cadre principal de l’œuvre. Magee indique s’être inspiré de la philosophie du Collège de Pataphysique pour construire la structure de la pièce, ainsi que de son intérêt pour le travail d’Alejandro Jodorowsky[30]. À la suite de la première, plusieurs critiques culturels se prononcent sur la pièce. Benjamín Fernández Bogado publie un article dans El Independiente, où il souligne la portée qu’il attribue à l’œuvre dans le contexte paraguayen[31]. Sergio Ferreira, dans El Nacional, met en avant l’originalité de l’approche dramaturgique et le traitement historique proposé[32].
En octobre 2022, Pundonoroso est déclarée d’intérêt public par la résolution 806/2022 du ministère de la Culture du Paraguay[33].
Musique
Entre 2008 et 2011, Pablo Daniel Magee collabore ponctuellement avec l’équipe de production du festival Jazz à Vienne[34]. Durant cette période, il rencontre plusieurs artistes se produisant au festival, parmi lesquels Raul Midon, Chucho Valdes, Marcus Miller, Paco de Lucia, Herbie Hancock ou MC Solaar. Deux chansons de ce dernier sont citées dans son ouvrage Opération Condor. Magee indique également avoir entamé une correspondance avec l’ingénieur du son Richard Corsello, connu pour son travail avec Sonny Rollins.
Compositeur et interprète, Magee publie en 2013 l’album Universtatile[35] sous le nom « Pablo Magic » pour le label Watch a Thought. L’album est enregistré par l’ingénieur Robert Van Hove, qui a notamment travaillé avec Ella Fitzgerald, Herbie Hancock, John Lee Hooker et Francis Cabrel. Magee y collabore avec le percussionniste français Xavier Desandre Navarre[36]. Concernant la chanson Remember Petalesharo, Magee déclare vouloir y explorer ses origines amérindiennes[37]. Il est en effet apparenté à l’avocat et écrivain Walter R. Echo-Hawk[38] et au comédien David Echo-Hawk, interprète du chef de la tribu Osages dans le film Killers of the Flower Moon[39]. Magee est membre de la tribu des Pawnees, en Oklahoma. La chanson Remember Petalesharo s’inspire de la visite du chef Petalesharo à Washington en 1821 à l’invitation du président James Monroe et de son discours à la Maison-Blanche[40]. Sur ce même album, le guitariste et compositeur Romain Simeray réalise les arrangements.
Pablo Daniel Magee utilise une guitare Paisley Engraved Stainless Steel SteelCaster du luthier James Trussart, obtenue après la publication d’Opération Condor. Les deux se rencontrent à Cuba lors du concert Havana Moon des Rolling Stones le 25 mars 2016. Magee couvre alors l’événement comme journaliste, tandis que Trussart s’occupe des instruments utilisés par les musiciens du groupe. Magee évoque cet épisode dans une chronique publiée en 2022 dans El Independiente et intitulée Havana Moon Syndrome[41].
Engagements
En 2014, Pablo Daniel Magee collabore avec l’organisation indigène LINAJE (Liga Nativa por la Autonomía, Justicia y Ética) en enseignant le journalisme à de jeunes membres de la communauté Aché Guayaki du Paraguay, dans le cadre de projets de documentation portant sur les enjeux liés à leurs territoires. En 2018, il participe à des activités menées avec l’organisation Amnesty International en faveur de la liberté de la presse. En 2019, il est nommé « ambassadeur pour l’alphabétisation » par la Fondation Celestina, association bénéficiant du parrainage de l’UNESCO.
Il collabore également avec le Conseil national du Mouvement de la Paix en France, dans le cadre d’initiatives relatives au désarmement et aux débats publics portant sur la réduction des dépenses militaires ou leur reconversion vers des secteurs civils, notamment les énergies renouvelables. Il intervient à ce titre lors de conférences sur les droits de l’Homme destinées à divers publics, y compris auprès du Commando des instituts d’enseignement aéronautique du Paraguay en décembre 2022, lors d’une session où étaient présents le chef d’État-Major, plusieurs généraux et leurs collaborateurs[42].
En 2020, il adhère à Reporters sans frontières et, en 2021, il rejoint l'Internationale progressiste[43].
Ses travaux littéraires abordent également des thématiques liées aux droits humains et aux minorités, comme dans la pièce Phanfaranonnes, centrée sur un couple issu de la communauté LGBTQIA+.
Généalogie
Par sa lignée paternelle, Magee est un descendant de la famille Stoffel, une dynastie militaire franco-suisse originaire du château d’Arbon, dans le canton de Thurgovie. Le 4 mai 1831, son ancêtre le colonel Eugène Stoffel est nommé chef de corps de la Légion étrangère. Officier suisse et baron d’Empire, il a auparavant servi sous Napoléon au sein du bataillon Stoffel[44]. Il est considéré comme le premier dirigeant de la Légion étrangère[45], aux côtés de l’officier Francesco Zola, père de l’écrivain Émile Zola. En novembre 1831, la Légion reçoit un drapeau propre par décision du roi Louis-Philippe Ier, confirmant la reconnaissance de l’unité par la monarchie française. Le Baron Eugène Stoffel (1821–1907), descendant de cette branche et officier d’ordonnance de Napoléon III[46], est ensuite attaché militaire à l’ambassade de France à Berlin. Il rédige des rapports sur l’armée prussienne, publiés ultérieurement[47]. À la fin de sa carrière militaire, il se tourne vers l’archéologie et dirige les fouilles du site d’Alésia, participant à l’identification du campement de Jules César[48].
Au début du XXe siècle, la famille Stoffel s’illustre dans l’industrie textile en Europe[49]. Les ateliers Stoffel participent notamment au développement d’alliages tissu–aluminium utilisés par Ferdinand von Zeppelin pour la construction de ballons dirigeables. Plusieurs membres de la famille contribuent ensuite à des initiatives culturelles, philanthropiques ou diplomatiques. En 1937, Max Stoffel[50] coproduit le film Gribouille de Marc Allégret, avec Raimu, Bernard Blier et Michèle Morgan[51]. Le film adapte la production américaine Celle qu'on accuse de Paramount Pictures. Selon les sources, Max Stoffel joue également un rôle dans des actions diplomatiques durant la Seconde Guerre mondiale, notamment lors de visites du président américain Franklin Delano Roosevelt à Paris. Des liens sont attestés entre la famille Stoffel et plusieurs figures européennes comme Louis II et le roi de Thaïlande Rama IX[52].