Pacanchique

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Pacanchique était un personnage du folklore muisca. Il aurait été le fils du cacique de Ramiriquí, Baganique. À cette époque, Ramiriquí faisait partie du zacazgo de Quemuenchatocha, souverain de la Confédération muisca du Nord. La fiancée de Pacanchique, Azay, aurait été enlevée par Quemuenchatocha, et Pacanchique aurait tout fait pour la récupérer, allant jusqu'à mener les conquistadors espagnols à Hunza pour vaincre Quemuenchatocha[1].

Quemuenchatocha, zaque de Hunza, qui aurait enlevé la fiancée de Pacanchique.

Arrière-plan historique

Durant les siècles précédant l'arrivée des conquistadors espagnols, les hauts plateaux du centre (Altiplano Cundiboyacense) de l'actuelle Colombie étaient gouvernés par des chefs appelés « zaques » (confédération Muisca du nord) et des « zipas » (territoires du sud). D'autres régions étaient gouvernées par des « caciques », dont le souverain de Ramiriquí.

Mythologie

Les « Coussins du Zaque » sur lesquels avaient lieu les sacrifices.

Pacanchique, qui vécut sous le règne du zaque Quemuenchatocha, avait une belle fiancée, Azay. Quemuenchatocha organisait des pèlerinages au Temple du Soleil (en), construit par Goranchacha (en). Dans ce temple, des sacrifices humains étaient pratiqués ; de jeunes garçons de douze ans étaient offerts en sacrifice à Sué, le dieu du Soleil des Muiscas. Ces rituels se déroulaient sur les Cojines del Zaque (en) Coussins du Zaque »), deux pierres rondes de même taille, et étaient accompagnés de musique et de danses avec flûtes, ocarinas et tambours.

Lors d'une des célébrations, la délégation de Ramiriquí, composée du cacique Baganchique, de son fils Pacanchique et de sa fiancée Azay, ainsi que d'autres chefs de la région, vint de Soracá au temple pour vénérer le Soleil. Les festivités commencèrent à l'aube. Le zaque Quemuenchatocha s'agenouilla sur les Cojines pour inaugurer le rituel. Les cœurs des jeunes garçons furent arrachés et offerts en sacrifice au Soleil, tandis que Quemuenchatocha buvait leur sang. Le zaque aperçut la belle Azay et ordonna à ses serviteurs de l'amener à son palais cette nuit-là. Selon les traditions muiscas, le choix d'Azay était considéré comme un grand honneur et aurait été orchestré par les dieux ; Azay fut capturée cette même nuit[2].

Les artifices de Pacanchique

Désespéré par la perte de son amante, Pacanchique chercha un stratagème pour reconquérir Azay. Après avoir consulté son père, il se rendit dans les marais de Soracá, où les Muiscas cultivaient leurs plantes médicinales et psychoactives. Il y cueillit deux types de plantes et se rendit au palais de Quemuenchatocha, où il trouva Azay en larmes. Il lui donna l'une des plantes et elle s'endormit aussitôt. Lorsque Quemuenchatocha entra et découvrit sa belle inerte, lui et ses chamans, la pensant morte, tentèrent de la sauver, mais en vain. Au son d'une marche funèbre solennelle, Quemuenchatocha ramena le corps d'Azay à Baganique, à Ramiriquí. Là, Pacanchique lui donna l'autre plante cueillie dans les marais et Azay revint à la vie.

La « Colline des Pendus » où le père et la fiancée de Pacanchique furent pendus.

Lorsque Quemuenchatocha apprit qu'Azay n'était pas vraiment morte, il envoya ses guerriers Guecha à Ramiriquí pour la retrouver et punir les coupables du complot. Pacanchique s'enfuit du village, mais Azay et Baganique furent capturés par les soldats et emmenés à Hunza. Les protestations de son ancien ami Baganchique et de son peuple furent vaines ; le zaque ordonna qu'Azay et Baganique soient pendus sur la « Colline des Pendus ». Peu après, les conquistadors, menés par Gonzalo Jiménez de Quesada, atteignirent les territoires muiscas et découvrirent les corps pendus. Pacanchique, voulant venger la mort de son père et de sa fiancée, mena la petite armée de De Quesada jusqu'aux terres de Quemuenchatocha, où il fut trouvé assis sur son trône, entouré d'or, d'émeraudes et d'étoffes précieuses. Pacanchique indiqua également aux troupes espagnoles le chemin du Temple du Soleil, dans la cité sacrée de Sugamuxi. Pacanchique mourut finalement près de Bonza, transpercé par l'épée d'un soldat espagnol[3].

D'autres chroniqueurs appellent Azay « Nagantá »[4].

Voir aussi

Références

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