Palais Mustapha Pacha
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Palais Mustapha Pacha ou Dar Mustapha Pacha (en arabe :دار مصطفى باشا) est un palais algérois situé dans la basse Casbah sur la rue Lotophage anciennement nommée rue du 14-Juin du temps de la présence française en Algérie. Sa construction remonte probablement au XVIe siècle et aurait été initiée par le Raïs Arnaout Mami. Au XVIIIe siècle, le dey d’Alger Mustapha Pacha acheva son édification et en fit sa résidence principale[1]. Actuellement, il abrite le musée national de l'enluminure, de la miniature et de la calligraphie d'Alger[2]. Il est l’un des monuments constitutifs de l’ensemble des palais des Raïs.
Période Deylicale
Le Palais Mustapha Pacha trouve ses origines au XVIe siècle, lorsque sa construction aurait été initiée par le Raïs Arnaout Mami. Ce n'est qu'entre 1798 et 1799 que le dey d'Alger, Mustapha Pacha[1], finalise son édification, élevant le palais sur les vestiges d'un ensemble de maisons appartenant à la communauté religieuse du Seboul Kherrat, et en faisant sa résidence principale[3].
Le Dey Mustapha-Pacha, qui résidait habituellement à la Jenina, s'y rendait uniquement le jeudi, après la prière de Dohr. Ses gardes, qui l'accompagnaient lors de son départ, venaient le récupérer le lendemain à midi.
Cette maison fut confisquée par le Dey Ahmed à son accession au pouvoir après Mustapha-Pacha.
Le palais accueillit de prestigieux visiteurs, parmi lesquels Ibrahim ben Mustapha-Pacha, qui y reçut le duc d’Orléans lors de son séjour.
Période coloniale
Après la conquête française, le palais fut d'abord attribué aux autorités coloniales, devenant la résidence du Commandant de l’architecture civile ainsi que de plusieurs officiers. Il servit également de demeure au Consul américain et au duc d’Aumale. Il fut ensuite occupé par le général de Trobriant avant d’accueillir, en 1835, le pharmacien en chef de l'armée, puis en 1846, le secrétaire général du Gouvernement dans les douéras attenantes à Dar Mustapha-Pacha. En grande difficulté financière, les héritiers de l’ancien dey contractèrent en 1846 un emprunt de 170 000 francs à un taux de 15 %, hypothéquant leurs biens immobiliers en garantie. Faute de paiement des intérêts, ces propriétés furent saisies. Après un procès de huit ans, la maison de la rue de l’État-Major fut vendue pour 100 000 francs. Elle fut finalement acquise en 1850 et occupée par les Dames du Sacré-Cœur, avant de devenir plus tard le pensionnat Bizet.
En 1835 grâce à l'initiative du maréchal Clauzel, la bibliothèque d'Alger fut fondée, initialement situé un immeuble situé dans l'impasse du Soleil, en 1863 elle déménage vers l'ancienne résidence du dey Mustapha Pacha.
La maison fut classée monument historique en 1887.
Parmi les visiteurs illustres figurent l'Empereur Napoléon III (9 mai 1865), le Président Loubet et la Reine Amélie (1903), Édouard VII (1905) et le duc d’Aoste (1932)[3].
Après l’indépendance
Le Palais Mustapha Pacha, premier monument de l’époque Deylicale restauré après l’indépendance, a connu une longue période de dégradation avant sa réhabilitation. À partir des années 1960, il fut occupé par une quarantaine de familles dont l’installation anarchique, combinée aux effets du temps, altéra profondément son architecture. L’ajout de nouvelles ouvertures, le passage de câbles électriques et de canalisations d’eau contribuèrent à effacer peu à peu son identité et sa magnificence d’origine, au point de le fragiliser et de le mener à un état de quasi-ruine. Conscientes de l’importance de ce patrimoine, les autorités algériennes engagèrent un vaste programme de restauration, confié à plusieurs bureaux spécialisés, parmi lesquels le bureau italien SCI MBM. Ce dernier entreprit une reconstitution minutieuse des plans d’origine et lança un travail de restauration approfondi, permettant de préserver et de redonner à l’édifice son éclat d’antan[1].
