Palais de Tokyo (centre d'art contemporain)
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Le Palais de Tokyo est le nom de baptême d’un « site de création contemporaine »[1] créé en 2002, situé dans le lieu de même nom — bâti en 1937, dont il occupe l'aile ouest, l'autre aile du palais étant affectée au musée d'Art moderne de Paris.
Le Palais de Tokyo est avec 22 000 m2 de surface le plus grand centre d’art contemporain d’Europe[1] et l’un des plus fréquentés avec plus de deux cent mille visiteurs par an[2].
L'aile ouest avant 1999
Avant de devenir le site de création contemporaine actuel, l'aile ouest du bâtiment a été principalement occupée par le musée national d'Art moderne. La vocation du lieu, toujours consacré aux arts, sera ensuite incertaine pendant près de vingt ans, plusieurs entités occupant les lieux successivement ou en parallèle. Du milieu des années 1980 au milieu des années 1990, l'idée principale est de consacrer le Palais aux arts de l'image puis au cinéma. Définitivement abandonnée en 1998, l'aile ouest est laissée majoritairement inoccupée et partiellement rénovée[1].
- 1938-1976 : musée national d'Art moderne (transféré à cette date au Centre Pompidou) ;
- 1938-1991 : Fonds national d'art contemporain (transféré à La Défense) ;
- 1978-1986 : musée d'Art et d'Essais ;
- 1984-1993 : Centre national de la photographie
- 1986-1993 : Palais de l'image regroupant principalement sur un même site la Fondation européenne pour les métiers de l'image et du son et le Centre national de la photographie et à partir de 1988, la Cinémathèque française ;
- 1988-1990 : Institut des hautes études en arts plastiques ;
- 1993-1998 : projet de Palais du cinéma autour de la Cinémathèque, qui quitte le Palais de Tokyo en 2000.
Création du centre d'art contemporain


En 1999, Catherine Trautmann, ministre de la Culture et de la Communication, décide de rouvrir partiellement l'aile ouest du bâtiment en y implantant un centre d'art contemporain, avec un accent mis sur la scène émergente, notamment française et européenne, partant du constat que le Centre Pompidou s'est institutionnalisé depuis sa création[3].
Une partie du bâtiment est alors dévolue à une association, dénommée Palais de Tokyo[4] présidée d'abord par le critique d'art contemporain Pierre Restany puis, après son décès en 2003, par Pierre Cornette de Saint-Cyr.
Un concours est lancé au terme duquel, en juillet 1999, Nicolas Bourriaud et Jérôme Sans sont nommés directeurs pour une période de trois ans à partir de l'ouverture, qui a lieu le , le Palais de Tokyo - Site de création contemporaine étant inauguré la veille par Lionel Jospin. Le mandat des deux directeurs est prolongé jusqu'en 2006[3].
Depuis 2006
En , Marc-Olivier Wahler est nommé directeur pour trois années, renouvelé à l'issue de cette période jusqu'en février 2012. Il est ensuite présidé par Jean de Loisy (2012-2019) puis Emma Lavigne (2019-2021). Guillaume Désanges est nommé à sa tête en janvier 2022[3].
Le Palais de Tokyo rouvre le agrandi et rénové, passant de 8 000 m2 à 22 000 m2. Au fil des années, une boîte de nuit est créée (le Yoyo), ainsi que des restaurants (Monsieur Bleu et, en 2021, Bambini)[3].
Présentation
Dans des espaces réaménagés par les architectes Anne Lacaton et Jean-Philippe Vassal, le Palais de Tokyo est un lieu interdisciplinaire consacré à la création contemporaine sous toutes ses formes : peinture, sculpture, design, mode, vidéo, cinéma, littérature, danse. Le site, grande coquille courbe, très modulable, est destiné à la création émergente ainsi qu’aux artistes plus confirmés issus de la scène française ou internationale, la programmation est rythmée par des expositions thématiques et monographiques, des interventions artistiques d’envergure, et des cartes blanches invitant des artistes à investir l’intégralité de ses espaces. Dans leurs œuvres immersives, les artistes placent le visiteur au cœur de leur geste et induisent un rapport renouvelé à l’œuvre d’art.
En écho aux expositions présentées en ses murs, le Palais de Tokyo développe une politique éditoriale qui s’articule autour du magazine Palais et d’une collection de livres monographiques.
Depuis ses débuts, jusqu'en 2017, la résidence d’artistes du Pavillon (puis Pavillon Neuflize OBC) est implanté au sein du Palais de Tokyo. Ce laboratoire de création, dirigé par Ange Leccia, contribue activement au rayonnement de la scène française à l’étranger, à travers la conception, chaque année, de plusieurs expositions hors-les-murs montrées à l’occasion de grands rendez-vous internationaux de l’art.
Le Palais de Tokyo développe également une programmation culturelle au croisement du mouvement, du son et de la parole, et a lancé en 2015 un festival annuel, DO DISTURB.
Lancé à l’automne 2017, la Manutention est un format qui encourage l’exploration et l’expérimentation, en fournissant aux artistes l’opportunité de développer leur pratique et de produire des performances inédites lors de quatre soirées performatives échelonnées sur un mois, permettant au public de découvrir un travail et d’en suivre l’évolution.
Le lieu a innové également par des horaires d'ouverture inhabituels pour un lieu culturel, du lundi au dimanche (sauf le mardi), de midi à 22h et de midi à minuit le jeudi.
Financement
Le Palais de Tokyo est financé à environ 40 % par une subvention du ministère de la Culture, délégation aux arts plastiques. Le reste du financement provient des ressources propres et privées : partenariats et mécénat, billetterie[3]. La forme juridique du Palais est une société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU) de droit privé, l’actionnaire unique étant l'État.

