Palais de justice de Montargis

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Construction
1633 - 1774
Propriétaire
État français
Palais de justice de Montargis
Présentation
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Construction
1633 - 1774
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Propriétaire
État français
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Le palais de justice de Montargis est un ensemble regroupant le tribunal judiciaire et le Centre de semi-liberté de Montargis situé en France sur la commune de Montargis, dans le département du Loiret en région Centre-Val de Loire.

Le site historique, au pied du château, était initialement le couvent de l'ordre de la visitation de Sainte-Marie, dit aussi couvent des visitandines.

L'édifice est situé dans le périmètre de l'enceinte médiévale, entre le carrefour Henry Perruchot, la rue du Général-Leclerc, la rue de cour Jean Dupont, et le canal du Loing. L'un de ses batiment enjambe le Puiseaux, ce qui place le site en zone inondable.

Histoire du site

Le couvent de l'Ordre de la Visitation

Plan de la ville de Montargis en 1777. Le couvent des visitandines est clairement visible avec la cour du cloître, la chapelle du couvent à l'Est, les potagers au nord contre les remparts.

En septembre 1628, cinq religieuses du couvent d'Orléans sont envoyées à Montargis avec 3.000 livres pour fonder un nouvel établissement de ce jeune ordre monastique, fondé 18 années auparavant. C'est la 2ème des cinq congrégations à s'implanter à Montargis entre 1620 et 1632, après les Barnabites (batiment actuel de l'hotel de ville).

Après avoir occupé un premier local, elles achètent pour 6.000 livres à Guillaume Argis, contrôleur au grenier à sel[1], une maison sur un terrain situé entre la Grande rue du pont du Puiseaux (aujourd'hui rue rue du Général-Leclerc)[2], la rue de cour Jean Dupont, le Puiseaux et le canal du Loing. C'est le premier des trois couvents de Montargis à s'établir, avant ceux des Bénédictines (1630) et des Ursulines (1633).

Mais cette maison tombe en ruine en 1633, alors que la communauté compte déjà 33 sœurs. Elles se réfugient dans un bâtiment proche et bénéficient de dons de la ville (notamment en bois de chauffage) ou de la noblesse (notamment 500 livres de la part du roi). De nouveaux bâtiments sont construits en 2 ans pour 20 000 livres[3].

Le principal service rendu à la communauté est l'éducation des jeunes filles à la vie en société et aux tâches ménagères, qui y prenait surtout la forme d'un préceptorat individuel. Le couvent est vite devenu renommé et tient une place prépondérante au cœur de la ville[3].

Il a accueilli notamment le frère de la fondatrice, l'abbé de Ferrières et sa petite-fille, Madame de Sévigné[2], qui y séjourne pendant ses voyages familiaux dans le Gâtinais. La tante par alliance de Molière, Catherine-Espérance Poquelin y entre a 20 ans avec une dot de 5000 livres. Elle y est rejointe par sa nière, la belle-soeur du comédien, Marie-Madeleine Fleurette[4]. Louise-Julie Rameau, fille du compositeur, fera également partie de la communauté[1]. Jeanne-Marie Bouvier de La Motte, dite Madame Guyon, y a été éduquée par les religieuses jusqu'à ses 11 ans.

Le bâtiment étant construit à la confluence du Vernisson, du Puiseaux et du Loing, un système de voûtes supporte les fondations. Vers 1660, la communauté étend "à grand frais" la clôture de son couvent. On compte 45 religieuses en 1695[1]. Le haut du bâtiment est reconstruit sous Louis XV en 1774[5], à la suite des inondations des 26 novembre 1770 et 16 janvier 1772[3]. Une inscription gravée rappelle cet évènement en ces termes (en latin) : "Alors qu'un violent débordement du fleuve avait presque détruit une partie de cet édifice, celui qui gouvernait très justement les peuples du royaume de France, aidée par le noble primat de l'Eglise et par la générosité de son éminence Albert, cardinal de Luynes, et non sans l'espoir et le soutien des citoyens, fit reconstruire et rebâtir cette partie de la maison en l'an 1774".

L'aile Montargis enjambe le Puiseaux. Elle a été reconstruite suite à des inondations au XVIIIème siècle.
Inscription rendant hommage aux donateurs ayant permis la reconstruction de l'aile "Montargis" en 1774.


A cette époque, le palais de justice partageait avec l'hôtel de ville une maison aujourd'hui disparue, rue de l'ancien palais, et la prison était dans une ancienne porte des remparts de la ville, dite bâtiment de la Geôle, rue Dorée[6].

De la prison Sainte-Marie au palais de justice

La gendarmerie et le tribunal de Montargis en 1932. Les militaires occupaient l'aile Est, dite Gien.

A la Révolution Française, avec la dissolution des congrégations, l'édifice est nationalisé par décret de l'Assemblée nationale du 5 janvier 1771. L'inventaire réalisé relève la présence de 39 religieuses, dont 10 sœurs converses, et mentionne notamment la présence de 200 ouvrages dans la bibliothèque et d'objets destinés au culte en argent. Le revenu annuel du convent est chiffré à 10.870 francs, ce qui en fait le plus pauvre des quatre couvents de religieuses de la ville[6]. Différentes œuvres, dont le retable de la chapelle, sont déplacées dans l'église paroissiale de Montargis[7]. Le 15 septembre 1792, tous les couvents de Montargis sont définitivement fermés. Les religieuses se réfugient à Paris pour certaines, continuent une vie de communauté à Montargis et finissent par rejoindre le couvent d'Orléans[1]. Les affaires récupérées sur places sont inventoriées et déposées dans le magasin militaire de la ville[6]. Le site du couvent des visitandine devient la prison Sainte-Marie, gardé par 25 hommes de la Garde Nationale. L'idée de l'en décharger aboutit à la création d'un corps dédié, en décembre 1793, afin de décharger la garde nationale de cette mission et parce qu'il était considéré que les prisonniers politiques n'étaient pas traités assez sévèrement. Cette compagnie révolutionnaire a également une mission de maintien de l'ordre et de visites aux domiciles de suspects, en pleine terreurs. Les exactions commises conduisent à la dissolution du groupe et à la fin de cette expérience en moins de 15 jours[6].

Le 1er avril 1794, un arrêté municipal prévoit que les détenus les plus riches devront payer pour les plus pauvres, une liste des premiers et des seconds étant nominativement établie. La signification de cette décision aux intéressés par les conseillers municipaux a provoqué de vives réactions de certains détenus, accompagnés de "propos indécents". Les quatre mis en cause ont été transférés dans l'ancienne prison de la Geôle et condamnés à des peines de 10 à 20 jours d'isolement [6].

En 1807, il est affecté aux administrations de l'intérieur et de la justice et accueille, en plus de l'établissement pénitentiaire, le tribunal,, qui occupe la partie Ouest, et la gendarmerie et la sous-préfecture, sur la partie Est[2] . Les services préfectoraux partent dans la sous-préfecture actuelle entre 1864 et à la fin du Second Empire[8]. A son départ, le palais de justice s'étend. La prison accueille, en 1873, des prévenus et des condamnés hommes, femmes et des mineurs[9].

Elle fait l'objet de travaux d'agrandissement et de modernisation importants à partir de 1930[10]. Sous le régime de Vichy, la prison a notamment servit de lieu de détention pour les résistants et pour les juifs arrêtés dans le montargois avant leur transfert dans le camp de Beaune-la-Rolande ou de Pithiviers.

La gendarmerie quitte les lieux à la construction de leur nouvelle caserne en 1976. En 1961, la prison compte 25 places et 8 surveillants. En 2000, la maison d'arrêt est menacée de fermeture. La mobilisation du personnel permet sa transformation un centre de semi-liberté Le palais de justice à quant à lui fait l'objet d'une rénovation importante en 2010, avec notamment l'aménagement des combles en bureaux pour les services du tribunal, et en 2022 avec la construction d'un espace d'accueil et de sécurité à l'entrée de la cour d'honneur.

Architecture

Les grilles donnent sur l'intérieur de ce qui fut le cloître, désormais occupé intégralement par les services judiciaires.

Le bâtiment s'étend autour de ce qui était autrefois le cloître, dont il garde la forme. Les arcades sont toujours conservées sur les façades du bâtiment principal et de l'aile Montargis (à l'Ouest) et Gien (à l'Est).

Jusque dans la seconde moitié du XXe siècle, le cloitre était quasi intégralement fermé, et n'ouvrait sur la rue que par une allée centrale. Les habitations accolées au pignon de l'aile Montargis et jusqu'à l'entrée du site ont été détruites par la suite, et sont remplacée aujourd'hui par un pare-terre fleuri donnant sur l'intérieur de la cour.

L'aile Montargis, construite en partie sur le Puiseaux grâce à un système de voutes, se détache du reste du bâtiment. Elle comporte un étage de plus et est plus richement décorée, ayant été reconstruite grâce à des dons importants en 1774, l'aile initiale ayant été détruite par les inondations.

L'ancienne chapelle du couvent se trouve au niveau du no 72 de la rue du Général-Leclerc. Elle a été utilisée comme temple protestant jusqu'en 1968.

Au centre de la salle d'audience principale, la salle no 1, se trouve une tapisserie d'Aubusson de 1950 signée de l'artiste tapissier Louis-Marie Jullien. Elle est baptisée Post Tenebras lux, maxime réformatrice de la ville de Genève, et représente un homme en marche, les bras levés, vers une zone lumineuse ornée de deux têtes jumelées.

Services judiciaires

Le tribunal judiciaire de Montargis regroupe les services civils et pénaux de tout tribunal judiciaire et les services du Procureur de la République. Il inclut notamment un tribunal pour enfants et le tribunal paritaire des baux ruraux. Il intègre également le Conseil de prud'hommes de Montargis.

Le tribunal dépend du ressort de la cour d’appel d'Orléans.

Il accueille également le bureau d'aide juridictionnelle, le service de contrôle judiciaire et d'enquête, des permanences de point d'accès aux droits du Centre départemental d'accès au droit, et le conseil de l'ordre des avocats du barreau de Montargis.

Centre de semi-liberté

Articles connexes

Notes et références

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