Parakneria

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Parakneria est un genre de poissons d'eau douce de la famille des Kneriidae.

Parakneria et Kneria sont des genres très proches au plan morphologique. Chez les Kneria, les mâles se distinguent par la présence d’un organe operculaire de forme discoïde, situé à proximité de l’organe post-operculaire qui est constitué de multiples strates obliques. Comparativement aux Kneria, les Parakneria présentent habituellement une morphologie plus étirée et une face ventrale aplatie. L’origine de la nageoire dorsale se trouve en avant de celle des pelviennes chez les Parakneria, tandis que chez les Kneria elle se situe au même niveau ou en arrière. Par ailleurs, la ligne latérale demeure rectiligne chez les Parakneria, contrairement aux Kneria où elle présente une incurvation descendante derrière la nageoire pectorale. Adaptés aux eaux vives, les Parakneria affichent un corps fusiforme et allongé. Quinze espèces sont actuellement répertoriées dans ce genre, bien que de nombreuses caractéristiques morphologiques se recoupent, compliquant ainsi leur identification. Lors de la création du genre, Poll n’a pas élaboré de clé d’identification et par exemple, hormis une mention marginale concernant une nuance subtile de coloration, le seul critère distinctif entre P. abbreviata et P. cameronensis repose sur la hauteur relative du corps. Selon les données originales de Poll, les valeurs observées pour les spécimens analysés ne présentaient pas de chevauchement entre ces deux espèces. Toutefois, l’analyse de matériel collecté en Basse Guinée au début des années 2000 révèle une variabilité marquée de la hauteur corporelle relative, au point que certains échantillons provenant d’une même localité exhibent une dispersion aussi importante que l’écart constaté entre les deux espèces[1].

Répartition et habitat

Comme toutes les espèces de la famille des Kneriidae, celles du genre Parakneria sont des espèces qui ne se rencontrent que dans les eaux douces d'Afrique[2]. Ce sont des poissons de petite taille vivant dans les zones de fort courant, et dont l'aire de répartition actuellement connue couvre les régions montagneuses du Congo, du Zaïre, de l'Angola, du Zimbabwe, du Mozambique et de plusieurs tributaires du Lac Tanganyika[3].

Caractéristiques bio-écologiques

Il était localement connu dans la région des chutes de Luvilombo, dans la province du Katanga (République Démocratique du Congo), que certains petits poissons étaient capables de gravir et de remonter le fil d’une cascade tumultueuse[4].

Des travaux publiés en 2026 par des chercheurs de l’université de Lubumbashi et du Musée Royal de l’Afrique Centrale de Tervuren (Belgique) ont montré, suite à plusieurs campagnes d’observation et d’analyses entre 2018 et 2020, la véracité de ces savoirs traditionnels. Ils ont observé l’ascension effectuée par plusieurs milliers d'individus de l'espèce Parakneria thysi le long des chutes. La migration intervient à la fin de la saison des pluies, entre avril et mai. Pour grimper, le poisson utilise ses nageoires pectorales et pelviennes munies de coussinets équipés de mini-crampons. Une fois accroché, il balance le bas de son corps comme s’il nageait, s'élevant par à coups à la verticale et s’agrippant toujours plus haut sur la paroi[5].

Liste des espèces

Selon World Register of Marine Species (9 avril 2026)[6] :

L'espèce originellement décrite comme Parakneria alytogrammus, trouvée en 2022 en Afrique centrale dans le bassin supérieur de la rivière Lufira et le bassin supérieur de la rivière Lualaba, du système du fleuve Congo en République démocratique du Congo[7] a été mise en synonymie avec Parakneria alytogramma. Cela est dû au fait que l'épithète spécifique est un adjectif qui doit s'accorder au nom de genre Parakneria qui est féminin. Du coup, l'espèce est considérée comme valide en tant que Parakneria alytogramma Mutambala, Abwe, Schedel, Manda, Schliewen & Vreven 2022 par la base ECoF qui fait référence pour les poissons[8] et est reconnue comme telle par WoRMS[9].

Systématique

En 1965, Poll a établi le genre Parakneria avec Parakneria damasi comme espèce-type[10], afin de regrouper certaines espèces précédemment classées dans le genre Kneria, celles dont les individus des deux sexes sont dépourvus d’organes operculaires[1].

Le nom valide complet (avec auteur) de ce taxon est Parakneria Poll, 1965[6].

Au sein de l'ordre des Gonorynchiformes, si les hypothèses phylogénétiques basées sur la morphologie[11] et l'ADN mitochondrial[12] indiquent une proximité entre les genres Kernia et Parakernia, les études plus récentes basées sur l'ADN nucléaire[13] indiquent une plus grande proximité entre Parakernia et un clade formé par les genres Grasseichthys et Cromeria. Ce groupe de trois genres formant un groupe frère de Kernia[14].

Étymologie

L’épithète générique Parakneria vient du grec pará (παρά), signifiant « près de » ou « à côté de », en référence à sa ressemblance avec Kneria, genre dans lequel plusieurs espèces avaient initialement été placées. De son côté, Kneria décrit par Steindachner en 1866 provient du suffixe latin -ia, indiquant l'appartenance et de « kner » d'après le nom de l'ichtyologiste autrichien Rudolph Kner (1810–1869), qualifié par Steindachner de « maître et ami vénéré »[15].

Publication originale

Notes et références

Voir aussi

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